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Marcel Lorenzoni
DRAFTING A CONSTITUTION FOR AN INDEPENDANT CORSICA
comité de rédaction

 

Sommaire A Nazione
NUMARU ZERU FERRAGHJU 1999 / Numéro zéro Février 1999
  • A NAZIONE NUMARU ZERU 01.jpgPourquoi le journal "A NAZIONE"  ?

  • EDITORIAL : FINITA A COMEDIA !

  • Du football et de l'idéologie.

  • Eloge du modèle corse, et en quoi son exemple sera toujours utile à l'ensemble de l'humanité par Antoine Paoli

  • LIBERTA ! interview Maitre Lucien Felli et André Pacou

  • La politique des transport en corse ou les limites de l'idéologie Jacobine

  • L'esprit des temps privés d'esprit

  • Lettre au parlement européen et a tous ceux qui peuvent se sentir concernés de Marcel Lorenzoni

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Pourquoi le journal "A NAZIONE"  ?

A NAZIONE NUMARU ZERU 01.jpgA NAZIONE est édité par le Partitu Pa l’Indipendenza et non pour lui.

    Il se veut un espace de discussion et de débats d’idées pour ceux que le devenir de la Corse préoccupe. En tant que militants, nous nous sommes, il est vrai, déterminés pour l’indépendance. Mais nous estimons que cette formule, qui n’est en somme qu’une formule, ne doit pas escamoter le débat prospectif sur la Corse, ni éclipser le mouvement permanent du monde dans lequel nous vivons.

    Nous considérons dès lors que l’avenir, l’aménagement et même,oui, le bonheur de notre malheureux pays est non seulement lié étroitement à des mouvements interrégionaux et internationaux, c’est à dire en fin de compte à " l’équilibre du monde " cher à Simon Bolivar, mais encore à l’émergence d’un nouveau combat spirituel, moral et politique qui dépasse de loin les structures étroites des états.

    Voilà pourquoi nous nous faisons une obligation d’ouvrir ces colonnes, non seulement à ceux qui voudront s’exprimer, d’une manière ou d’une autre sur le fait national Corse, mais aussi à tous ceux qui pensent " qu’être radical c’est saisir les choses à la racine. Or pour l’homme la racine c’est l’homme lui-même. " et qu’en somme l’être suprême ne saurait être l’État mais l’homme lui-même.

Comité de rédaction

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EDITORIAL : FINITA A COMEDIA !

EDITO N°0

FINITA A COMEDIA

En s’enferrant dans l’opération " ERIGNAC ", quels sont les véritables desseins de l’État ?

En Corse , c’est bien connu, il y a l’État et puis il n’y a rien. La vie politique n’existe pas. Survient la mort d’un homme. L’État n’en fait pas seulement une affaire d’état, il en fait une affaire pour l’État. Quoi de plus opportun pour rehausser son prestige ébranlé et la cohésion chancelante d’un gouvernement sans projet, que de choisir une des régions les plus sous développée d’Europe pour une opération de propagande moralisatrice dans la plus pure tradition du nationalisme maurrassien.

Pour l’année 98 donc, deux objectifs militaires et patriotiques :  

la coupe du monde et l’édifiante mise au pas de 250 000 fraudeurs Corses coupables de dénaturer l’idéal républicain et de ruiner les finances de l’État à eux seuls.

Depuis un an, on déporte, on surveille, on écoute, on ruine, on brutalise, on persécute les fonctionnaires, on brise un syndicat, tout cela de façon occulte ou publique selon l’opportunité du moment.

Cette jeune femme et ces militants irréductibles, oubliés depuis des mois dans les ergastules franciliens parce que coupables de remettre en cause le dogme parisien d’un ordre politique sacralisé et corrompu, tous, sont comme nous enfants de " l’Île de Granit ".

Nous ne nous réclamons ni d’une ethnie, ni d’ancêtres plus ou moins légitimés.

S’il est vrai que nous revendiquons notre langue et notre culture, seule nous unit, nous façonne et nous préserve, cette éternité de granit qui défie aujourd’hui encore la barbarie vindicative d’un état à bout de souffle.

Alors que veut l’État en Corse?

Un ultime théâtre d’opérations ultramarines et coloniales, ou bien un véritable théâtre où se jouerait, avec emphase et gesticulations, l’opéra bouffe consacrant, dans la folie d’une époque formidable, la désintégration d’un régime dont le sort ne se joue pas à Ajaccio, ni même entièrement à Paris, mais bien sur la scène internationale.

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Du football et de l'idéologie.

Au cours de la rencontre de football Bastia-Rennes comptant pour la 22 ème journée du championnat de France de 1 ère division, disputé dans un stade toujours aussi rustique, suivie par un public indulgent moins nombreux que le service d’ordre, l’arbitre réduisit dès le premier quart d’heure de jeu l’équipe du sporting à neuf joueurs. Si les deux bastiais expulsés, professionnels avertis, n’ont aucune excuse d’avoir transgressé les règles du jeu, on ne peut pas dire que l’homme en noir en a vraiment respecté l’esprit.

On oubliera sans doute le nom de ce médiocre et tatillon referez comme on a oublié, celui du scandaleux Argentine – Angleterre de 1966, de l’insoutenable France – Allemagne de 1982 et même celui du dramatique Hongrie-Allemagne de 1954 dont la portée géopolitique et idéologique était pourtant considérable.

L’importance de ce Bastia – Rennes est incontestablement bien moindre, mais en fin de compte l’enjeu est de même nature.

Depuis la naissance de l’Histoire, toute équipe de compétition cristallise une forme de l’amour national.

L’arbitre est là pour en canaliser les excès afin que soient respectés la règle et l’esprit du jeu ; il n’est là ni pour attiser la haine , ni pour distinguer les bons des méchants.

La fièvre mystique du " rétablissement de l’État de droit républicain " semble avoir infecté à ce point le champ du politique qu’elle révèle au grand jour une véritable guerre de civilisation.

C’est une lecture que nous inspire un événement sans grande importance après les visites ministérielles nous informant, l’une,de " l’anormalisation " de la Corse, l’autre de la mort prochaine de nos agriculteurs.

Que tous ceux qui manifestent la légitime ambition de représenter la Corse soient persuadés que ni les antiennes électoralistes, ni les tartes à la crème de la pensée totalitaire ne nous prémunirons contre les bottes dont nous pouvons déjà entendre le bruit.

Jacques Faggianelli

Source photo : http://ultrasbastiacci.online.fr/.
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Eloge du modèle corse, et en quoi son exemple sera toujours utile à l'ensemble de l'humanité par Antoine Paoli

N’en déplaise à tous les Corses modérés qui prétendent donner des leçons de politique en opposant les " démocrates " raisonnables qu’ils seraient aux révolutionnaires excessifs que nous sommes : ils ont raison!

De leur point de vue de modéré, c’est-à-dire strictement inutile, opportuniste et électoraliste, nous sommes politiquement infréquentables parce que indépendantistes et non démocrates au sens républicain et français du terme. Nous demandons en effet un transfert radical de toute souveraineté au Peuple corse dans le cadre de l’indépendance nationale et d’un nouveau projet de société fondée sur une véritable démocratie solidaire, directe et participative. Un tel choix implique la fin de tous les processus de décomposition politique en cours y compris du nationalisme modéré qui en tant que dernière fiction d’une " France de progrès ", n’aura plus aucune raison d’être. Pas plus que les forces traditionnelles auxquelles il entend s’associer ou se substituer. Nous sommes en effet pour la fin de la dépendance et de l’assistanat dans tous les domaines y compris ceux de la politique et des idées car nous désirons penser, agir et vivre par nous mêmes. Ce sera la seule manière de fermer définitivement la parenthèse française de notre douloureuse histoire.

En nous inscrivant dans la continuité de la révolution corse de 1755, nous ne reconnaissons à la " démocratie à la française " aucune des vertus républicaines dont elle entend se parer afin de légitimer l’existence d’un système de pouvoir coercitif qui a réduit le principe de liberté à la seule liberté de l’État et de ses maîtres au détriment de celle de la société civile et des individus qui la composent.

L’Histoire, hélas, a su montrer toutes les dérives absolutistes et totalitaires du modèle universaliste et révolutionnaire français, réalisées au nom de la souveraineté populaire et du bonheur suprême d’un peuple qu’il convient de toujours protéger avant tout de lui-même.

Dès l’origine l‘État français républicain n’a jamais connu que des ennemis intérieurs en chacun de ses sujets qu’il a toujours su ramener brutalement à la raison en s’affranchissant par opportunité de ses propres lois et en s’arrogeant le privilège de la violence et du mensonge. Nous pouvons nous flatter de faire partie depuis toujours de ces ennemis là, irréductibles à la raison d’État et sûrs de notre droit: celui des peuples à disposer d’eux-mêmes que nous avons les premiers fixé en préambule d’une constitution dont aucune manipulation de l’histoire ne pourra plus jamais nier le caractère progressiste, démocratique et novateur pour son époque.

La France, dont la Révolution se veut majuscule et modèle, sans filiation ni origine que dans sa propre légitimité, effaçant tout de l’histoire des peuples qu’elle dévorait pour se fonder, ne nous l’a jamais pardonné.

Nous sommes corses, communautaires et égalitaires par nature et par

tradition, indépendantistes et révolutionnaires par filiation directe de nos pères qui l’ont payé de leur liberté et de leur vie.

Nous n’avons jamais eu à connaître que l’oppression de la matrice universelle de la révolution française.

Elle fonde la légitimité supérieure de son ordre nouveau et absolu sur la reconnaissance des droits d’un homme abstrait citoyen et consommateur vertueux dont la république une et indivisible signifie le retour et l’accomplissement sur une terre devenue le paradis de justice que l’on sait.

La France a toujours voulu faire le bonheur des peuples et des individus contre leur gré en les soumettant à l’autorité supérieure de ses lois.

Nous pouvons mesurer chaque jour les effets pervers et néfastes d’une telle conception absolutiste et religieuse du droit, notamment dans l’idée caricaturale que la loi et la vérité sont forcément aussi bonnes et absolues partout et pour tous.

Nous nous permettons simplement d’avoir une conception différente du monde, plus généreuse et plus ouverte, plus tolérante et plus respectueuse de la diversité des mœurs des cultures et des opinions qui fondent la vie et la richesse des peuples et des nations.

Savoir si nous sommes meilleurs ou pires que les autres, nul ne peut encore le dire, sauf peut être les modérés et les médias qui forment la nouvelle police des mœurs chargée d’énoncer le bien et le mal, le bon et le mauvais, et d’édicter les règles de conduite de nos sociétés de consensus et de surveillance, modernes et ultrapolicées qui ne tolèrent aucun excès, y compris les excès de transparence et de démocratie. Nationalistes vers l’extérieur, démocrates vers l’intérieur et non le contraire comme tous ceux qui singent le modèle français, nous nous situons par nos idées et nos pratiques hors du jeu politiquement correct traditionnel. Il nous est donc difficile d’être réformistes ou modérés, car nous connaissons à l’avance, pour avoir tiré tous les enseignements du passé, les limites d’une modération trop excessive comme celles d’ailleurs d’un excès insuffisamment tempéré par la réflexion et la critique.

Si l’on en croit le dictionnaire, le terme modéré aurait en français une acception politique particulière, voire péjorative : centriste ou conservateur et en tout cas éloigné de tout excès. Voilà qui aide mieux à comprendre le vide sidéral de toute pensée nationaliste modérée. Chacun sait bien qu’en matière de mœurs politiques tout excès d’idées ou de propos " extrêmes " peut nuire à la bonne santé électorale de celui qui espère par sa modération exemplaire s’asseoir à la table de la démocratie française pour y picorer quelques miettes de reconnaissance ou de pouvoir.

Le rêve d’un grand parti nationaliste corse modéré, versus basque ou irlandais, centriste conservateur ou social démocrate, propre sur lui et politiquement correct, c’est-à-dire respectueux des règles du jeu démocratique et républicain, est le dernier rêve d’une France jacobine qui se perd au sein d’une Europe de plus en plus allemande et marchande. Une Europe uniforme et aseptisée qui aurait nettoyé son Sud de toutes ses taches douteuses, et qui serait prête à favoriser au nom d’une autonomie bien tempérée l’intégration de ses dernières minorités agitées. Une Europe moderne et subtilement totalitaire où la raison des gouvernements associée aux lois " naturelles " des marchés l’emporterait sur la folie des peuples et régulerait tous leurs excès de vie. L’identité y serait alors réduite à un simple produit culturel de consommation courante un peu épicé et valorisé par le tourisme, le folklore ou l’anthropologie médiatique. Une normalisation européenne dont certains rêvent tout haut en Euro et dont nous sommes aujourd’hui au nom des intérêts supérieurs de la France, la victime expiatoire.

Ce rêve hélas, ne pourra jamais se réaliser en Corse qui restera à jamais le cauchemar inassimilable d’une France incapable par orgueil et bêtise de se remettre en question sans renier sa vertu et son âme républicaine.

Il aurait fallu pour cela qu’elle autorise et favorise au cours des temps l’émergence d’une bourgeoisie indigène économiquement, culturellement et politiquement émancipée de la puissance tutélaire coloniale. Elle n’a su produire que des politiques, des fonctionnaires et des agents de l’État.

Il aurait fallu aussi que dans sa folie républicaine et nationaliste la France ne cherche pas à éradiquer une langue, une culture et un peuple que 230 années d’occupation coloniale n’ont toujours pas réussi à détruire. Peut-on imaginer la France capable de réussir une décolonisation, ce qui par principe et dans les faits lui a toujours été impossible au nom de la défense de ses intérêts et de l’universalité de son modèle.

Peut-on l’imaginer reconnaître un jour l’existence d’un fait colonial en Corse, historiquement fondé sur des pratiques illégitimes. Ce serait oublier que conquêtes révolutionnaires et impériales et colonisation républicaine sont les deux mamelles d’une France souveraine qui pour se fonder et perdurer en tant que nation doit broyer au nom du peuple français, les hommes et les peuples qui résistent à la vertueuse assimilation de ses principes libérateurs. Mais de quoi donc au juste avons nous été libérés,

nous qui étions déjà libres de toute contrainte étrangère et dont l’originalité conceptuelle de notre révolution faisait l’admiration de l’Europe des lumières.

Contrairement aux idées reçues la Corse n’est pas en retard d’une révolution, elle doit simplement terminer la sienne brutalement suspendue en 1769 par les notables et les clans insulaires soucieux de préserver leur pouvoir et leurs privilèges en s’alliant une fois de plus avec une puissance coloniale étrangère peut désireuse de laisser émerger un foyer de démocratie originale aux marges d’une Europe socialement attardée et encore féodale. Les Jacobins l’ont bien compris à leur tour qui continuèrent la même politique en condamnant notre révolution au nom de leur universalisme républicain.

C’est seulement en fermant cette honteuse parenthèse française pour reprendre le fil de son histoire que la révolution corse retrouvera sa véritable dimension sociale et son originalité. En se réappropriant sa mémoire, sa culture, sa civilisation, sa terre et sa langue, elle réconciliera de nouveau Montesquieu avec Rousseau, la société avec la nature, le vote avec la démocratie, la propriété privée avec le bien commun et le domaine public, l’école et l’université avec l’instruction, l’éducation et l’éveil des consciences, l’économie sociale avec le marché, les anciennes et les nouvelles générations dans une même solidarité et enfin et surtout les corses avec eux-mêmes.

Faudra-t-il attendre pour cela que la France de Colbert, de Robespierre, de Napoléon, de la 3ème République de Jospin et de Chevènement se dissolve dans l’Europe des marchés et des banques ?

Une telle perspective ne doit plus être considérée que sous une approche géopolitique dans la mesure où elle concerne le devenir d’un pays voisin en perdition et aux tentations hégémoniques, faible avec les forts et fort avec les faibles et auquel l’histoire nous aura appris qu’il est impossible d’accorder la moindre confiance.

Nous disons donc ici clairement que nous ne voulons plus de la France, ni de sa prétendue solidarité, ni de son idéologie, ni de son modèle de société, ni même de l’horreur économique et social démocrate d’une Europe allemande et modérée dans laquelle elle souhaite nous entraîner avec elle. Nous revendiquons une indépendance réelle, totale et reconnue par l’ensemble de la communauté internationale, afin de pouvoir construire un modèle original de société nouvelle où nous pourrons vivre en paix avec nos enfants dans notre dignité retrouvée. Ce n’est qu’en construisant simultanément l’indépendance et la démocratie que les corses pourront donner à leur pays les bases d’un véritable développement durable, humain, maîtrisé et harmonieux. Existe-t-il une autre manière d’être corses aujourd’hui que de vouloir être maîtres de notre destin et de terminer avec intelligence la révolution entreprise par nos pères ?

Nous comprenons aisément que de telles perspectives en effraient plus d’un et que pour d’autres elles ne soient ni réalisables ni souhaitables.

C’est parce qu’ils ne nous connaissent pas encore tels que nous méritons de l’être et qu’ils n’ont que haine ou mépris pour ce qu’ils sont devenus.

Les nouveaux indépendantistes corses se tiennent éloignés de toute forme d’orthodoxie contraignante. Ils sont radicaux et tolérants, écologistes, libéraux et libertaires.

En se plaçant résolument du côté des forces de création et de vie, ils s’émancipent de toutes les idéologies d’asservissement mortifères et marchandes de cette fin de siècle.

Ils prétendent mettre l’économie au service des hommes et les technologies modernes au service de leur libération et non l’inverse.

Ils vivent leurs traditions et leur identité non comme une crispation, une défense ou une régression, mais comme une richesse culturelle et spirituelle qu’ils cherchent à partager avec le plus grand nombre.

Ils assument leur insularité ouverte aux autres comme une chance historique de n’avoir que des frontières naturelles inutiles à défendre ou à conquérir, et considèrent leur terre comme un patrimoine vivant et commun à tous qu’il est indispensable de préserver de la folie et de l’avidité des hommes et des puissances de l’argent qui règnent en maître sur la planète. Ils ne conçoivent leurs actions politiques que sur le principe de la libre association d’individus volontaires et égaux et dans le sens d’une éthique de l’action collective seule à même d’affranchir la Corse de la problématique funeste de l’État et/ou les Mafias dont la France et l’Europe sont désormais prisonnières.

En préparant la Corse à retrouver sa pleine et entière souveraineté, ils proposent simplement aux Corses de sortir de leur amnésie collective dans laquelle 230 ans d’occupation française les a plongés et de mettre en pratique ce droit inaliénable qu’ils ont conquis par la lutte, celui d’un peuple libre de disposer de lui-même dans le respect des principes et des droits les plus fondamentaux de la personne humaine.

Les nouveaux indépendantistes corses sont réalistes et pragmatiques par nécessité, pacifistes et utopistes par plaisir afin de préserver leur part de rêve sans laquelle aucune vie de l’esprit et aucune liberté de penser ne serait possible sur terre. Ils sont aussi d’un optimisme contagieux. C’est sans doute le plus beau message d’espoir qu’ils peuvent porter dans un futur qui s’annonce liberticide et déshumanisé, en donnant à nouveau du sens à la vie d’un monde qui n’en finit plus de se perdre.

En quoi sommes nous donc si excessifs ? 

Antoine PAOLI
 

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LIBERTÀ !!!

Après la parution du rapport de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, L. Felli, avocat, et A .Pacou, représentant la Ligue en Corse, répondent à nos questions.

A NAZIONE : L. FELLI, PENSEZ-VOUS, ALORS QUE L'ON VIENT DE COMMEMORER LE CINQUANTENAIRE DE LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME, QUE SOIT PRISE EN COMPTE LA DIMENSION QUE VOUS DONNEZ AUJOURD'HUI A CES DROITS?

 

- L.FELLI : Nul n'ignore les grands fondements philosophiques, historiques et juridiques qui ont inspiré la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Il y était fait une référence très forte aux notions de dignité humaine, "d'Universalité " des Droits de l'Homme, d'abandon de la souveraineté de l’État après l'expérience douloureuse de la statocratie ,et la reconnaissance de l'individu comme sujet de Droit International.

Aujourd'hui à l'aube du XXIè siècle, trois types de menaces pèsent sur les Droits de l'Homme:

* La première est d'ordre idéologique, politique ou religieux... Le rôle et les pouvoirs des États méritant d'être parfaitement définis...

 

*La deuxième a trait au progrès de la science et de la technologie qui peuvent entraîner des désastres écologiques ou génétiques.

 

*La troisième est constituée par la planétarisation de l'économie, l'éclatement de l'individu, l'uniformisation de l'être humain et une fracture de plus en plus profonde entre une partie de l’humanité sans cesse plus riche et une sans cesse plus pauvre.

En quelque sorte un rapport de force institutionnalisé , étatisé, mondialisé au bénéfice de ceux qui ont affirmé et conquis leur suprématie.

Dans ces conditions l'être humain ne peut être conçu de façon abstraite désincarnée, hors de toute communauté originelle, charnelle et une vision trop planétaire des Droits de l'Homme théorique et abstrait d'un "mutant" du XXIè siècle ne saurait satisfaire notre conception authentique des Droits de l'Homme et de Ses Libertés Fondamentales.

 

A NAZIONE : L'INDIVIDU EST RECONNU COMME TITULAIRE DES DROITS DE L'HOMME SANS DISTINCTION DE SEXE, DE RELIGION, DE RACE.. CETTE DEFINITION VOUS SEMBLE T-ELLE SUFFISANTE DANS LE CONTEXTE ACTUEL?

 

L. FELLI : "Hommes, femmes et enfants du monde entier célèbrent cette année un anniversaire qui les touche de très près, quelles que soient leur langue, leur religion ou la couleur de leur peau, celui de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée il y a cinquante ans par l'Assemblée Générale des Nations Unies...KOFI A.AMMAN PARIS 1998"

Cette déclaration de principe appartient au patrimoine juridique de l'humanité et reste un objectif généreux dans le sens du progrès de notre monde.

Il n'en demeure pas moins que la Communauté Internationale les transgresse encore régulièrement dans le cadre de situations de crises graves ou même de façon feutrée dans le cadre des États démocratiques constitués.

En théorie, les Droits de l'Homme sont universels, ils sont inhérents à toutes cultures, je dis bien à toutes les cultures, sans exception.

Toutes les cultures même les plus petites ne peuvent céder à des rapports de force de domination institutionnelle ou non et appartiennent au patrimoine de l'Humanité et doivent comme telles être respectées non pas de façon théorique mais pratique (enseignement de la langue, etc..).

Les Droits de l'Homme sont indivisibles et interdépendants, ils ne peuvent être choisis de façon sélective selon qu'une culture soit dominée ou minorisée.

Il ne peut y avoir une hiérarchie des cultures et de ce fait des droits civiques, culturels, économiques, politiques et sociaux.

Ayant participé depuis trente ans à de très nombreux colloques internationaux sur le thème des Droits de l'Homme et du Droit des Minorités, je pense que les Droits de l'Homme sont inséparables des Droits des Peuples au sein des Communautés Humaines auxquelles ils se réfèrent.

La Déclaration de 1789 précise "l'ignorance, l'oubli, ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs public"...

On constate en cette fin de siècle, deux siècles après une profonde évolution des notions d' "État", de "Nation" , de "Région", l'État moderne est dénationalisé en ce sens qu'il n'a plus vocation à incarner une seule et unique " Nation ".

Un des aspects essentiels de la Notion des Droits de l'Homme est aujourd'hui concentré sur les Droits des Minorités des cultures minoritaires, c'est le mouvement inverse de la mondialisation.

Les civilisations originales affirment leurs Droits imprescriptibles car l'histoire du monde nous a appris que l'Homme pour des raisons économiques, de "gestion" de domination a essayé de les nier et de les faire disparaître.

Ceci s'est accompli au nom de rapports de force qui ne doivent rien à la morale historique.

 

A NAZIONE : L'ETAT DE DROIT VOUS SEMBLE T-IL EN GENERAL UNE RECONNAISSANCE ET UNE GARANTIE EN SOI DES DROITS DE L'HOMME ?

 

L. FELLI : La notion des Droits de l'Homme et de Ses Libertés Fondamentales est inséparable de toute construction politique, elle ne peut se traduire que dans un cadre normatif qui suppose une autorité supérieure qui les fasse respecter.

La Corse a une expérience politique très ancienne qul lui a valu au nom du principe du Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes, d'ouvrir la voix aux Démocraties Modernes dans le cadre de sa souveraineté au XVIIIè siècle.

Elle l'a traduit dans la première Constitution écrite des temps modernes et ces textes se sont exportés aux États Unis d'Amérique inspirant très fortement la Constitution de Philadelphie en 1777. Cette émergence démocratique est le fruit d'une histoire ancienne qui a forgé dans l'île un sentiment particulier du droit, de la justice, de l’État.

Il est incontestable que c'est la Justice qui pour les Corses sert de clé, de voûte à la notion d’état, la Justice qui se tient en principe au-dessus du "Politique".

C’est en ce sens qu'en FINLANDE j'ai été amené à préciser en août 1998 "que l’ÉTAT DE DROIT CE N'EST PAS LE DROIT DE L'ETAT" formule qui a été ensuite souvent reprise. En effet, l'affirmation d'un État de Droit suppose que le Droit applicable, ne soit pas rétroactif, s'inscrive dans la durée et la continuité et que l’État " quelqu'il soit " avec une certaine neutralité ne soit pas juge et partie en modifiant son normatif selon ses fluctuations internes.

La notion d'État de droit peut prendre alors une dimension agressive, vindicative, régalienne qui n'a rien à voir avec la hauteur et la sérénité au nom de la séparation des pouvoirs qui lui incombe. L’État de Droit a déclaré la guerre à la violence dont les causes sont anciennes, complexes et les responsabilités bien partagées.

Il ne peut ignorer et ce serait la méconnaître un des aspects fondamentaux des Droits de l'Homme que le premier combat contre la violence c'est de s'attaquer à ses causes. C'est de permettre à l'homme de s'épanouir dans sa culture, de se réintégrer dans son champ social , dans la richesse de sa singularité. Il ne peut ignorer que "l'intégration" par la "désintégration" entraîne: l'incivisme, la délinquance, la révolte, la débrouillardise.

L' État de Droit ce n'est pas le "Droit du plus fort" c'est le respect des règles du jeu de la vie dans le cadre d' une Société Démocratique. C'est tout le bien que l'on souhaite à la Corse pour le XXIè Siècle.

 

Lucien FELLI


A NAZIONE: A. PACOU, PENSEZ-VOUS, ALORS QUE L'ON VIENT D'EN COMMÉMORER LE CINQUANTENAIRE, QUE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME PRENNE EN COMPTE LA DIMENSION QUE VOUS DONNEZ AUJOURD'HUI À CES DROITS?

A. PACOU : Rappelons que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme a été élaborée au lendemain des massacres et du génocide de la 2ème Guerre Mondiale.

Au-delà encore plus de l'égalité, le centre de sa philosophie était l'affirmation de la dignité de l'homme à laquelle portait atteinte toute théorie sur l'inégalité totalitaire ou nazie. Elle est toujours d'actualité et reste une lecture d'enjeux planétaires au regard des conflits et des guerres civiles actuelles.

Cette déclaration, sans être contraignante, a débouché sur des accords internationaux cosignés par beaucoup d’États: Pactes Civil et Politique, Pacte des Droits Culturels, Pacte des Droits de l'Enfance.

Parmi les États qui n'ont pas ratifié tout ou partie des accords, il n'y a pas que les pays non occidentaux. Rappelons que les États-Unis n'ont pas signé le Pacte des Droits de l'Enfance à cause de la peine de mort toujours appliquée dans certain des États Fédéraux d'Amérique sur des mineurs.

Le corollaire de ces pactes est que si un des États signataires ne respecte pas ses engagements, l'ONU peut déclencher à son encontre une procédure par Commission d'Enquête.

Mais comme aucun Tribunal Suprême International ne fonctionne vraiment, il y a un vide juridique (affaire PINOCHET par exemple) et la démarche est à la fois inopérante et insatisfaisante.

Ce sont donc en fin de compte les Associations et les O.N.G et non les États qui tiennent ce combat permanent.

 A NAZIONE : L'INDIVIDU EST RECONNU TITULAIRE DES DROITS DE L'HOMME, SANS, DISCRIMINATION DE SEXE, DE RELIGION OU DE RACE. CETTE DEFINITION VOUS SEMBLE T-ELLE SUFFISANTE DANS LE CONTEXTE ACTUEL?

A. PACOU : En l'état non, puisqu'on est obligé d'en appeler à un rééquilibrage par voie réglementaire. C'est le cas du quota des femmes élèves soulevé par Élisabeth Badinter.

C'est un débat très grave dans lequel on ne peut faire preuve de dogmatisme. Les situations historiques évoluant, tout se situe en termes de lutte pour les Droits. Il faut donc poser en permanence, de façon raisonnée et pragmatique, la question de l'inégalité en termes politiques.

La vraie Démocratie et la Citoyenneté peuvent apporter la réponse et il ne doit pas y avoir en la matière de "Tables de la Loi" ni de carcan définitif.

Quelle est la question ? Concilier égalité et droit à la différence, deux notions étroitement liées.

L'assimilation n'est pas une solution, car incompatible avec cette affirmation. L'égalité doit être le contraire de l'inégalité , l'égalité et non l'uniformité. Voilà pourquoi le discours de CHEVENEMENT qui considère l'assimilation comme condition de l'égalité est inacceptable et dangereux.

A NAZIONE : L'ÉTAT DE DROIT VOUS SEMBLE T-IL, EN GÉNÉRAL, UNE RECONNAISSANCE ET UNE GARANTIE EN SOI DES DROITS DE L'HOMME

A. PACOU : État de Droit et Droits de l'Homme sont liés, donc interdépendants. On ne peut fonder un État de Droit en portant atteinte aux Droits de l'Homme. La vie sociale ne peut se concevoir que dans ce mouvement. Il nous faut donc intervenir, nous Défenseurs des Droits de l'Homme dès que l'on porte atteinte à ces Droits, par exemple le Droit d'expression. La tendance naturelle de l’État étant de tendre vers toujours plus de pouvoir, il nous faut être très vigilants.

Je rappelle que notre rôle se définit toujours par rapport au Manifeste de la Fondation de la Ligue en 1898:

"A partir de ce jour, toute personne dont la liberté est menacée... est assurée de trouver auprès de nous aide et assistance...".

C'est par l'action civique que nous combattons cette tendance permanente en France, particulièrement, à confondre Droit et Loi.

Nous sommes très clairs à ce sujet: Quand une loi est injuste il faut l'abroger.

La procédure anti-terroriste et la 14ème Section, doivent disparaître. Car en l'occurrence c'est la raison d’État qui a constitué le substrat de cette législation d'inspiration droitière attentant en permanence aux Droits de l'Homme et dont l'origine remonte aux luttes anticolonialistes.

A NAZIONE : ET EN CORSE?

A. PACOU : Il y a dans le rapport de la FIDH, qui vient de paraître, un mot fort, c'est L'ARBITRAIRE.

Ce rapport a constaté "un spectre très large d'atteintes aux Libertés Fondamentales, aux Droits à une Justice équitable, aux Droits de la Défense, à la liberté d'expression et à la Liberté à la réunion d'Associations".

On assiste en Corse à l'utilisation extensive de la procédure anti-terroriste par contamination: L'affaire de PROPRIANO en est un exemple -avec la recherche d'un effet spectaculaire - ou bien tout comme un peu avant la destruction d'un hôtel par un bulldozer sous l’œil des caméras. Un autre exemple l'acharnement fiscal contre le Président de la Chambre de Commerce (Inspection des Finances juste après un contrôle fiscal) est un autre exemple qui nous donne à penser que l'on est entré en Corse dans un logique d'acharnement et d'exception, c'est-à-dire d'arbitraire, avec une volonté délibérée de " normalisation ".

L'effet déclenché au sein de l'opinion Corse a permis d'organiser le débat afin de démythifier l'État de Droit comme seule vérité officielle. Le débat va se prolonger par les élections territoriales, alors que la Corse se trouve à mi chemin entre le scepticisme et l'inquiétude.

Il faudra bien que reprenne le débat politique pour un projet de Société Démocratique et Citoyen.

Il faut organiser le débat à partir des citoyens de Corse. Aujourd'hui l'action de l'État ne va pas dans ce sens.

 A. PACOU


 

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La politique des transport en corse ou les limites de l'idéologie Jacobine

1 Genèse de la continuité territoriale

La loi d'orientation agricole de 1960 stipule que les régions éloignées de leur point de mise en marché ont droit à une aide financière permettant d'alléger leurs coûts de transport. Elles sont alors classées en Zone Spéciale d'Action Rurale.

Or ce classement en zone spéciale d'action rurale a été demandé par les Syndicalistes agricoles (de l'Époque) qui ont vu leur requête rejetée. Alors même que la Bretagne qui se trouvait dans une situation économique et géographique plus favorable que la Corse a été classée en zone spéciale d'action rurale bénéficiant ainsi de tarifs de transport 30 inférieurs à ceux qui sont pratiqués par la SNCF.

On peut lire dans le rapport de l'ingénieur général Ulhen en 1974:

" Située actuellement dans une économie de marché largement ouverte sur les échanges, l'agriculture insulaire est tributaire des transports, tant au niveau de ses approvisionnements : engrais produits phytosanitaires, matériel, etc ... Que de l'écoulement de ses productions: vins, agrumes ...

Aux sujétions et aux risques de tout ordre qu'une telle situation présente quant aux délais d'acheminement et aux dangers de détérioration des produits, s'ajoute une pénalisation importante au niveau des coûts de production et de commercialisation.

Si l'on tient compte de l'ensemble des frais d'expédition et d'approche qui frappent les mouvements des diverses denrées et matériels nécessaires à son activité, on peut estimer à 20 millions de francs (soit en francs constant 200 millions 1998) la pénalisation globale que subit annuellement l'agriculture Corse du fait de l’insularité. Il ne m'appartient pas ici de proposer des solutions dont la recherche est actuellement à l'étude par ailleurs. Qu'il me soit néanmoins permis d'espérer que celles-ci aboutiront rapidement. "

Aussi pour utiliser l'enveloppe de façon efficace les Syndicalistes ont proposé le principe de l'aide sélective. Il s'agissait d'utiliser essentiellement l'aide financière pour subventionner l'importation de marchandises nécessaire à la corse que l'on ne pouvait pas produire dans l'île, mais également aider la mise en marché de la production locale qui ne trouvait pas de déboucher localement.

Malheureusement Messieurs François Giaccobbi et Jean Zuccarelli montèrent au créneau en arguant que le principe de l'aide sélective favoriserait une partie de la population seulement. Cela constitue à notre sens une aberration puisque, jusqu'à preuve du contraire, le développement économique (principal objectif de l'aide sélective) a pour but l'amélioration de l'économie locale et la création d'emplois.

En tout état de cause, l'idée de l'aide sélective fut abandonnée au profit d'un autre principe (dicté par Messieurs Giaccobbi et Zuccarelli) qui consistait à facturer le prix du kilomètre de mer au même tarif que le kilomètre de voie ferrée entre la Corse et le continent. 

2 Cette idée aurait peut-être eu des conséquences bénéfiques si l'aide avait été apportée également aux liaisons avec l'Italie et la Sardaigne.

Mais les Pouvoirs Publics fidèles à leurs préjugés conservateurs (et peut-être par peur de voir la Corse s'émanciper économiquement si elle s'inscrivait dans ce grand courant d'échange commercial) ont préféré enfermer la Corse dans des relations strictement "hexagonales".

D'autre part, il est important de noter que:

La production viticole ne pouvait pas bénéficier des subventions de la continuité territoriale car la compagnie maritime propriétaire des pinardiers, ne faisant pas partie de la "Conférence Maritime", ne bénéficiait pas de l'aide aux transports. Pour donner jusqu'au bout l'illusion que la continuité territoriale allait permettre de gommer le " handicap " de l'insularité, on créa en 1976 une filiale de la Compagnie générale Transatlantique (qui assurait les liaisons entre la Corse et le contient) que l'on baptisa: la SNCM. Cette appellation était voisine de SNCF donnant ainsi le sentiment que prendre le bateau pour effectuer les trajets entre la Corse et le continent équivalait à prendre le train.

Au bout de 5 années on pouvait constater un triplement de l'enveloppe de la continuité territoriale ainsi qu'un doublement de certains prix de transport. Un bel exemple de gaspillage de l'argent public en Corse.

Cependant, en Février 1984, le rapport ministériel de Monsieur Noël De Saint-Pulgent reconnaissait (un peu tardivement) le bien fondée du principe de l'aide sélective donnant ainsi raison aux revendications syndicales initiales: " La continuité territoriale, si elle était sélective, permettrait notamment de protéger le marché Corse ou à l'inverse de favoriser l'entrée de certains produits plus efficacement que la fiscalité qui devrait donc être utilisée pour la réalisation d'autres objectifs. "

Il faut souligner que quelques années après, lors de la venue en Corse de Monsieur Prada et sa table ronde, le très regretté Yves Le BOMIN lui proposa de prendre pour base de discussion le Rapport Saint-Pulgent, il lui fut répondu sèchement : NON. (C'était le retour des jacobins).

Monsieur Glavany fervent adepte de la continuité territoriale.

Il est regrettable de constater dans un rapport qui par essence se veut objectif la subjectivité avec laquelle Monsieur Glavany présente le dossier de la continuité territoriale.

Son exposé est une apologie de ce principe et de ses conséquences bénéfiques pour l'économie Corse et l'auteur n'oublie pas de mentionner que l'Etat consent un effort financier toujours croissant afin d'assurer la continuité territoriale entre la Corse et le continent. Cependant il n'est pas dit un mot sur ses effets pervers.

La règle des 5 tonnes en est un exemple.

Cette règle, qui fut une des applications du principe de la continuité territoriale, a pour partie "W le sort de la filière ovine et caprine. Elle avait pour principe de pratiquer des coûts de transport dégressif uniquement à partir de 5 tonnes de marchandises transportées. En dessous de ce quota, les tarifs étaient les mêmes quelle que soit la quantité transportée.

Puisque seuls les industriels de Roquefort pouvaient assurer des exportations supérieures à 5 tonnes les producteurs locaux ont été condamnés à vendre leur lait à cette société faute de pouvoir laisser leurs fromages s'entasser sur les quais jusqu'à ce que le poids fatidique des 5 tonnes soit atteint.

Il est frappant (mais pas étonnant) de lire Monsieur Glavany à ce sujet: " ... La filière ovine et caprine s'est redressée à partir des années 70 grâce à la présence d'un noyau fort d'éleveurs professionnels, à l'impulsion donnée à la production fromagère par la fabrication de roquefort et aux fabrications typiques de l'île. " 

Les fabrications typiques de l'île pour reprendre les termes de cette citation seraient bien plus importantes si la règle des 5 tonnes ne les avait pas bridées. Autre exemple d'actualité, la Corse importe

18 000 Tonnes de viande par an l'aide au transport représente 60 centimes du Kilo ce qui représente la construction de deux abattoirs par an.

Alors que la Haute-Corse ne possède même pas un seul abattoir.

(Le chiffre de 60 centimes le Kilo à été donné par les Grandes Surfaces, mais nos calculs le situerait plutôt à plus du double). Un seul handicap; le monopole de destination. Il est d'usage courant de parler du "handicap de l'insularité" comme d'utiliser le mot " continent " pour désigner la France.

Ce vocabulaire est porteur de fausses idées qui conduisent à masquer l'évidence même.

Qu'il nous soit permis, tout d'abord, de faire remarquer que pendant des mois la Bosnie à refusée tout accord de Paix avec la Croatie et ceci tant qu'un couloir d'accès à la mer ne lui serait pas donné.

Les Bosniaques auraient-ils fait la Guerre pour un handicap ? J'aimerais bien, également que l'on me commente le "Handicap de l'insularité japonais". En Europe, le miracle économique Irlandais ne semble pas souffrir de ce prétendu handicap, outre le fait que l'Irlande est à la pointe de la micro-informatique, il est plus troublant encore d'apprendre qu'ils sont leaders Européens de la construction de Mobil Home qu'ils exportent a des prix défiant toute concurrence dans le sud de la France… Bien sûr, que l'insularité a des contraintes, notamment de conditionnement des marchandises, ainsi que de ports et de mise à bord, mais une fois ces opérations effectuées Le kilomètre de mer est le moins cher qui soit.

Après vingt ans de continuité territoriale (et un siècle d'ordonnance douanière) nos

Notables Continuent de désigner le mal :

il s'agit du MONOPOLE des transports. Entendez:

le monopole de la SNCM.

Faut-il, jeter des dizaines de marins corses à la mer ? Ou créer une compagnie maritime corse? Sur le fond, le problème n’est pas là. Par contre il est criminel pour la Corse de continuer d’ignorer les 1 800 000 clients potentiels en Sardaigne, l’autoroute Munich-Rome, à l’Est des Alpes, à moins de deux heures de N.G.V. de Bastia; ou encore la Catalogne à une nuit de ferry d’Ajaccio...etc

Serait il interdit de vendre des clémentines et du vin en Sardaigne, à Vienne où à Barcelone sans passer obligatoirement par Marseille?

En fait la Corse ne souffre que d’un seul handicap: LE MONOPOLE DE DESTINATION !

 

 

R. Simoni


 

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L'esprit des temps privés d'esprit

Retour vers le futur.

C'est après 1871 qu'Emmanuel Arène introduisit en Corse, pour le compte de la République, un jeu qui tenait à la fois de la soule et du bouskachi.. Bartoli, dit " Maneta "  , maire de PALLECA, en codifia définitivement les règles de façon si satisfaisante que le Larousse trouva cet ardent partisan des valeurs républicaines digne de figurer dans son palmarès.

La seule différence entre une élection, la soule ou le bouskachi. était l'enjeu : une urne à la place d'une vessie ou d'une brebis; Cette urne, on l'emplissait on la déplaçait même au gré des deux équipes, l'essentiel étant qu'elle fût à sa place à 18 heures. L'équipe qui avait le mieux joué criait "tumbula" et signait à la hâte un procès-verbal déjà rempli de la veille.

On comprend la nostalgie qui étreint François Piazza-Alessandrini à l'évocation de ce temps béni où la Corse n'avait pas trouvé son Sir Arnold pour codifier les règles de ce jeu authentique et viril. A défaut d'établir, l'État de Droit, n'appelle-t-il pas la population " a se mobiliser pour rétablir l'ordre ancien" (Corse-Matin du 30.12.98.) …

Ainsi l'immobilisme se mettra en marche, les vaches seront bien gardées et Dieu reconnaîtra les siens.

le Canard et la mystérieuse affaire de styles

Enfin du nouveau dans les affaires incidentes.

Un certain Jérôme Canard, journaliste notoire a tacitement avoué qu'en faisant disparaître la copie d'une photocopie d'un document qui aurait permis la diffusion d'un raisonnement spéculatif sur lequel se fonderait l'intime conviction d'on ne sait qui a propos d'on ne sait plus quoi, il avait délibérément agi dans l'intention de mettre en valeur de façon discrète mais efficace "le délicat travail de dentellière" du contrôleur général Marion.

Depuis qu'Homère a "bouclé" l'Odyssée en quelque 2 siècles, que les grecs d'Alexandrie ont écrit la Bible des septante, que Victor a écrit comme Hugo et Ajar comme Romain Gary, on sait que c'est bien le style qui fait l'Homme.

Mais avant que Jérôme Canard nous l'eût dit, nous ignorions que le brillant philologue qui hante les couloirs de la DNAT, avait inventé un style pour habiller l'homme invisible.

Seguin, la Corse et le Saint Chrême

Mr Philippe Seguin, en quête d'onction gaullienne s'en vint récemment en Corse savourer les délices d'un triomphe qui fait régulièrement verdir les physionomies socialistes locales.

N'en demeurant pas moins un inoxydable défenseur de l'état du droit des hommes politiques a faire ce qui leur passe par la tête, il a déclaré à propos des critiques qui leur sont adressées : "Les excès compromettent la vérité".

Comme cela est bien dit !

Le plus important c'est que la vérité, si elle se manifeste jamais, ne compromette pas les excès des élus…

 Attentats: le NIET du P.C.F

Les représentants du parti le plus démocratique d’Europe occidentale ont choisi la Corse-du-Sud pour revenir sur la scène internationale. Au sujet de l’attentat commis dans la lointaine province du Nord, ils ont parlé de la bonne mine des agressés de tout poil:   " dynamiteurs, racketteurs, j’en passe et des meilleurs".

NIET, disent ils, pas d’agression, quelques maladresses.

Encore heureux qu’on ne nous serve pas la formule du droit de cuissage, sinon nous avions droit aux hélicos.

Sacrés Camarades!

La révolution du bon côté du manche c’est quand même autre chose!...

 

Compétition au Parlement Croupion.

Le représentant provisoire de l’État en Corse ayant parlé " d’extirper les tensions politiques des rapports sociaux ", Nicolas de Piana mit un point d’honneur à être le premier à annoner complaisamment le contresens délibérément historique devant l’assemblée. Bien sûr on peut s’étonner qu’un avocat de " gôche " humaniste, nourri au lait de la Démocratie soit le premier à adhérer à ce propos directement emprunté à la phraséologie vichyste. Mais on comprend aussi, que dans cette Corse qui rend fou, on ne sait plus trop s’il vaut mieux être le deuxième à Rome, le premier au village ou le cinquante et unième aux comices agricoles...

VACANCES ÉTERNELLES

 

Dès la dissolution de l’assemblée territoriale nous fûmes nombreux à envier ces veinards qui partaient en vacances.

Détrompez vous, déclara aussitôt péremptoire notre Démosthène des banlieues: " il n’y aura pas de vacance du pouvoir " (Corse Matin du 23.12).

Ce qui, traduit en clair, signifie que le shmilblick continue à avancer, " en accord avec le préfet de région " ajoute t-il le doigt sur la couture du pantalon. La vacance du pouvoir c’est " le temps pendant lequel une autorité publique ou privée ne s’éxerce plus "(Larousse), le vide en quelque sorte…

Or, c’est bien connu, la nature à horreur du vide.

Mais la Corse représente là encore une remarquable exception, puisqu’au non exercice du pouvoir par les représentants de son peuple, succède périodiquement l’exercice du pouvoir réglementaire sous contrôle proconsulaire, un vide chassant l’autre…

 

" Le calendrier, il est clair ".

C’est ce que déclare à PPDA le 15.01au " 20 heures ", L. Jospin, voulant dire sans doute qu’il respectait dans les délais impartis les points de son contrat de gouvernement.

Il est vrai que les jeunes sont 70 000 à trouver un job en 98, l’économie, elle, est boostée, non pardon, elle connait un nouvel élan, car le premier ministre est exigeant avec le français, la misère elle est plus supportable au soleil; les maisons elles ne sont plus de correction, elles ne sont plus closes non plus; les 250 000 assassins du préfet Erignac ils sont revenus à la normale, et même le PCF il évolue.

On voit bien l’influence de feu Georges Marchais dans le paysage politique français, ou à défaut d’y avoir fait progresser le marxisme, il l’aura doté d’une nouvelle syntaxe.

Ces mecs là, ils sont graves!!!

 

 

Sous le coup de l’émotion.

Qu’est-ce qu’une hémiface? Pour la médecine, c’est la conséquence d’un flush sanguin qui affecte une partie du système cérébro-vatrenlaire. Le résultat est spectaculaire; sous le coup d’une émotion une des moitiés du visage du sujet vire au rouge sombre et l’autre moitié à la pâleur livide . C’est le phénomène dont on a du être sans aucun doute victime Emile Zucarelli, quant , à la question d’un journaliste de Corse-Matin qui lui demandait s’il était jacobin ou décentralisateur, il lui répondit sans l’ombre d’une ironie : vous pouvez dire que je suis un jacobin -décentralisateur.

Qu’on se dise et nous le dirons, il existe désormais des jacobins– décentralisateurs, des hémifaces politiques, des baleines blanches, des cygnes noirs, des nègres blancs et aussi des ânes Corses.

 

Passage à l’Est.

Toujours aussi soucieuse de l’ordre et de la salubrité la Fédération des Communistes résidant en Corse du Sud s’inquiétait de l’importance des gravats à Ghisonaccia. Un facétieux suggérant qu’on pourrait demander à la mairie d’**** de résoudre le problème, il lui fut répondu que le bulldozer en question avait participé à l’opération "Mur de Berlin ", qu’il y avait rendu l’âme, et que son conducteur était passé à l’est où il faisait visiter les goulags à des touristes occidentaux fortunés et réactionnaires. La fédération en demeura coite.

Encore une autocritique qui se perd...

UN COLPU A U CHJERCHJU,

UN COLPU A A DOLA…

Vendredi 15 Janvier: émission territoires, imitation Lilliputienne des grands débats parisiens hors desquels point de salut. Stupeur, V. Carlotti parle ouvertement de Peuple Corse! Une pierre dans le jardin de Chevènement ? Non, ce faux lapsus ne révèle rien, sinon une dichotomie dans le discours qui en ces temps troublés semble mener tout droit les HPC (Hommes Politiques Corses ndlr.) à la schizophrénie. N’est pas descendant de Vercingétorix qui veut!


 

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Lettre au parlement européen et a tous ceux qui peuvent se sentir concernés de Marcel Lorenzoni

Pour la première fois depuis une dizaine d’années, un tribunal français de Paris vient de prononcer de lourdes peines contre des militants nationalistes corses, pour des faits commis en Corse.

Les attentats reprennent de plus belle. Tout ceci intervient au lendemain d’élections territoriales marquées par un fort taux d’abstention, une forte progression des partis nationalistes, et après une vingtaine d’années de troubles graves.

Le Président et l’Exécutif territorial sont élus avec 20 voix sur 51, ce qui rend l’Assemblée ingouvernable.

La situation est de nouveau bloquée, du fait de l’inadéquation des institutions imposées à la Corse par la constitution française.

L’échec des mesures du cadre communautaire d’appui, et autres, appliquées depuis longtemps en est la preuve flagrante. La Corse veut réaffirmer son identité dans l’ensemble géopolitique auquel elle appartient. Ce souci est légitime. Cette identité ne peut exister valablement sans développement économique adapté. Ce développement, malgré la volonté de l’union européenne, ne peut exister, du fait de l’engrènement de plusieurs facteurs dont la France est pour l’essentiel responsable.

A.L’impécuniosité des acteurs économiques :

S’ajoutant aux effets économiques et psychologiques de la désertification elle rend la moindre initiative entièrement dépendante des pouvoirs politiques et administratifs.

B.L’absence de moyens réels de formation :

Le clientélisme, base essentielle du système politique local, a placé nombre d’incompétents à la source des financements publics, et à la tête des moyens locaux de formation, produisant un énorme gaspillage de moyen de la collectivité sans résultats sur le développement et l’emploi.

Un système de bourse et l’envoi d’élèves dans les meilleurs centres européens ou mondiaux serait certainement plus productif et moins coûteux.

C.Le comportement de la classe politique :

La constitution française permettant le cumul total des mandats, dans l’espace et dans le temps sur plusieurs générations, a permis l’installation en Corse d’une quasi féodalité exerçant son pouvoir en aval de l’annexion de l’île par la France, et des effets pervers de la continuité territoriale au service de tous les monopoles, privés ou publics, rendant la Corse totalement dépendante d’agents extérieurs.

L’initiative économique est traitée par cette classe politique en ennemie. Rendue rare par la faiblesse démographique de l’île et sa totale dépendance, elle est condamnée à l’echec par la multiplication des obstacles à l’obtention des fonds publics indispensables.

D.Le rôle de l’administration :

L’administration gère sa part de fonds publics. Sa contribution intervient en complément des moyens de la collectivité territoriale. Dans le contexte local, elle a pris depuis toujours le profil d’une administration coloniale, soucieuse de sa tranquillité, donc paralysée par les groupes de pression politiques dominants, internes et externes à l’île. Elle est le deuxième obstacle déterminant, après la classe politique, à la mise à disposition des fonds au bénefice des initiatives de développement.

E.La banque :

Si d’aventure, un projet franchi par sa qualité les obstacles de l’Assemblée de Corse et de l’administration française, il est quand même condamné par l’impossibilité d’obtenir les crédits bancaires nécessaires au financement des investissements et du fonctionnement, les aides publiques ne couvrant l’ensemble des besoins. Seules les banques française nationalisées sont présentes dans l’île. Elles ne jouent aucun rôle significatif dans le financement du développement. La caisse de développement de la Corse (CADEC), dont on a voulu faire un scandale expiatoire n’a en réalité jamais disposé de la quantité de capitaux réellement nécessaire au développement de l’île, et n’a jamais pu prêter aux taux ordinaires que le développement de première génération peut supporter.

L’ensemble de cette situation, qu’il est impossible de décrire entièrement ici, rend impossible un fonctionnement normal de la démocratie.

Le gouvernement français pose en préalable au développement le rétablissement de l’état de droit. En réalité il masque ainsi son incapacité rédhibitoire à résoudre ce problème.

Le seul état de droit que l’on puisse concevoir est celui des droits de la Nation Corse, anéantie par les intérêts français du XVIIIème siècle, autant par les armes de Louis XV que par celles du général Bonaparte. Ces droits ont été ignorés par le Congrès de Vienne de 1815. L'Union Européenne doit réparer cet oubli. Cela doit être possible en cette période favorable aux repentances diverses. Ainsi et dès maintenant, au cours d’une période transitoire de 10 ans, il doit être possible sous le contrôle d’une Commission Communautaire Ad Hoc :

1° : D’expédier les affaires courantes dans l’esprit de l’Union Européenne et d’assurer le maintien de l’ordre (réaffirmation de l’objectif n°1).

2° : De refondre le corps électoral corse sur ses bases nationales en incluant les corses de la diaspora.

3° : De mettre en place les institutions politiques et administratives de l’île sur les bases démocratiques définies par ses constitutions dans le passé, et les besoins du présent.

4° : Après référendum, d’intégrer la Corse au Conseil de l’Europe.

5° : Au terme de la période transitoire de 10 ans, d’organiser un référendum sur l’intégration éventuelle de la Corse à l’Union Européenne.

Voilà ce qui devrait permettre une issue au problème corse conforme aux conclusions de la Ligue Internationale des Droits de l’Homme, dans le sens de la reconnaissance des droits légitimes du peuple corse, à l’heure où la Méditerranée n’est plus un théâtre d’affrontement pour les puissances européennes.

FRESNES, le 20 mars 1999


 

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