Unità : Séminaire du 16 janvier
2000 à Corti. Atelier N°1
Atelier 1
UNITA
SEMINAIRE DU 16.01.2000 A CORTI. ATELIER N°1 :
INSTITUTIONS
ET PROCESSUS PAR ETAPES
PROJET DE SYNTHESE
Les organisations
d’UNITA ainsi que les personnes conviées à débattre des 15 points
ont constitué un 1er atelier destiné à l’examen de tout
ce qui relevait d’une redéfinition institutionnelle. D’autre part
les participants à l’atelier dit « processus par étapes » se
joignirent à l’atelier n°1 pour des raisons pratiques.
Il faut donc
considérer les travaux de l’atelier « Institutions » selon 2 niveaux
d’analyse :
-1 :
la réflexion et les
propositions à moyen et long terme, appelées à enrichir la démarche
d’UNITA autour des 15 points et à définir sa stratégie ;
-2 :
les contraintes du
court terme imposées par la démarche de Matignon.
Rappelons d’autre
part brièvement le constat d’une situation qui perdure et qui a
amené à la formulation des 15 points par UNITA.
.1 : Un constat
forcement critique :
C’est cet état des
lieux qui aura finalement abouti au consensus des 15 points. Aussi
bien des structures politiques, que du système législatif,
réglementaire et fiscal, l’absence d’une véritable
autorité publique
corse compromet la construction de notre pays. Ce constat est
unanime. Il induit la revendication primordiale, celle de la
reconnaissance des corses en tant que corps politique
institutionnalisé. C’est assez dire combien cette aspiration est
permanente. Mais elle n’est pas seulement permanente, elle a
sensiblement évolué dans les 25 dernières années. Cette évolution
relativement rapide de la conscience politique des problèmes de la
Corse procède de causes multiples et variables :
-
le
manque d’Autonomie Politique des élus régionaux en est sans doute la
1ere ;
-
le
véritable embrouillamini que constitue le fonctionnement des
administrations tant locales que déconcentrées continue à faire le
lit du clanisme dans le même temps qu’il bloque toute initiative
d’évolution ;
-
la
carte politique multiplie à l’envi le nombre d’élus et de mandats
électifs, tout en privant le système territorial d’efficacité ;
-
Le manque d’envergure de la politique de
développement génère à la fois une absence totale de perspective à
long terme tout en contribuant sur le moyen terme à l’abandon de
l’espace intérieur, à la disparition d’une société archaïque mais
bien organisée, de sa langue et de sa culture familiale sans
solution alternative ; ce que l’on appelle ailleurs « exode rural »
est ressenti ici comme la destruction d’une Nation ;
-
La rupture des connexions historiques de la Corse
avec le monde Méditerranéen aggrave le poids du sous développement
et de la dépendance ; l’élément le plus pesant de cette rupture est
sans aucun doute l’entêtement de l’état à intervenir objectivement
dans le maintien sous tutelle organisée, des moyens de transport et
de la destination des usagers et du fret ; coupée de son aire
naturelle géographique et culturelle, la Corse subit régulièrement
les fluctuations pernicieuses de l’état, que celles ci relèvent des
rapports au sein des institutions étatiques elles-mêmes, ou bien
qu’elles relèvent des relations chaotiques que les différents
gouvernements entretiennent avec leurs représentants dans l’île.
A la lumière de
ces 2 dernières années, il serait insupportable que le développement
économique, l’équilibre social, l’éducation, la culture, la justice
fiscale, le fonctionnement normal de l’administration, le secteur
bancaire continuent à dépendre du seul pouvoir d’un Préfet qui n’a
aucun compte à rendre à la Corse.
.2 : Les 15 points d’UNITA comme base de réflexion et de prospective :
Le débat portait
sur les points suivants :
-
1. reconnaissance
du peuple corse
Cette notion
devient de plus en plus précise. Elle a été quelque peu banalisée
par la revendication entre le fait historique et le statu culturel ;
Au cours du séminaire, l’unanimité se dégage sur une notion d’un
peuple corse reconnu dans son expression politique et
internationale. C’est là bien entendu la clé de voûte de la
revendication nationale. De cette reconnaissance dépend l’existence
et le fonctionnement politique normal de la communauté corse
institutionnalisée. Elle se trouve donc au centre de nos
préoccupations ; Dans le même temps, elle peut susciter l’hostilité
de la part de l’état et de ses relais en Corse dans la mesure où
elle confère une existence juridique à la Nation. Si par delà la
conjoncture, elle demeure un objectif fondamental, c’est qu’elle est
la condition nécessaire mais non suffisante, propre à faire accéder
la Corse à une administration souveraine.
-
2. Définition du corps électoral, contrôle des flux
migratoires et aide au retour
Il s’agit là d’un
moyen dont la portée est double : D’une part élaborer un corps
électoral corse propre à designer une assemblée constituante ;
D’autre part témoigner par sa seule existence de la légitimité du
peuple corse. Il appartiendra à un corps de citoyens corses de
s’exprimer sur un choix de société et sur son mode d’organisation
institutionnelle. Dans tous les cas de figures, et tout
particulièrement dans le cadre d’un développement économique rapide,
il apparaît urgent de définir le corps électoral et le principe de
citoyenneté. En l’occurrence, l’évolution du statut de la Kanaky est
intéressant seulement en terme de processus constitutionnel. La
constitution d’un corps électoral relève d’un code de la
nationalité. Il pose de surcroît dans le cadre de la Corse et
au-delà du contrôle des flux migratoires, le problème des corses de
la diaspora. L’accession de ces derniers au droit de vote se ferait
dans le cadre d’un collège distinct et à titre consultatif.
-
3. Législation, institutions, administration et
fiscalité
La simplification
administrative est une nécessité, non seulement pour combattre les
effets du clanisme, mais aussi pour dynamiser la vie politique et
lui donner une efficacité. Si la situation actuelle est un désastre,
il faut faire un bilan exact, pour savoir ce que l’on peut conserver
ou non. La suppression des conseils généraux paraît impérieuse, de
même que la fusion d’un grand nombre de communes, mais il faut que
toutes les régions bénéficient d’une représentation. La création de
« bassin de vie », entité cohérente pourrait être une solution
compte tenu de la faiblesse démographique actuelle.
Outre cette
volonté unanime de limiter les structures, une autre tendance forte
se dégage : Celle de mettre un terme à l’enchevêtrement et
superposition des administrations. Rendre d’une façon ou d’une autre
le fonctionnement des Offices plus efficaces et plus transparents,
supprimer les organismes semi-occultes et les administrations
« Canada dry », modifier le mode de désignation des membres du CES,
et les modes de recrutements. A terme supprimer les pouvoirs du
Préfet.
Sur le plan
fiscal : La Corse seule doit être à même de définir et voter son
mode de fiscalité, dans un objectif de la rendre attractive aux
investisseurs dans une optique de développement ; Contrôler les
fonds publics au moyen d’une véritable « cour des comptes » propre à
la Corse et qui se donnerait les compétences judiciaires nécessaires
à ses poursuites éventuelles.
-
4. Relations internationales avec l’union européenne
et les états méditerranéens
Il s’agit pour la
Corse principalement dans le cadre européen, et Méditerranéen d’une
part de rétablir ses connexions naturelles avec les régions
voisines, et d’autre part de disposer d’une représentation distincte
et permanente auprès des instances européennes. Car il s’agit aussi
d’un enjeu revendicatif contre l’état, dans le cadre d’un litige
avec la France, faire appel à des instances extra-étatiques, établir
des relations hors hexagone et combattre la politique des transports
aux mains de l’état ; Empêcher l’état de confisquer les compétences
européennes de la Corse ; Arriver en fin de compte à avoir les
prérogatives d’échanges internationaux d’un état souverain.
-
5. Les nouveaux rapports avec l’état et le processus
par étapes.
Rien ne
s’obtiendra sans la lutte. Les points revendiqués portent par
essence atteinte au dogme de l’état, aussi le débat s’établit-il sur
un double niveau : Celui de la revendication à long terme, celui de
la situation de discussion dans laquelle se trouvent impliqués les
représentants du mouvement national.
.3. Les contraintes de la conjoncture :
Le caractère
inopiné d’une situation nouvelle où l’état demande aux élus de la
Corse de proposer une sorte de plan de règlement, requiert une
position tactique cohérente.
Tout en affirmant
le caractère incontournable des 15 points de la revendication, les
participants se sont accordés à reconnaître la nécessité d’une
véritable cohésion autour des négociateurs du mouvement national.
D’une façon
générale, l’argument majoritaire consiste à dire qu’i l faut en
obtenir un maximum. La 1er difficulté réside néanmoins
dans une position éventuellement hostile des autres membres de
l’Assemblée à une avancée qui serait à leurs yeux un pas vers la
souveraineté ; C’est le cas de la notion de peuple corse. La 2ème
difficulté réside dans les contradictions internes des structures
étatiques françaises (Président/1er ministre) et au sein
de leurs propres formations parlementaires.
D’où un possible
repli sur une position médiane : celle de la reconnaissance de la
citoyenneté corse qui définirait le corps électoral, tout en
concédant à l’assemblée de Corse des compétences beaucoup plus
larges. Cette solution exclut de fait une garantie
constitutionnelle.
Nos représentants
porteront nos propositions en l’état : Reconnaissance du peuple
corse entérinée par un article constitutionnel (79) ; Citoyenneté
corse et son corps électoral avec les conséquences juridiques que
cela implique ; reconnaissance d’un pouvoir législatif et fiscal.
Si le gouvernement
n’a peut être pas intérêt à négocier « a minima », on ne peut
cependant considérer ces points comme acquis. Dans le cas contraire
la non-reconnaissance constitutionnelle du peuple corse, ne
priverait pas la Corse de compétences plus importantes en ce qui
concerne l’économie, la culture, et le domaine social. Il serait
possible d’obtenir la plus grande latitude en matière d’enseignement
obligatoire de la langue, de maîtrise de l’environnement, de l’aide
sociale. Ayons conscience aussi que ces compétences entrent du fait
de la construction européenne dans le cadre de dévolution des états
au profit des régions. Enfin et toujours dans ce cadre, les élus du
mouvement national demanderaient à Bruxelles le développement d’une
para diplomatie intra européenne en faveur de la Corse (ce que
pratique déjà le Conseil Nordique). En résumé nous aurions là non
pas un statut minimum mais « un statut différent dans sa nature ».
Il apparaît
évident que cet ensemble de propositions ne constituerait qu’une
avancée vers la réalisation des 15 points.
« UNITA n’ayant
pas l’intention de poser de préalable »à
cette avancée a confirmé son soutien à la démarche des élus de
Corsica Nazione engagés dans les discussions à l’Assemblée.
Séminaire d’Unità du
16.01.2000 atelier « institution »
Contribution et observations
de J. Faggianelli
La réunion des
2 ateliers « institutions » et « processus par étapes » en un seul a
quelque peu simplifié la réflexion sur les 15 points en entraînant
inévitablement le débat vers ce qui représente la préoccupation
majeure du moment : la négociation éventuelle avec Matignon.
1° : Les difficultés immédiates :
Les élus de
Corsica Nazione se retrouvent investis d’une mission inattendue,
faire entendre la voix de la Nation à 43 de leurs collègues assez
peu convaincus de l’existence de la Nation en question. Il se
pourrait alors et de façon bien prématurée, que le Mouvement
National découvre qu’il représente peu de chose en termes de poids
politique, et qu’après 30 ans de lutte, les 20% de suffrages obtenus
en mars 1999 ne soit en fin de compte qu’une amère victoire.
2° : De la stratégie de
l’état et de la tactique de Jospin :
On l’a dit et
redit, l’état est le véritable maître du jeu en matière de
souveraineté territoriale. Il faudrait être bien naïf pour supposer
qu’une initiative en ce domaine, fût-elle même élaborée par le 1er
Ministre, puisse être prise sans consulter le sommet de l’état.
A ce jour,
rien n’indique que le Président de la république, garant de
l’intégrité du territoire français et responsable d’une stratégie
séculaire, puisse contribuer à la réussite d’une opération tactique
de Jospin, dans laquelle les Corses ne l’ont même pas consulté.
Le jeu des
factions et des lobbies composant le paysage politique français, et
dont les effets se font sentir jusqu’à l’Assemblée de Corse, nous
incline forcément à un certain scepticisme.
Comment
imaginer dès lors qu’un gouvernement de cohabitation puisse octroyer
aux corses, un statut que seul le vote d’un article constitutionnel
pourrait assurer dans la durée.
3° : Nos raisons
d’espérer :
L’impossibilité apparente de la Corse à nouer le dialogue, aussi
bien avec les corps constitués de l’état que le gouvernement et les
formations politiques françaises, témoigne d’une singularité que la
France ne peut reconnaître.
Face à ces incertitudes, seule demeure notre
conscience politique. L’échec momentané de la revendication
Kanak, dans une aire géostratégique pourtant peu favorable à la
France, ne doit pas nous empêcher d’observer que le monde change
rapidement. D’ores et déjà, le problème français de la Corse est
devenu une affaire internationale. C’est dans le cadre d’un
règlement international que la force de notre conviction forcera
la décision.
SEMINAIRE D’UNITA DU 16.01.2000
ATELIER « INSTITUTIONS »
Additif de C.Robertson
Remarques à propos du constat :
-
un
des caractères aggravants de la situation en Corse est le fait que
les 25 dernières années aient vu s’effectuer un transfert de
populations du monde rural au monde urbain maritime, sans les
activités correspondantes à la région d’origine.
-
L’état est pleinement conscient des dysfonctionnements de ses
services et dont des régions comme la Corse subissent les
conséquences graves. Cet état de fait est dénoncé par les autorités
européennes qui ne peuvent tolérer le poids financier d’une
administration qui subventionne des déficits chroniques.
Remarques à propos du court terme :
-
Ne
pas accepter de signature de
contrat de plan/DOCUP
etc. engageant la Corse pour de nombreuses années sans tenir compte
d’une évolution des compétences et des institutions.
-
Refuser toute transaction déterminant l’économie de la Corse dans
les années à venir, touchant l’eau, l’énergie, les transports, la
communication, les médias.
-
Initier des articulations « mare e monte » au niveau
socio-économique.
-
Transfert des administrations de l’état vers les offices : chaque
administration appliquera la décision du pouvoir territorial.
PROPOSITION DE RECOMPOSITION DE LA STRATEGIE NATIONALE
Il faut reconnaître que l’ennemi a gagné la guerre psychologique,
tant du point de vue politique, que du point de vue
politico-militaire. Continuer dans la voie suivie depuis 1976 est
donc suicidaire. C’est faire le jeu de l’ennemi. Quand la bataille
est perdue, il faut l’admettre, en tirer les conséquences, se
replier, et préparer la contre offensive future.
I.
Bilan des erreurs :
A. Ce qu’il
ne faut plus faire sur le plan de la communication politique :
1.Les
communiqués pour tout et n’importe quoi, les conférences de
presse qui ne mènent à rien et qui ne sont plus lues que par
nous-mêmes ; Les contacts personnels « privilégiés » avec les
correspondants et envoyés spéciaux des services de propagande
parisiens qui font ami-ami ici, et nous assassinent sitôt chez eux.
2.Tomber
dans le travers du discours et de la terminologie instillée
par l’ennemi : « violence », « perpétré » « commettre »,
« justice », « droit », « administration », « état français »,
« syndicats », « clandestins » « partis », « impôts » etc. Notre
lutte est : « résistance » ;
l’appareil français :
les « autorités d’occupation » ;
les serviteurs de cet
appareil : des « collabos » ;
la presse des « services
de propagande »ou des « attachés de presse » du
pouvoir ; les
militaires « l’armée de libération » ;
l’impôt français est
un « racket » etc.
3.Essayer
de répondre aux questions posées est une idiotie ! Elles sont
conçues pour nous piéger quelle que soit la réponse ;
il faut faire comme
l’ennemi, ne pas répondre, répondre à côté, répondre par une autre
interrogation, ou utiliser l’humour (Ex : de questions : Mais
enfin, que voulez-vous de la France ? Réponse : rien, qu’elle s’en
aille! Ou bien : Que feriez-vous sans la France ?
réponse : Mieux
qu’avec elle ! Ne craignez-vous pas le pire? Comment
cela pourrait- il être pire ! etc.)
4.Ne plus
se contenter de techniques d’un autre âge (tracts, feuilles
de choux pompeusement baptisés : « journal » ; Soirées
« culturelles », « manifs » et meetings….) Cela existait déjà sous
Karl Marx, on a quand même fait mieux depuis !
5.Les
médias non français doivent être prioritairement sollicités
et privilégiés, et la presse, parisienne ou locale, doit faire
l’objet d’un refus systématique de commentaire (sauf les rares
cas où cela s’avérerait utile). Donc l’internationalisation
doit être la seule option en terme de communication journalistique.
6.Quand nous
choisissons une stratégie, il ne faut pas en changer au bout
de 3 mois, face à une campagne hostile orchestrée par l’ennemi. Il
faut s’y tenir ! Il n’y a que le long terme qui paie (songer que
s’ils se donnent le mal de lancer la grosse artillerie, c’est que
nous avons touché là où ça les gêne).
B. Ce qu’il
ne faut plus faire en terme de choix des interlocuteurs :
Paris est
l’ennemi, et notre anéantissement total est son seul but ! En
conséquence :
1.Les
conciliabules secrets avec de pseudo envoyés (car ils existeront
toujours malgré les dénégations officielles), et les promesses de
couloirs, doivent être proscrits.
2.Les
discours polis devant les ministres, comme si nous avions à
faire à des interlocuteurs raisonnables à séduire, ne sont pas de
mise ; Au contraire il faut les « agresser », les pousser à
la faute. Ils ne peuvent nous faire pire que ce qu’ils font déjà, et
ce qu’ils ne nous ont pas encore fait ne résulte que d’une question
de timing électoral, ou de façade « droitdelhommiste » vis à
vis de ses partenaires internationaux.
3.En appeler à
« l’Etat »
pour résoudre les problèmes est un contresens et un aveu
d’immaturité. C’est ce qu’il faut éviter par-dessus tout. Au
contraire notre position doit être, « nous n’attendons rien de la
France, nous ne lui demandons rien, sinon une seule chose qu’elle
s’en aille ».
4. Les
approches de compromis ne servent à rien, avons nous oublié « même
200000 corses autonomistes ne changeront pas la Constitution »
c’est la seule fois où un représentant de Paris nous a dit la
vérité ; à la limite
la technique de surenchère du marchand de tapis est plus payante.
C’est cette démarche qu’il faut adopter dans le cadre des « négociations
sur l’autonomie », qu’il faut en outre présenter comme une étape
et seulement une étape.
5.Ne plus choisir et
se contenter d’interlocuteurs en France ;
Au contraire il faut privilégier les organisations internationales,
européennes (ce devrait être la mission essentielle du responsable
de la commission pour les relations avec l’Europe) ou non
gouvernementales (Ligue Internationale des droits de l’homme, Comité
d’Helsinki etc.). Donc l’internationalisation doit être l’option
principale en terme de partenaires non corses.
6.Ne plus ostraciser
les clans
en les laissant seuls face à l’ennemi (sans rien oublier de ce
qu’ils ont fait et sans angélisme), mais accepter de leur parler,
les laisser rêver d’un énième statut, mais leur suggérer ce qu’ils
auraient à gagner en se détachant de Paris, les arguments ne
manquent pourtant pas ! Le racisme anti corse de l’occupant nous y
aide. L’idée générale n’étant pas que nous attendions quelque chose
d’eux, mais au contraire de les responsabiliser aux yeux de notre
peuple en les privant de la trompeuse position « c’est la faute à
Paris » ; Si au passage nous pouvons enfoncer un coin, tant
mieux, la paranoïa parisienne fera le reste.
ii.La stratégie de reconstruction :
La discrétion et
le concret doivent remplacer le montaseguisme. Il faut pour cela :
A.Se
donner comme priorité la mise en place del’Assemblée
Nationale Provisoire : Aucun moyen ne doit être négligé :
rencontres bilatérales, réunions en comités, constitutions de
nouveau comités, et toute forme d’organisation non rigide, non
formaliste mais Paolienne, c’est à dire pragmatique en faisant avec
ce qui existe déjà sur place. Le tout en se gardant de toute
médiatisation intempestive, du moins dans la première phase, celle
de sensibilisation.
B.
Admettre que cette stratégie prendra 2 ou 3 ans, qu’il
s’agit d’une traversée du désert où le « vedettariat » et le
« médiatique » n’a pas sa place. Il faut retourner à la base, sur le
terrain, et maintenir le cap, envers et contre tout, plus les
attaques ou le dénigrement seront féroces et plus cela signifiera
qu’il gène l’ennemi.
C.Cela
nécessite la préparation d’un argumentaire, pas au sens d’un
« programme commun » qui ne convaincrait plus personne, mais par
l’adoption d’un vocabulaire précis, d’exemples précis, argumentés
et adapté à l’interlocuteur, et surtout ne pas contredire les
propositions existantes. Pour convaincre, il faut croire soit même à
ce que l’on dit..
D.
Constituer des groupes de réflexion « quasi-clandestin »,
embryon d’un futur « cabinet fantôme », à partir de personnes
ressources. Il faut s’inspirer pour cela de la franc-maçonnerie
(les simagrées en moins).
E.Dans le cadre de
l’internationalisation, il faut recourir à Internet
pour faire connaître tout ce que nous savons, tout ce qui se fait,
toutes les rumeurs, et une permanence pour répondre aux courriers
en e-mail. En somme, briser le blocus, contrer la
désinformation, refaire un Disinganu mais avec les
moyens d’aujourd’hui.
F.Dans la
même idée créer un journal en ligne. Pas un journal pour nous
faire plaisir, à usage interne, mais un journal conçu pour informer
les autres, car du fait de la France, ils ne savent en réalité rien
ou leur vision est totalement déformée. Pour cela il est nécessaire
d’y privilégier l’humour, la dérision, la caricature.
G.L’idée
générale doit être la démolition de l’image
que se donne la France.
Par le biais d’Internet, il faut démontrer qu’elle est raciste,
arrogante, sectaire, doctrinaire, refermée sur elle-même,
nostalgique de son passé colonial et de son ancienne primauté
militaire (Louis XIV, Napoléon), non humaniste (mais seulement « humaniste-miroir »,
c’est à dire « n’est humain que ce qui me ressemble ») ;
Qu’elle est l’ancêtre des totalitarismes modernes, un dinosaure. Il
s’agit de se doter d’un argumentaire philosophique et juridique en
ce sens. Nous ne sommes pas seuls, le « National-Républicanisme » ou
« facho bonapartisme » est très mal vu en Europe, et en
contradiction avec son processus de construction.
H.Dans le
même esprit, user systématiquement de toutes les procédures
juridiques (tribunaux administratifs ou justice pénale), pour
diffamation, abus de pouvoir, détournement de la loi, discrimination
ou incitation à la haine raciale, grâce à un pool d’avocats.
Le but n’est pas d’en attendre une justice, mais d’utiliser la
contradiction avec son discours « etatdedroitiste », et
diffuser par ce biais les crimes de la France, par Internet. Le but
de l’utilisation des voix de droit « français », est de les épuiser
toutes afin de parvenir au recours systématique devant les Cours
européennes de Strasbourg ou Luxembourg (en effet, nous ne
pouvons recourir devant les instances européennes qu’après avoir
épuisé les voix de droit « internes ».
I.Cela
signifie également un recrutement dans les milieux de
l’informatique (cessons d’être complexés, les informaticiens du
Centre de Bastelica sont de très haut niveau), et dans celui des
linguistes de Corti, car si nous voulons atteindre
l’international, il faut tout traduire (l’Anglais représente 90% du
Net, toutes les autres langues se partagent le reste, et le français
est chaque jour un peu plus largué sur ce terrain), idem au niveau
de l’action en direction des instances européennes.
J.
Continuer à soutenir les prisonniers et demander leur
libération, mais en prévoyant une 2ème ligne
d’argumentation : leur rassemblement sur le territoire corse à
des fins humanitaires (stratégie basque). Les partis
traditionnels auraient du mal à s’opposer à une telle demande, du
fait des familles. Elle est également beaucoup plus susceptible de
provoquer une mobilisation plus large que notre cercle, c’est ce qui
s’est passé en Euskadi.
K.Il est vital des’ouvriraux français, aux italiens, aux portugais,
aux sardes, aux arabes de la 2ème ou 3ème
génération qui vivent au milieu de nous. Même si cela ne nous
plait pas, le réalisme nous y oblige ! Le refuser, c’est faire le
jeu de l’ennemi. C’est sa meilleure arme : A court terme par
l’accusation de racisme ; A long terme par submersion démographique.
Il nous faut donc là aussi adapter notre discours, à leur égard, et
à l’égard de notre « électorat » plus traditionnel.
L.
Réfléchir à d’autres modes d’actiondu type résistance
passive : boycott des produits de l’ennemi et action contre les
camions pleins de produits « concurrents » (Ex. Syndicats
agricoles français), grève de l’impôt-racket perçus par ses
percepteurs-collabos etc. Il faut également toujours coupler
ces actions avec la diffusion sur Internet ; Même si la
« non-violence » ne débouche sur rien face à des régimes à
fonctionnement doctrinaire, elle permettra au moins de démontrer que
la France ne laisse pas d’autre alternative que la résistance armée,
et démontrera l’hypocrisie des « démocrates corses ».
CONTRIBUTION ET OBSERVATIONS SUR LE DEBAT SUR LE PROJET DE NOUVEAU
STATUT
A.L’article 79 de la
Constitution, cadre indispensable
Un cadre juridique
n’est pas simplement une question de forme ou de principe, c’est un
cheminement logique qui induit les textes subséquents.
C’est ce cadre qui
permet le reste, sinon, si nous nous limitons à un cadre législatif,
fut-il avec la solennité d’une loi organique, nous nous mettons en
contradiction avec d’autres articles de la Constitution, surtout les
articles 1,2 et 72.
C’est ce cadre qui
nous garantit une certaine pérennité des acquis, car il ne suffit
pas d’un amendement en catimini pour revenir sur ces points
(rappelons-nous De Courson).
Si l’article n’est
pas spécifique, nous nous retrouverons dans le même piège que celui
de l’article 72 de la Constitution, qui ne prévoit que le « droit
commun » des collectivités locales de la république. Ce fut le cas
de l’article 1er du statut de 91 rédigé de telle manière
qu’on ne pouvait que le considérer que comme anticonstitutionnel ;
En effet on ne peut à la fois déroger au droit, et viser en même
temps le droit commun. Cette contradiction « voulue » ne pouvait
qu’entraîner :
-
un avis défavorable du Conseil d’Etat
-
une décision défavorable du Conseil Constitutionnel
-
sans compter les charcutages des 2 assemblées dans le
cadre de leurs « navettes ».
Nous n’avons aucune
illusion à nous faire ; Ni le peuple ou la citoyenneté corse ; Ni la
coofficialité et l’obligation de la langue ne peuvent être aborder
en dehors d’une modification constitutionnelle. Idem pour les
transferts de compétences situées dans le domaine de la Loi (pouvoir
législatif et fiscal), ils se heurtent aux articles 31, 37 et 47 de
la Constitution.
Donc un article
spécifique est nécessaire, même s’il n’est pas suffisant :
-
Nécessaire car c’est seulement par ce biais que le
reste peut être approuvé,
-
Mais pas suffisant car le cadre, s’il permet un
« contenu » ne nous dit pas ce qu’il sera (cf. les 15 points).
Mais paradoxalement
le contenu compte moins que le contenant car seul le contenant, le
cadre adéquat, permet ce contenu et est seul apte à ouvrir des
perspectives futures.
Nos ennemis
« nationaux républicains » français ou collabos, ont raison.
Reconnaître ces points, c’est admettre une Nation Corse, c’est lui
donner une dimension internationale. C’est ce qu’il nous faut
obtenir prioritairement, et c’est précisément ce que la France
refuse par-dessus tout.
Ainsi tous les
discours selon lequel nous aurions des avancées significatives sans
toucher à la Constitution sont soit mensongers, soit ignorants, soit
naïfs. Ils nous engagent dans une impasse où l’état fera mine de
nous octroyer des concessions là où en réalité, c’est lui qui veut
se débarrasser de compétences coûteuses, ou d’un découpage
territorial devenu sans objet (diviser pour régner) mais générateur
pour lui d’inefficacité et de surcoût de fonctionnement.
Ex : Le transfert
des routes nationales à la collectivité de Corse en 1991 n’était pas
motivé par un désir d’augmenter les compétences de la Corse, mais de
permettre par ce biais l’obtention de financements européens
(impossible autrement en vertu du principe de subsidiarité) et ainsi
réaliser des économies en matière d’équipement.
Aussi faut-il
également veiller, faute d’un pouvoir fiscal autonome, que les
moyens soient transférés en même temps que les compétences.
Autre exemple : les
2 derniers rapports parlementaires sur l’action de l’état en Corse
le répètent à l’envi, 2 départements c’est absurde, l’état n’est pas
efficace et cela lui coûte trop cher ! Aussi si nous pouvons être
sûrs d’une avancée, c’est bien la suppression des départements, mais
pas pour ce que nous croyons.
N’oublions aussi
qu’en 1981 l’état nous a présenté la suppression de la Cour de
Sûreté de l’état comme une concession faites à la Corse ; Alors
qu’il s’agissait d’une vieille revendication de la gauche, un
problème purement interne à la France, notamment vis à vis de son
image « droitdel’hommiste ».
Par contre cela a
permis de supprimer le statut patiemment obtenu de détenu politique.
Il nous faut donc envisager des pièges de ce genre.
B.La procédure de
négociation, ou avec QUI parlons-nous ? Avec QUI faut-il parler ?
.1 Le neoclan
A priori Jospin n’a
rien promis, et nous avons tendance à prendre nos désirs pour des
réalités ; méfions-nous donc des manipulations du néoclan qui
voudrait nous mener là où nous ne voudrions pas aller, pour nous y
piéger durablement. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas
dialoguer, collaborer avec J.Rossi puisque c’est bien de lui qu’il
est question, mais il ne faut pas confondre « travailler ensemble »
et « travailler pour lui ».
Le piège durable,
ce serait d’accepter de renoncer au volet constitutionnel, nous
aurions alors crée une pseudo autonomie qui a des chances de
convaincre durablement notre peuple, c’est un risque ; Mais pire
encore serait d’accepter l’idée référendaire ! Pourquoi ?
La « légitimité
française en Corse ne repose que sur une agression militaire
qu’aucun acte de droit international n’a légitimé, c’est atout
minime mais qu’il ne faut pas gaspiller. La France en effet ne peut
se prévaloir d’aucun plébiscite en sa faveur ; Accepter un
référendum, c’est enfin leur offrir ce qui leur manque.
.2 Le gouvernement :
Même si Jospin a
réellement l’intention de s’engager dans notre sens, il ne
représente que le gouvernement, sans compter que même à ce
niveau, on ne peut guère parler de monolithisme. Rien donc ne nous
permet de croire qu’il dispose de la majorité suffisante pour faire
passer de telles revendications (à moins qu’il ne s’agisse d’une
offre de gascon, c’est à dire une promesse que l’on sait de toute
façon ne pas avoir à tenir, car on pourra dire que c’est la faute à
l’opposition etc. .).
Aussi nous diton
que Chirac appuierait Jospin sur ce point, ou que le groupe
démocratie libérale serait disposé à appuyer cela ! Quelles
certitudes en avons-nous ? La promesse de J.R !
nous avons vu pendant
l’épisode « decourson-charasse » le peu de poids qu' peuvent avoir
les élus corses à l’assemblée nationale française.
Donc si l’on n’a
pas des contacts avec l’autre pan de la société politique française
qu’est la droite, la question corse redeviendra un enjeu intra
français droite/gauche, et l’on retombera dans le scénario de 1991 :
charcutage et saisine du Conseil Constitutionnel.
.3 Le Président :
En matière
constitutionnelle, le gouvernement n’est rien, seul le Président a
le pouvoir : Pas de révision, pas de convocation, pas de referendum,
pas de législation par ordonnance (art 38), pas de loi
organique…Sans la volonté du Président qui a seul pouvoir en la
matière. Soit qu’il refuse ex : une convocation ; Soit qu’il ne
ratifie pas ex : ordonnances.
Nous avons un
exemple récent avec le refus de convoquer le Congrès sur la reforme
du CSM, qui incidemment bloque également les statuts de la Kanaky et
de la Polynésie (art 77 et 78 C).
Au fur à mesure que
nous approcherons des échéances électorales présidentielles, les
blocages de ce genre ont toutes les chances de devenir de plus en
plus fréquents.
Donc comme exposé
précédemment, nous ne pouvons espérer avancer en terrain sûr qu’en
dialoguant « publiquement » également avec le chef de l’état ou ses
représentants, dans les mêmes circonstances que « Matignon ». Aussi
longtemps que nous serons dans un scénario de « cohabitation » ce
fait est incontournable.
C.LE CONTENU
C’est l’objet même
de la discussion des ateliers, des 15 points etc.. Il n’y a donc pas
à y revenir sinon pour rappeler que ce n’est pas vraiment le plus
important. C’est important, vital même pour l’avenir, mais c’est
inutile si l’on n’a pas éclairé les étapes précédentes. Ce ne serait
au mieux que des plans sur la comète.
CONTRIBUTION AU PROJET DE PROGRAMME
ECONOMIQUE POUR UNE CORSE INDEPENDANTE
1.Des
principes imposés par la géopolitique :
A. LA
REGLE EST A LA LIBERATION DES INITIATIVES
La mise en place d'une économie
corse compétitive, et à même de faire vivre son peuple, en lui
garantissant des prestations publiques et sociales conforme au mode
de vie des nations développées, passe par un choix clair de libre
commerce et de libre entreprise, seul à même de redonner un espace à
la créativité de notre peuple nié et avili, tout en lui garantissant
une paix relative dans un monde où seule cette idéologie domine.
Ainsi le recours partiel, ponctuel,
à des pratiques interventionnistes, dans la phase de reconstruction
de notre Nation, ne devrait être qu’à caractère transitoire :
a.
En vue de doter la Corse d'un secteur économique, dont l'occupant
l'a privé par fraude ou dumping sous couvert de "solidarité
nationale" ; Ex: le transport maritime, les industries de
transformation, conditionnements et conservation de ses productions
primaires :
b.
En vue de réorienter ses circuits d'échanges vers une plus grande
diversité de ses marchés et de ses sources d'approvisionnement ; Ex:
la grande distribution, les tour-operators ;
c.
En vue de redonner des parts de marché interne suffisantes à ses
propres produits pour leur offrir la possibilité d'abaisser leurs
coûts de production, et de parvenir à une taille suffisante afin de
leur permettre un « décollage » et d'affronter une concurrence
loyale (c’est à dire libérée des circuits exclusivement français
subventionnés) ; Ex: eaux minérales, autres boissons alcoolisées ou
non, produits alimentaires pas seulement identitaires ;
d.
En vue de structurer un réseau de distribution des produits
biologiques et identitaires, à vocation intérieure et extérieure,
car ce sont là les seuls véritables créneaux exportateurs à court
terme.
B. A TOUTE REGLE, DES EXCEPTIONS :
L'Etat
fédéral corse n'a donc pas vocation, sans en exclure le principe, à
constituer un secteur public ou mixte, mais seulement à recréer ce
qui a été détruit et que l’initiative spontanée de notre peuple
n'est pas à même de reconstituer spontanément. Si l'initiative
privée suffit, l'Etat doit se contenter d'accompagner le processus
par toutes mesures légales ou fiscales nécessaires, mais surtout
s'interdire d'entraver l'initiative.
Sinon, dès lors que l'Etat Corse a
constaté la carence ou l'insuffisance du secteur privé, il a
l'obligation d'intervenir pour doter la Nation des moyens de son
développement ; Mais avec l'objectif à terme d'arriver à une
privatisation, qui privilégiera d'abord l'actionnariat corse, dès
lors que les contribuables corses ont participé à cette mise en
place, quand ledit secteur aura été amené en situation d'affronter
la concurrence du marché international.
Ainsi par exception au principe,
certains secteurs tels que l’éducation,
la santé par nature,
et le secteur des transports
maritimes et aériens, dès lors qu’il est vital pour toute Nation
insulaire, devraient éventuellement faire l'objet d'une prise de
contrôle de l’Etat Corse ou d’une privatisation partielle réservant
à l'Etat Corse une minorité de blocage. Ce nécessaire contrôle d'une
partie du secteur ne fait pas obstacle, bien au contraire, à la
libre concurrence ; Il tend à éviter les situations monopolistiques,
faussement « privatives »..
2.Une
réorientation résultant de notre situation géographique :
Sur le plan des orientations stratégiques, la
position géographique de la Corse lui dicte l'orientation de ses
échanges et la localisation des partenaires et des marchés qu'elle
doit rechercher.
A la situation que l'occupant lui
impose, terminus colonial de l'axe Paris-Lyon-Marseille, la Corse
doit privilégier un développement en "croix" dont elle serait le
centre :
- à l'Ouest, Barcelona et au-delà
toute la péninsule ibérique ;
- à l'Est, Livorno et Roma et la
péninsule italienne ;
- au Sud, la Sardaigne et au-delà
l'Afrique du Nord ;
- au Nord enfin et surtout, avec le triangle
Genova-Torino-Milano, et au-delà la Suisse, l'Allemagne et toute
l'Europe du Nord et de l'Est.
Comme on le voit, la France ici
n'est qu'un appendice sur l'angle nord-ouest, et rien de plus. Cette
resituation est une évidence, pourtant l'occupant l'a fait oublier
au plus grand nombre, y compris à nombre de nos chefs d'entreprises.
L'ayant ainsi repositionné dans son contexte, on s'aperçoit que la
Corse n'est pas un rocher au bout du monde, mais au contraire un
point central, que l'occupant a transformé en vide, à l'immédiate
proximité des grands axes d'échanges européens : "L'Arc
Méditerranéen" articulation Est-Ouest de l'Europe, dont la Corse
est la corde ;
et la "Banane Lotharingienne",
articulation Nord-Sud de l'Europe, dont la Corse se trouve être dans
le prolongement de sa pointe extrême méridionale.
Notre stratégie en termes
d'interlocuteurs immédiats (sans en exclure d'autres) se situe
d'évidence dans ces axes. Notre politique ne peut être que
l'agrégation à ces derniers en les attirant vers nous. Cela passe
par une maîtrise de nos moyens d'échanges : transports, mais
également secteur bancaire, grande distribution, prestations de
services liées aux tour-opérateurs. Cela passe également par un
choix clair et durable d'incitation fiscale, seul à même de rassurer
et d'inciter à la curiosité ces partenaires, ces flux financiers,
pour qu'ils s'intéressent à nous, et que nous nous intégrions à
leurs circuits. Ainsi, que cela plaise ou non, notre position et
notre taille, nous dictent nos choix fondamentaux.
3. Faire
de la petitesse un grand atout :
La Corse n'est pas une grande
puissance, pas même une puissance très moyenne, type France ; Elle
n'est pas non plus un "petit" Etat, type Irlande, Belgique ou
Danemark. La Corse est un micro-Etat, tel qu'il en existe déjà 9 en
Europe, et 43 dans le monde, et plus encore si l'on comptabilise les
territoires quasi indépendants, de taille proche et le plus souvent
inférieure ou de population équivalente à la Corse.
Nous ne sommes donc pas les
premiers, et nous ne serons pas les derniers sur ce chemin. Nos
"modèles", si tant est que quelque état que ce soit puisse être un
modèle, se trouvent vers Gibraltar, Man, Jersey et Guernesey,
Liechtenstein, Luxembourg etc. En conséquence la Corse doit
privilégier deux processus de développement :
A.
Privilégier ses potentialités internes :
La Corse doit développer les
secteurs où elle dispose d'un véritable avantage et tourner le dos
aux folies des grandeurs à la française ;
il faut faire preuve
d’humilité ! Axons-nous sur nos besoins immédiats d’abord, avant de
rêver du grand large et « d’exportation » :
a.
En développant son secteur agro-sylvo-pastoral, dans la double
optique de l'autosuffisance et des produits identitaires et
biologiques ;
b.
En misant sur son potentiel touristique ;
c.
En créant un secteur industriel du recyclage et du traitement des
pollutions ;
d. En redéployant sa production
énergétique en fonction de ses ressources propres
e.
En recréant un secteur secondaire, étroitement lié et comme un
prolongement des quatre précédents, afin d'augmenter la valeur
ajoutée de ses produits, et non comme rêves insensés
d'industrialisation massive.
f.A
côté de ces 5 orientations minimales indispensables, il y a
également la place pour le développement de quelques secteurs de
pointes ou innovants. D'une manière générale en effet, les choix
stratégiques ne doivent pas nous interdire de manière doctrinaire le
défrichage d'autres pistes. La liberté d'entreprendre doit être la
règle, et le soutien de celui qui ose sortir des sentiers battus,
une philosophie.
Ce qui est par contre illusoire,
voire complètement délirant, c'est d'imaginer des schémas
d'industrialisation massive où l'activité se mesure à la tonne
d'acier, et au nombre de tracteurs ou de chars d'assaut, partir à la
conquête des grands marchés et des gros contrats ! (Une industrie
lourde ? Financée par qui ? Pour faire travailler qui ? Et pour
vendre à qui ?). Ce rappel est nécessaire car malgré l'absurdité
d'un tel scénario, il y en a encore, même en Corse, pour penser
ainsi, et comme c'est complètement irréaliste et anachronique, ils
se servent de leur propre incohérence pour décréter l'impossibilité
de l'indépendance. Sur ce point au moins ils ont raison : la Corse
indépendante n'est pas viable dans un tel scénario, c'est bien pour
cela qu'il nous faut affirmer clairement que ce n'est pas cela que
nous voulons.
B. Se
créer des atouts en se libérant des tabous inculqués par l'occupant
:
La Corse enfin souveraine, c'est à
dire indépendante, doit créer de toute pièce un secteur financier,
en transformant en atout ce qui lui a toujours été mensongèrement
enseigné comme étant sa tare congénitale : son insularité et sa
"petite" taille. Transformer le "handicap" en atout, c'est
privilégier des choix fiscaux et légaux incitatifs. Les jaloux,
c'est à dire les Etats trop gros pour y avoir franchement recours
eux-mêmes, appellent ça les "paradis fiscaux", ce qui
n'empêche pas leurs "élites", c'est à dire ceux qui nous font
la leçon, d'en profiter sans scrupule, c'est ce qui s'appelle
communément "l'évasion fiscale".
Bien plus, ils n’hésitent pas à
créer pour leur seul profit, sur leur « territoire » ce qu’ils
jugent immoral pour nous ; C’est ainsi que Paris est une place
OfShore pour les sièges de multinationales, Saint Martin un paradis
pour spéculateurs immobiliers, et Kerguelen un paradis pour
armateurs français. Comme le démontre TOPAZE, les belles règles
moralisatrices du style "l'argent ne fait pas le bonheur" ou
"bien mal acquis ne profite jamais" sont des sentences
inventées par les riches pour empêcher les pauvres de regarder dans
la bonne direction.
Un autre argument, tout aussi
malhonnête, consiste à agiter l'épouvantail de "Tanger !", ou "Cuba
!" (Avant Castro évidement). Ils omettent de dire que les
situations des territoires qu'ils citent en référence, étaient
celles de colonies de fait ou un statut résultant d'un accord
international imposé, sans aucun souci ou participation des
populations concernées. A l'inverse, vous chercheriez en vain dans
les rues de Luxembourg, Vaduz, Saint-Hélier ou Georgetown, cette
vision de Sodome et Gomorrhe qui, voudrait-t-on nous faire croire,
s'attacherait à ce type d'Etat.
Paradis fiscal, qu’est ce que cela
signifie ?
a.
C'est simplement dire que mieux vaut percevoir 1 ou 2 % d'impôt sur
les bénéfices de milliers d'entreprises "domiciliées" en
Corse, que de ruiner par des prélèvements aberrants les 5 à 600
entreprises qui survivent de plus en plus mal en Corse. Ce qui n'a
rien à voir avec le statut des salariés de ces mêmes entreprises,
c'est même le contraire car c’est en découplant « imposition de
l’entreprise » et « conditions sociales » que l’on
protège le mieux ces dernières. Au demeurant, quand certaines
entreprises françaises, publiques ou privées (SNCM par exemple),
font leurs profits sur le dos de la Corse, mais règlent leurs impôts
à leur siège social (Paris ou Marseille), l'occupant ne nous
applique t-il pas la même astuce, mais à nos dépens.
b.
C'est également dire que mieux vaut garantir un secret bancaire chez
nous que de voir notre épargne aller enrichir le secteur financier
de l'occupant... ou d'autres paradis fiscaux. Et si d'autres
capitaux veulent en profiter et ainsi participer à notre
développement, pourquoi pas.
c.
C'est dire aussi que si des compagnies internationales ou des
propriétaires de yacht veulent immatriculer leurs bâtiments ou
aéronefs en Corse en contrepartie du versement d'une taxe plus basse
que chez eux, pourquoi s'y refuser. La plaisance a été développée,
sans notre avis, chez nous mais les retombées en sont marginales,
transformons là aussi le mal en bien.
d.
En fait cette énumération n'est qu'indicative, car à côté de ces
exemples très classiques, il existe mille et une manières
d'envisager ces dispositifs, et ce sera le travail d'une commission
d'experts en droit du commerce international que d'élaborer les
scenarii les plus à même d'intéresser, et donc de drainer les flux
financiers vers et au profit de notre peuple. Car ce qui compte
c'est ce dernier point, l'important ce n'est pas de drainer l'argent
pour l'argent, mais l'argent pour quoi faire, et pour bénéficier à
qui ? Au bien être du plus grand nombre pas à quelques-uns uns ou
aux intérêts d'un occupant.
C. Et
d'autres pistes à envisager :
Enfin il existe d'autres
orientations, qui n'ont rien à voir, quoi qu'en disent les
"agitateurs d'épouvantails", avec la notion de paradis fiscal. C’est
même son opposée puisqu’il s’agit dans certains cas, d’activités à
forte taxation. Elles peuvent être des sources d'appoints non
négligeables pour un petit pays.
a. Les Tabacs et l’alcool :
Cette activité est déjà plus
classique en Corse (Job Bastos), il faudrait lui redonner son
importance perdue. Il convient ici de s'interroger sur les entraves
de l'occupant à la culture du tabac en Corse. Si c'est si
malhonnête, pourquoi le fait il chez lui, idem pour les boissons
alcoolisées.
b. Les Timbres :
La philatélie est une activité
modeste mais qui demeure une rentrée de devises étrangères non
négligeable pour tous les petits Etats. Cette activité participe
également de "l'exotisme touristique » et a un effet
d'entraînement sur la vente des cartes postales, filière qu'il faut
également maîtriser.
c. Les "Niches" légales :
Bien avant les jeux, le Nevada avait
développé une activité autour des facilités en matière de mariage et
de divorce. Actuellement la Slovénie a élaboré une législation qui
permet, moyennant versement de frais d'enregistrement, de changer
légalement de Patronyme en toute Liberté. Dans le même ordre d’idée,
il appartient de faire preuve d'imagination créatrice, d'y greffer
une filière et de l'exploiter au mieux.
d. La location du site de Solenzara
:
Le site existe déjà malheureusement,
mais aujourd'hui la seule chose que rapporte cette installation, ce
sont des nuisances, et des risques de représailles de la part de
peuples agressés par la France. A titre d'information la location
d'une seule base en Turquie qui permet aux américains d'intervenir
sur le théâtre du Kurdistan irakien représente quatre fois le budget
de la Collectivité Territoriale de Corse (hors « continuité
territoriale » dont on sait que presque tout repart vers la France),
un loyer de 3 à 4 milliards est dans le domaine du raisonnable.
Puisque la "Défense" de la Corse (ils font semblant d'oublier
que la France n'a jamais défendu la Corse, mais s'est par contre
abondamment servie des corses pour se défendre elle-même) est un
argument anti-indépendantiste, faisons de cette enclave un argument
contraire, une source de profit et de protection internationale, au
même titre que tous les états de l'Europe de l'Est qui demandent
leur adhésion à l'OTAN pour se prémunir du retour de l'ancien
occupant.
e. Les Jeux :
Cette activité est le contraire
d'une activité détaxée, et donc l'antithèse du paradis fiscal. Elle
serait selon certains la fin du monde ; Il me semble bien pourtant
que dans leur pays les casinos et les machines à sous ne sont pas si
rares que ça. Raisonnons donc en économiste plutôt qu'en Tartuffe
idéologue. Si ce secteur garanti à l'Etat fédéral le versement de
45% de ses bénéfices en rentrée fiscale ; si ce secteur nous
garantit également que tous les employés seront recrutés sur place,
pourquoi l'Etat corse ne garantirait-il pas à son tour le libre
exercice de ce type d'activité, dans la limite du respect du droit
pénal et des dispositions relatives à la protection de la jeunesse.
4. Une
reconstruction économique en deux temps et deux secteurs
complémentaires
L'analyse des pages précédentes de
doit pas induire en erreur. En effet le scénario d'ouverture et de
fiscalité incitative ne se conçoit que dans une Corse indépendante
sans que l'on ne puisse rien espérer de positif avant. Il faut donc
envisager une phase de reconstruction sous occupation, et à même de
contribuer à l'accession à l'indépendance.
A.
L'économie sociale de marché sous occupation
Ce sera la mission essentielle de la
stratégie alternative d'Assemblée Nationale Provisoire, que de
mettre en place un processus type "Mondragon" en l'adaptant à
notre cas, il faut pour cela :
a.
Collecter les fonds nécessaires, et seule une assemblée démocratique
a ce pouvoir sans que la propagande ennemie puisse objecter
l'argument du "racket", et en suivre l'utilisation (cela
implique également une stratégie de résistance civile avec refus de
payer les impôts à l’ennemi, impôt que nous qualifierions de racket)
; Emettre timbres, passeports et toutes formes d'activité qui
permettent la promotion de l'idée d'une Corse Indépendante tout en
faisant rentrer des fonds.
b.réorienter l'Université dans une optique (type Ecole
Professionnelle Polytechnique) pépinière d'entreprise, coop. ou non,
mais solidaires et liées par une structure bancaire commune.
c.
Ne pas attendre de l'ennemi qu'il sauve notre langue, donc créer le
réseau scolaire parallèle nécessaire, et par-là remobiliser les
"culturels" et ne pas perdre son temps dans une démarche consistant
à lui demander de nous donner les moyens de le chasser..
d.mobiliser l'épargne à
la fois en direction des créations d'entreprise, mais aussi en
gardant comme but l'édification d'une Corse indépendante à terme,
argument notamment pour attirer les partenaires investisseurs
internationaux, en créant une structure bancaire nationale,
domiciliée ailleurs en Europe si la France y fait entrave, car le
droit européen nous le permet désormais. (Cette banque ne doit pas
être une usine à endettement mais un partenaire type CLP qui étudie,
forme et suit les entreprises qu'elle finance).
e. Ne pas se focaliser sur l'idée
coopérative à tout prix, et s'il le faut, créer des sociétés (SARL,
Société en commandite, joint-venture), ne pas reculer à l'idée
d'investisseurs extérieurs, mais au contraire les inclure dans la
dynamique générale.
f.
Se doter d'un moyen d'expression : agence de presse, sites internet,
quotidiens et magazines, radio ou télé, périphériques ou par le
biais d'un satellite étranger.
g.
Permettre en définitive ;
D'une part le
sevrage progressif de l'assistanat qui a fait de notre peuple des
drogués de l'administration, de la pension, de la prime et de la
subvention, faute d'autres alternatives pour sa survie ;
Et d'autre part se
donner les moyens, en termes financiers et en termes humains, de
mettre en œuvre la transition entre une économie dépendante à 90% et
orientée presque exclusivement vers l'occupant, et une économie
indépendante et redéployée vers le marché international.
B. L’ECONOMIE
de transition
Dans la phase
de transition, c'est à dire la période d'accession à l'indépendance
et les 10 ou 20 années qui suivent, les séquelles de 230 ans de
destruction économique et de démotivation du peuple continueront à
se faire sentir (il suffit d’observer les pays sortant d’un
demi-siècle de communisme pour comprendre). Parallèlement, les choix
fiscaux mettront un certain délai avant de se traduire concrètement.
Même si on peut espérer un décollage des investissements
relativement rapide, il faudra plus de temps pour que la rentrée
fiscale nécessaire au maintien de prestation sociale d'un niveau
acceptable parvienne à un seuil suffisant.
Le passage à la fiscalité incitative
se fera donc par étapes, et il faut avoir le courage de dire que les
premières années nécessiteront des décisions difficiles, en termes
de redéploiements des personnels et en termes de prélèvements
fiscaux, et de prestations sociales.
C'est dans cette période que
l'économie sociale de marché prendra tout son sens. Le réseau
coopératif sera au centre du dispositif. L'état fédéral devra en
outre intervenir fréquemment sur le marché pour créer, le plus
souvent ex-nihilo, les activités les plus indispensables dans des
secteurs que l’occupant a détruit.
Cette intervention pourra se faire
par le biais de nouvelles coopératives, de contrats de concession,
joint venture avec des partenaires extérieurs, ouverture de secteur
particulier à l'investissement étranger ou au contraire, protections
douanières d'autres secteurs, société d'économie mixte, société
nationale etc.
C.
La transition FACE A
l'Europe et la question de la monnaie
Juridiquement, se séparer d'un Etat
membre de l'Union Européenne entraîne le retrait de cette même
Union. Contrairement à certaines vues simplistes, ne pas faire
partie de l'Union ne signifie pas, n'avoir aucun lien ou échange
avec l'Europe. La Norvège et la Suisse ont refusé d'entrer dans
l'Union, et les micro-Etats (dont nous entendons nous inspirer). Ils
se gardent bien de demander leur adhésion. Ils continuent cependant
d'effectuer la quasi-totalité de leurs échanges avec cette même
Union. En outre, des traités d'association ou des conventions sont
toujours possibles.
La question fondamentale est :
Voulons nous édifier cette économie telle qu'exposée dans ce
document, oui ou non ?Il faut savoir qu'être membre entraîne des
contraintes, celles ci ne nous permettront ni d'avoir recours à
cette fiscalité incitative, seule à même de nous conduire vers un
équilibre budgétaire et monétaire, ni de protéger nos productions
dans leur phase de reconstruction et de décollage (cf. théorie de
List).
Parallèlement les "subventions de
Bruxelles" iront en se réduisant au fur à mesure de l'extension de
l'Union vers l'Est.
Quant à d'éventuelles dérogations,
elles sont toujours envisageables, car tout est négociable, mais
elles seront de courte durée, et soyons réalistes, avant d'avoir
reconstruit notre économie, qu'avons à offrir à l'Union en
contrepartie de ses « largesses », et ce qu'elle voudrait prendre
éventuellement, sommes-nous près à la lui abandonner.
Donc demeurer dans l'Union suppose
au préalable la détermination de choix fondamentaux.
Le choix de la monnaie découle
également des choix effectués en amont :
a.
Soit l'Euro, mais il faut être en mesure de se conformer aux
critères de convergences, et dans la phase de transition nous ne le
serons pas ;
b.
Soit une monnaie nationale qu'il faudra s'efforcer de coller à
l'Euro par un taux de change fixe ;
c.
Soit la monnaie d'un autre Etat, éventuellement avec des "motifs
imprimés" différents moyennant une convention avec cet état ou
entité. Ex: Monaco utilise le Franc français ; Liechtenstein le
Franc suisse ; Andorre Franc français et Peseta ; Luxembourg une
monnaie commune Belgo-Luxembourgeoise ;Vatican et San Marino la
Lire ; Man, Jersey et Guernesey le Pound. Reste alors à se
déterminer entre l’Euro et le Dollar. De toute façon, le choix de
rester en dehors de l'Union et de l'Euro pendant la phase de
transition, ne fait pas obstacle à une adhésion ultérieure, mais
bien plus tard, quand nous auront rebâti notre économie. Ce sera aux
générations futures de se déterminer.
Complément au programme économique pour
l’aménagement du territoire dans la phase de transition antérieure à
l’Indépendance
EDIFICATION D’UNE ECONOMIE
ALTERNATIVE ECOLOGIQUE ET IDENTITAIRE
Dès
lors que nous avons choisi de nous situer clairement dans les
courants de la concurrence mondiale, il faut nécessairement
déterminer une niche économique où la Corse possède un avantage
différentiel naturel et culturel… Trois secteurs sont aujourd’hui
moteurs : l’information, les loisirs, et l’écologie.
En
raison du maintien d’une identité culturelle forte et d’éléments
historiques déterminants, d’un environnement en grande partie
préservée, de son insularité, de son caractère montagnard, de sa
quasi-absence d’industrialisation traditionnelle, la Corse rassemble
tous les critères pour s’offrir en terrain privilégié de mise en
place d’un projet alternatif intégré, à l’échelon d’un territoire
bien individualisé, visant à créer un modèle en vraie grandeur
d’application des théories d’économie écologique. Ses arguments sont
donc :
-
Sa langue et ses traditions culturelles maintenues non sans mal.
Dans cette optique la ratification in extenso de la charte
européenne des langues minoritaires et son intégration comme texte
interne à son statut d’autonomie est primordial.
-
Ses productions identitaires également (certaines maintenues mais
d’autres à faire renaître), mais qui nécessitent des aménagements
au regard des réglementations européennes.
-
La richesse de son histoire (qui ne se résume pas à avoir enfanté
les Bonaparte) qui fait de la Corse le premier Etat à avoir doté le
monde d’une constitution démocratique proclamant la souveraineté du
peuple, avec la constitution de Paoli de 1755, et les liens étroits
qui relient l’œuvre paoline à la tradition démocratique mondiale,
tout particulièrement la constitution américaine, et les textes
immédiatement subséquents. Ces éléments doivent être valorisés d’un
point de vue promotionnel, plus que les statuts de Napoléon.
-
La richesse de son milieu écologique, tant terrestre que marin, la
beauté de ses sites dont tout le monde s’accorde à souligner le
caractère exceptionnel et dont certains sont inscrits au patrimoine
mondial par l’UNESCO.
-
Le maintien en l’état de ces mêmes sites rendu possible grâce à
l’action constante des défenseurs de l’identité corse, au contraire
des agissements d’un Etat colonial uniquement soucieux de profits
spéculatifs à court terme.
-
La quasi-absence d’activité polluante, en dehors de celles résultant
de l’incurie de l’état colonial (non-respect des règles en matière
d’hygiène, de qualité des eaux, de décharges publiques), ou du lobby
EDF.
Ainsi
la Corse pourrait-elle postuler pour être déclarée patrimoine
écologique et culturel mondial. L’incurie et la malveillance avérées
de l’état français à l’égard de la Corse, alliées à son inadaptation
intrinsèque à toute approche différente du modèle standard
parisianiste ou jacobin, fait que la Corse ne peut se développer, et
notamment développer ce projet qu’en étant détachée des modèles
standards.
En
effet, pour avoir réellement le caractère d’une démonstration en
vraie grandeur encore faut-il bien individualiser le territoire et
lui donner les moyens d’adaptations nécessaires. Celle ci seule
permettra la mise en œuvre des dispositions fiscales, réglementaires
et économiques nécessaires.
Enfin
seule une individualisation “ internationale ” sera en mesure
de permettre l’élaboration et la signature des conventions
internationales que nécessite le projet.
Il
convient donc avant d’élaborer une démarche économique,
préalablement reformer le cadre institutionnel, puis fiscal, ce
dernier étant revu au travers du projet économique.
1. LE CADRE INSTITUTIONNEL
1.1 PROCEDURE
Compte tenu des éléments précédemment exposés, seul un statut
résultant de la modification du titre XI de la Constitution de 1958
permet la mise en œuvre du projet. La procédure constitutionnelle
consiste dans un premier temps, à ce que le Gouvernement sollicite
de l’Assemblée et du Président de la République l’habilitation à
légiférer sur la Corse par la voie d’une Ordonnance (article 38 C).
Celle ci l’autorisant à modifier l’article 1 de la loi de 1991
portant création de la Collectivité Territoriale de Corse, qui la
situe dans l’article 72 de la Constitution, pour la situer dans le
cadre d’un nouvel article 79, (à définir par voie de négociation,
entre les représentants du peuple Corse et le Gouvernement habilité
pour cela).
Les domaines pour lesquels le
Gouvernement aura été habilité à légiférer par ordonnance seraient :
-Dans le domaine
constitutionnel : la reconnaissance du peuple corse et d’une
citoyenneté corse, la modification de la carte administrative, la
coofficialité de la langue corse, la reconnaissance d’une
personnalité internationale limitée à ses domaines de compétences et
le transfert général des compétences législatives, l’état se
réservant des compétences d’attribution.
-l’adoption
de toutes mesures législatives et réglementaires en découlant mais
qui n’entrent pas dans le champ de la modification
constitutionnelle, par voie de cette même Ordonnance.
Puis
après conclusion des accords, la doter d’un statut constitutionnel
nouveau par la voie de la modification constitutionnelle dans les
domaines où cela s’avérera nécessaire.
1.2 CONTENU La finalité serait donc :
-De donner à la Corse le
statut d’entité territoriale distincte de la république mais
associée à elle.
-De lui donner une
personnalité internationale à même d’être prise en compte par les
instances européennes et mondiales afin de lui permettre de négocier
tous accords internationaux dans ces domaines.
-De reconnaître un
statut à la langue corse avec toutes les dispositions que cela
implique.
-De lui transférer
l’ensemble des compétences législatives nécessaires à la mise en
œuvre du projet. Ses compétences de principe seraient donc : D’une
part l’ensemble des domaines du tourisme, de l’environnement, du
sanitaire et social, du transport et de l’industrie, du commerce, de
l’éducation, de la culture, de la jeunesse et les sports, de
l’énergie, de l’urbanisme, (cela inclus également le transfert de
leur personnel et de leur statut, qui passerait du titre II au
titre III du statut de la fonction publique) ; Et d’autre part
l’ensemble du pouvoir fiscal (créer et lever l’impôt et les taxes,
définir souverainement son budget, mais dans les limites qu’impose
l’Union monétaire européenne).
-De constituer une
“citoyenneté corse ” distincte de la nationalité française, ouverte
aux natifs et à tous résidents de plus de 15 ans, et excluant par
définition les “ fonctionnaires de passages ” et les “ chasseurs de
primes ” et d’une manière générale l’ensemble des troupes armées
stationnées en Corse.
-La cohérence du projet
implique la suppression des Départements, le regroupement des
communes (niveau pievan) et une autorité de la CTC sur ces
collectivités locales subalternes.
2. LE CADRE FISCAL
2.1 Le principe est le transfert du
pouvoir législatif en la matière, et de la totalité des recettes
fiscales prélevées en Corse à la CTC collectivité unique
(suppression des départements et transferts à la CTC de leurs
compétences et ressources), y compris les “ loyers ou royalties ”
perçues par l’Etat à divers titres.
La
Corse ayant sa propre représentation à Bruxelles et au près des
instances internationales spécialisées dans les domaines relatifs au
projet, et l’essentiel des compétences ayant été transféré à la CTC
avec les personnels concernés, l’état central s’il désire toujours
entretenir une fonction publique d’état, et des forces armées ou de
police, doit le faire sur ses moyens et non sur les ressources
corses (le coût locatif des installations militaires maintenues par
la France sera évalué, et versé à la Corse).
2.2 Un ensemble de dispositions fiscales écologiques :
-
Impôt sur la pollution des entreprises, des exploitations et des
établissements et services publics polluants, et réduction
concomitante de l’impôt sur les sociétés
-
Détaxation des entreprises qui se spécialisent dans les activités
relatives à la protection, la réhabilitation de l’environnement, le
recyclage le retraitement et la recherche-développement liée à ces
activités.
-
Possibilité pour les entreprises de ce secteur de se domicilier en
corse.
-
Possibilité pour des banques de se domicilier également, si
parallèlement elles investissent par le biais de société en capital
risque, dans la création d’entreprises dans le secteur écologique.
-
Dans cette optique, il conviendrait également de favoriser
l’installation des instituts et sociétés parties prenantes de cette
démarche.
-
Système de d’allégement de la taxe foncière “bâti ” et d’habitation
en fonction d’investissements réalisés pour le passage à une source
d’énergie nouvelle, et concomitamment majoration passée un certain
délai pour ceux qui n’auront pas réalisé cet investissement dans les
délais légaux.
-
Majoration ou dégrèvement de la taxe foncière non bâti en fonction
de l’intégration ou non des propriétaires à la démarche écologique,
le tout en liaison avec la remise à jour des arrêtés MIOT.
-
Majoration des taxes sur les véhicules à proportion de leur
coefficient de pollution.
-
Adoption du système international des “ permis d’émission de CO2 ”
avec crédits supplémentaires pour reboisement.
2.3 Création d’un Fond de l’Environnement
Ce
Fond serait crée par versement du montant des taxes écologiques
ainsi collectées. Il aurait vocation à :
-
Favoriser la réhabilitation des sites ;
-
Racheter des terres afin : soit de reboisement, soit de
réinstallation d’exploitants (agriculteurs et ou éleveurs) sur la
base d’un contrat écologique ;
-
Développement d’une activité touristique écologique et identitaire,
sur la base de foyers ruraux et gîtes ruraux, auberges ;
-
Reboisement, réimplantation d’espèces, préservation de la
biodiversité ;
Formation, recherche et développement par le biais de l’Université,
et en liaison étroite avec les entreprises du secteur, l’Université
agissant en outre comme pépinière de ce type d’entreprises.
Il a
également pour mission de fonctionner comme une société de capital
risque à l’égard d’entreprises dont elle souhaite la création ou le
développement
2.4 Mise en place d’un service territorial d’aménagement du
territoire
Ce
service regrouperait le parc régional, et les parcs nationaux, les
différents services d’état (transférés à la Corse) ayant en charge
l’environnement, l’agriculture, l’eau et la forêt, la mer, l’hygiène
du milieu, et l’urbanisme. Il disposerait d’une dotation propre
résultant de l’impôt pollution, et de l’exploitation du domaine
Territorial (les domaines nationaux – armées ou ONF notamment- étant
restituer au Territoire).
Il
s’agirait d’une administration territoriale de terrain habilitée à
imposer d’autorité des mesures aux municipalités concernées, et de
s’y substituer en cas de carence constatée par le juge
administratif, ce qui implique donc un lien de subordination. Il
disposerait de la personnalité juridique l’autorisant à ester en
justice dans le cadre des expropriations des terres incultes,
l’obligation d’entretien des terrains etc.
3
LES ORIENTATIONS ECONOMIQUES ET POLITIQUES
L’économie doit être tout entière réorientée dans une optique
éco-culturelle intégrée, c’est à dire où chaque secteur épaule et
participe de l’autre.
3.1 Développement du secteur agro-sylvo-pastoral dans une optique de
préservation de la nature
Cela
signifie que ne doivent être favorisées que les activités
contribuant à l’équilibre naturel, les exploitations modernes
polluantes doivent être ou taxées ou transformées.
L’agroalimentaire de qualité et le produit identitaire biologique
sont les seuls créneaux économiques exportateurs à court terme, la
Corse en effet ne pourra jamais rivaliser avec les productions de
masse d’Espagne, Grèce ou Maroc, voir d’Europe de l’Est et de
Turquie en cas prévisible d’élargissement de l’Union.
Il
convient donc de favoriser l’agriculture bio, l’implantation de
cultures pour la “ banque verte ”, le développement de la culture
des essences méditerranéennes (parfumerie, herboristerie).
Ces
choix ne font cependant pas obstacle à des cultures plus
traditionnelles, mais elles doivent viser avant tout à la
consommation intérieure et privilégier les modes de production non
polluants.
Il
convient par contre de tourner le dos à l’agriculture spéculative
qui fonctionne par crise et subventions à la plantation et à
l’arrachage suivant les modes et les “ conseils très incitatifs ”
d’autorités lointaines.
3.2 Préservation du milieu marin
L’extra territorialisation de la Corse permet de lui donner les
moyens de mener une politique des pêches différentes, en effet du
fait de la richesse et de la propreté de ses eaux, l’ensemble du
périmètre maritime corse dans la limite des 200 milles devrait être
classé sanctuaire naturel marin pour la Méditerranée dont on connaît
l’état critique. (Il convient de rappeler qu’alors que la France a
identifié des zones de pêche très riches en poisson au large de la
Corse ces informations n’ont pas été communiquées aux pécheurs
corses mais seulement aux pécheurs de Sète, ainsi qu’aux italiens
parce que la France ne pouvait faire autrement sur ce dernier
point).
A
l’inverse le schéma nouveau limiterait aux seuls pécheurs
traditionnels corses la pêche dans ces eaux sanctuaires dans le
respect de quotas stricts établis par un organe scientifique
international indépendant.
3.3 Réorientation du Tourisme dans une optique similaire
Délimitation précise et bien localisée de l’activité touristique
dite de masse et développement d’un tourisme intégré à l’économie
éco-identitaire doit être la philosophie générale. Cela signifie :
-
intégration au site des installations ;
-
utilisation des matériaux traditionnels, mais en y intégrant les
méthodes modernes de recyclage et de production d’énergie,
utilisation de mobilier local et de produits de consommation
locaux ;
-
outre les gîtes ruraux, il convient également de développer les
activités de santé, de beauté et de remise en forme ;
- se
concentrer sur le tourisme de congrès, notamment écologiques, et sur
le tourisme “ animalier ”.
3.4 Création et développement d’un secteur secondaire spécifiquement
lié aux productions écologiques
Les
secteurs à privilégier sont :
- Le
conditionnement et la préparation des productions identitaires -et
ou- bio ;
- La
production des matériaux et équipements liés à l’activité
touristique dans l’optique précitée ;
-
L’élaboration de nouveaux procédés écologiques de fabrication,
nouveaux procédés de recyclage et traitement des déchets et de
traitement des eaux, nouveaux matériaux de constructions
écologiques, nouvelles sources d’énergie non polluantes et
renouvelables ;
-
L’élaboration d’un type architectural nouveau, synthèse de la
culture traditionnelle et des contraintes écologiques.
3.5 Choix d’une production énergétique non polluante
La
Corse épargnée par le nucléaire doit le prohiber définitivement. La
Corse serait donc totalement dénucléarisée.
Les
centrales au Fuel seront transformées en centrales au gaz et les
barrages, la géothermie, la biomasse et les éoliennes, développés.
Une
politique d’incitation fiscale devra amener l’habitat individuel à
s’équiper de systèmes de productions solaires (système de surtaxe
et, inversement, de crédit d’impôt).
Ces
Choix impliquent donc le transfert par l’état, des activités de
l’EDF en Corse à la CTC avec ses équipements et son personnel.
3.6 Redéploiement de l’appareil de formation des hommes.
L’ensemble du système éducatif doit être transféré à la CTC, pas
seulement l’investissement et l’entretien des locaux, mais également
les programmes et les hommes. (Seuls le contrôle des conditions de
recrutement et de la validation des diplômes devraient rester de
compétence d’état). Le système éducatif doit intégrer la notion
culturelle corse et la notion d’ouverture au monde que ne permet pas
la quintessence du jacobinisme qu’est le système éducatif français.
L’université, outre son rôle de formation généraliste des “ élites ”
et de réappropriation de la culture, doit redéployer ses moyens en
vue de former les hommes de ce pays en fonction des emplois appelés
à se créer.
Cette
mission ne peut être remplie que par une implication directe dans la
formation professionnelle, les entreprises, et les “ pépinières
d’entreprise ”. (Le Fond de l’environnement viendrait se
rajouter en financeur des formations, et en investisseurs dans les
nouvelles entreprises.). Elle doit donc s’investir :
-
dans la recherche et le développement en liaison étroite avec les
entreprises ;
-
dans la formation des cadres de ces sociétés à créer ;
-
dans la formation des techniciens de ces nouvelles entreprises.
Son
objectif in fine est de devenir un pôle de référence et un lieu de
rencontre de tous les acteurs de ces secteurs économiques. De la
même manière que la fiscalité doit être orientée dans une optique
visant à attirer les sociétés internationales qui investissent dans
ce secteur, les avantages fiscaux qui leurs seraient consentis
seraient subordonnés à leur participation aux programmes
universitaires.
Il
était une fois un soudard, Franc était son nom. Il avait repéré une
jolie petite nation dans son voisinage.
une esclave qui avait
récemment acquis sa liberté. Il lui avait fait des avances,
brutales, car il n’en connaissait pas d’autres, elle se refusa. Il
résolu de s’entendre avec son ancien maître ruiné, dont il acquit
l’ancien titre de propriété, caduc, pour solde de ses dettes.
L’ex-esclave rejeta la combine, en conséquence il la battit, la
viola, la déposséda de tous ses biens, et comme ses enfants
voulurent la défendre, il les massacra.
Vingt
années passèrent, mais les violences ne cessèrent jamais. Puis, le
soudard fut touché par la grâce et se converti au culte de la déesse
république, allant même jusqu’à se travestir, se promenant les seins
nus (factices comme tout le reste), il se faisait maintenant appeler
Marianne. C’est ainsi qu’il eut l’idée géniale de régulariser sa
situation. Il fit donc à sa victime l’insigne honneur de l’épouser,
mais comme les habitudes ont la vie dure, il ne lui demanda pas son
avis, et ceux qui soulevèrent ce vice de forme furent également
tués.
Les
violences reprirent de plus belle, et pour faire bonne mesure il
étendit ses viols libérateurs à l’Europe entière, par l’entremise
d’un de ses bâtards.
Le temps passa
encore, sa force avait décliné et un jour, des soudards descendant
de son bâtard, Adolf et Benito, lui firent subir les mêmes outrages.
En tira-t-il les leçons ? Au contraire à peine libéré par son oncle
Sam, il redoubla d’atrocité à l’égard de tous ceux qui restaient à
sa portée.
Et
ainsi, « l’union » continua. C’était une étrange union où il
décidait de tout, savait tout, faisait tout et n’écoutait rien. Mais
avec l’âge il décida qu’il fallait qu’on l’aime. Il lui fit donc don
de babioles sans jamais évidement se soucier si c’était ce qu’elle
voulait. D’ailleurs quand elle demandait quelque chose dont elle
avait vraiment besoin, c’est avec plaisir qu’il la lui refusait.
Mais comme quand on est rustre on le demeure !
il passait son temps à lui présenter les factures de ses
« cadeaux », criant à qui voulait l’entendre que son épouse lui
coûtait ceci et cela.
Et le bon
peuple de s’extasier des largesses de ce brave homme, et de
s’indigner de cette ingrate qui persistait à lui refuser son amour.
Elle
avait vu d’autres femmes, comme elle, s’enfuir, mais elle avait cru
que ce n’était pas pour elle, car elles étaient de couleur et de
religion différentes. Il lui avait fallu longtemps pour comprendre
que cela ne signifiait rien. Alors n’en pouvant plus, mobilisant ses
dernières forces, elle décida de s’en aller quoi qu’elle lui en
coûte.
Le
malheur de cette histoire est qu’il n’existe pas de juge aux
affaires matrimoniales entre les nations. Mais le divorce a
cependant un autre nom: INDEPENDANCE.
DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU
CITOYEN DE 1789
Art 2.
Le but de toute association politique est la conservation des droits
naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté,
la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.
DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1793
Art 9.
La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre
l’oppression de ceux qui gouvernent.
Art 11. Tout acte exercé contre un homme
hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire
et tyrannique : celui contre lequel on voudrait l’exécuter par la
violence a le droit de le repousser par la force.
Art 12. Ceux qui solliciteraient,
expédieraient, signeraient, exécuteraient ou feraient exécuter des
actes arbitraires, sont coupables et doivent être punis.
Art 33. La résistance à l’oppression est
la conséquence des autres droits de l’homme.
Art 34. Il y a oppression contre le corps
social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression
contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
Art 35. Quand le
gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le
peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des doits et
le plus indispensable des devoirs.
COMPLEMENT A LA DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME DE
1936
(Ligue des droits de l’homme)
Art 9. Toute
nation a des droits et des devoirs à l’égard des autres nations avec
lesquelles elle constitue l’Humanité…..
Art 10. Les droits de l’homme condamnent
la colonisation accompagnée de violence, de mépris, d’oppression
politique et économique. Ils n’autorisent qu’une collaboration
fraternelle poursuivie en vue du bien commun de l’humanité, dans le
respect de la dignité personnelle et de toutes les civilisations.
Art 11. Le droit à la vie implique
l’abolition de la guerre.
Art 12. Il n’est pas de circonstance où un
peuple soit excusable d’en provoquer un autre. Tous les différends
doivent être réglés soit par la conciliation, soit par l’arbitrage,
soit par une juridiction internationale dont les sentences doivent
être obligatoires. Tout Etat qui se soustrait à l’observation de
cette loi se met en dehors de la communauté internationale.
Art 13. Les nations forment entre elles
une société. Tout peuple attaqué a le droit d’appeler la
collectivité internationale à concourir à sa défense. Tous les
peuples ont le devoir de se porter au secours du droit violé.
PREAMBULE DE LA CONSTITUTION DE LA IVème
république, 27 octobre 1946
(Nota : Le préambule de la constitution du 4 octobre
1958 renvoie à la déclaration des droits, et au préambule de 1946)
In
fine… La France forme avec les peuples
d’outre-mer une Union fondée sur l’égalité des droits et des
devoirs, sans distinction de race ni de religion. L’union
française est composée de nations et de peuples qui mettent en
commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour
développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être
et assurer leur sécurité. Fidèle à sa mission traditionnelle, la
France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge, à la
liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement
leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé
sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal accès aux fonctions
publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et
libertés proclamées.
CONSTITUTION DU 4
OCTOBRE 1958 Titre XI Des collectivités territoriales
Art 72.
Les collectivités territoriales de la république sont les communes,
les départements, les T.O.M. Toute autre collectivité territoriale
est crée par la loi. Ces collectivités s’administrent librement par
des conseils élus et dans les conditions prévues par la loi. …
Art 73. Le régime législatif et
l’organisation administrative des D.O.M peuvent faire l’objet de
mesures d’adaptation nécessitées par leur situation particulière.
Art 74. Les T.O.M de la République ont une
organisation particulière tenant compte de leurs intérêts propres
dans l’ensemble des intérêts de la République. Cette organisation
est définie et modifiée par la loi après consultation de l’assemblée
territoriale intéressée.
SOURCES AUTRES
ETATS
DECLARATION DE
L’INDEPENDANCE DES ETATS-UNIS 4 JUILLET 1776
Lorsque dans le cours des évènements humains, il devient nécessaire
pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à
un autre et de prendre, parmi les
puissances de la terre, la place séparée et égale à laquelle les
lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le
respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes
qui le déterminent à la séparation.
Nous tenons
pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les
hommes sont crées égaux ; Ils sont doués par le Créateur de certains
droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la
liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis
par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane
du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de
gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de
la changer ou de l’abolir et d ‘établir un nouveau gouvernement, en
le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui
paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La
prudence enseigne à la vérité que les gouvernements établis depuis
longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et
passagères et l’expérience de tous les temps a montré, en effet, qu'
les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu’à
se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils
sont accoutumés. Mais lorsqu’une longue suite d’abus et
d’usurpations tendant invariablement au même but marque le dessein
de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est
de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de
nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.
SOURCES
INTERNATIONALES
PACTE
INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS.
16 DECEMBRE 1966
Article Premier. 1.Tous les peuples
ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils
déterminent librement leur statut politique et assurent librement
leur développement économique, social et culturel.
2.
Pour atteindre leurs fins, tous les peuples peuvent disposer
librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, sans
préjudice des obligations qui découlent de la coopération économique
internationale, fondée sur le principe de l’intérêt mutuel, et du
droit international. En aucun cas un peuple ne pourra être privé de
ses propres moyens de subsistance.
3.Les Etats parties au présent Pacte, y compris ceux qui ont la
responsabilité d’administrer des territoires non autonomes et des
territoires sous tutelle, sont tenus de faciliter la réalisation
du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et de respecter ce
droit, conformément aux dispositions de la Charte des Nations Unies.
PACTE INTERNATIONAL
RELATIF AUX DROITS CIVILS ET POLITIQUES. 16 DECEMBRE 1966
Article 1er.
idem
Article 2. 2.Les Etats parties au
présent Pacte s’engagent à prendre en accord avec leurs
procédures constitutionnelles et avec les dispositions su présent
Pacte, les arrangements devant permettre l’adoption de telles
mesures d’ordre législatif ou autre, propres à donner effet aux
droits reconnus dans le présent Pacte sui ne seraient pas déjà
en vigueur.
SOURCES EUROPEENNES
CONVENTION EUROPEENNE DE
SAUVEGARDE DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES FONDAMENTALES. Rome
4 novembre 1950
Art 14.La jouissance des droits et
libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée sans
distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la
couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes
autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à
une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre
situation.
ACTE FINAL DE LA CONFERENCE SUR LA SECURITE ET LA
COOPERATION EN EUROPE
Helsinki, 1er août 1975
VII. Respect des droits de l’homme et des libertés
fondamentales, y compris la liberté de pensée, de conscience, de
religion ou de conviction
Alinéa 4.Les états participants
sur le territoire desquels existent des minorités nationales
respectent le droit des personnes appartenant à ces minorités à
l’égalité devant la loi, leur donnent l’entière possibilité de jouir
effectivement des droits de l’homme et des libertés fondamentales
et, de cette manière, protègent leurs intérêts légitimes dans ce
domaine.
VIII. Egalité de
droits des peuples et droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
Les Etats participants
respectent l’égalité de droits des peuples et leur droit à disposer
d’eux-mêmes, en agissant à tout moment
conformément aux buts et aux principes de la Charte des Nations
Unies et aux normes pertinentes du droit international, y compris
celles qui ont trait à l’intégrité territoriale des Etats.
En
vertu du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur
droit à disposer d’eux-mêmes, tous les peuples ont toujours le
droit, en toute liberté, de déterminer, lorsqu’ils le désirent et
comme ils le désirent, leur statut politique interne et externe,
sans ingérence extérieure, et de poursuivre à leur gré leur
développement politique, économique, social et culturel.
Les Etats participants
réaffirment l’importance universelle du respect de l’exercice
effectif par les peuples de droits égaux et de leur droit à disposer
d’eux-mêmes, pour le développement de relations amicales entre
eux de même qu’entre tous les Etats ; ils rappellent également
l’importance de l’élimination de toute violation de ce principe,
quelque forme qu’elle prenne.
SOURCES « PAYS EN
VOIE DE DEVELOPPEMENT »
DECLARATION UNIVERSELLE DES
DROITS DES PEUPLES.
Alger, 4 juillet 1976
Préambule
Nous vivons des temps de grandes
espérances mais aussi de profondes inquiétudes :
-
des temps pleins de conflits et de contradictions ;
-
des temps où les luttes de libération ont soulevé les peuples du
monde contre les structures nationales et internationales de
l’impérialisme et sont parvenues à renverser des systèmes
coloniaux ;
-
des temps de luttes et de victoires où les nations se donnent, entre
elles ou à l’intérieur de chacune d’elles, de nouveaux idéaux de
justice ;
-
des temps où les résolutions de l’Assemblée générale des Nations
unies, de la Déclaration universelle des droits de l’homme à la
Charte des droits et des devoirs économiques des Etats, ont exprimé
la recherche d’un nouvel ordre politique et économique
international.
Mais
ce sont aussi des temps de frustrations et de défaites où de
nouvelles formes d’impérialisme apparaissent pour opprimer et
exploiter les peuples ? L’impérialisme, par des procédés perfides et
brutaux, avec la complicité de gouvernements souvent installés par
lui-même, continue à dominer une partie du monde. Par
l’intervention directe ou indirecte, par le biais des entreprises
multinationales, par l’utilisation de politiciens locaux corrompus,
par l’aide à des régimes militaires fondés sur la répression
policière, la torture et l’extermination physique des opposants, par
l’ensemble de pratiques auxquelles on a donné le nom de
néocolonialisme, l’impérialisme étend son emprise sur de nombreux
peuples.
Conscients d’interpréter les aspirations de notre époque, nous nous
sommes réunis à Alger pour proclamer que
tous les peuples du monde ont un droit égal à la liberté, le droit
de s’affranchir de toute ingérence étrangère et de se donner le
gouvernement de leur choix, le droit, s’ils sont asservis, de lutter
pour leur libération, le droit de bénéficier, dans leur lutte, de
l’assistance des autres peuples.
Persuadés que le respect effectif des droits de l’homme implique le
respect des droits des peuples, nous avons adopté la Déclaration
universelle des droits des peuples.
Que
tous ceux qui, à travers le monde, mènent le grand combat, parfois
les armes à la main, pour la libération de
tous les peuples, trouvent dans la présente Déclaration l’assurance
de la légitimité de leur lutte.
SECTION I. DROIT A L’EXISTENCE
Article 1er.
Tout peuple a droit à l’existence.
Art 2.Tout
peuple a droit au respect de son identité nationale et culturelle.
Art 3.Tout peuple a le droit de
conserver la possession paisible de son territoire et d’y
retourner en cas d’expulsion.
Art 4. Nul ne peut être, en raison de son
identité nationale ou culturelle, l’objet de massacre, torture,
persécution, déportation, expulsion, ou soumis à des conditions de
vie de nature à compromettre l’identité ou l’intégrité du peuple
auquel il appartient.
SECTION II. DROIT A L’AUTODETERMINATION POLITIQUE
Art 5.Tout
peuple a le droit imprescriptible e inaliénable à
l’autodétermination. Il détermine son statut politique en toute
liberté, sans aucune ingérence étrangère extérieure.
Art 6. Tout peuple a le droit de
s’affranchir de toute domination coloniale ou étrangère directe ou
indirecte et de tout régime raciste.
Art 7. Tout peuple a droit à un régime
démocratique, représentant l’ensemble des citoyens sans distinction
de race, de sexe, de croyance, ou de couleur, et capable d’assurer
le respect effectif des droits de l’homme et des libertés
fondamentales pour tous.
SECTION III. DROITS ECONOMIQUES DES PEUPLES
Art 8.
Tout peuple a droit exclusif sur ses richesses et ses ressources
naturelles. Il a le droit de les récupérer s’il en a été spolié,
ainsi que de recouvrer les indemnisations injustement payées.
Art 9. Le progrès scientifique et
technique faisant partie du patrimoine commun de l’humanité, tout
peuple a le droit d’y participer.
Art 10. Tout peuple a droit à ce que son
travail soit justement évalué et à ce que les échanges
internationaux se fassent à des conditions égales et équitables.
Art 11. Tout peuple a le droit de se
donner le système économique et social de son choix et de poursuivre
sa propre voie dans le développement économique en toute liberté et
sans ingérence extérieure.
Art 12. Les droits économiques ci-dessus
énoncés doivent s’exercer dans un esprit de solidarité entre les
peuples du monde et en tenant compte de leurs intérêts respectifs.
SECTION
IV. DROIT A LA CULTURE
Art 13.Tout peuple a le droit de parler sa langue,
de préserver, de développer sa culture, contribuant ainsi à
l’enrichissement de la culture de l’humanité.
Art 14. Tout peuple a droit à ses
richesses artistiques, historiques et culturelles.
Art 15.Tout peuple a le droit de ne
pas se voir imposer une culture qui lui soit étrangère.
SECTION V. DROIT A L’ENVIRONNEMENT ET AUX
RESSOURCES COMMUNES
Art 16.Tout peuple a droit à la conservation, à la protection et à
l’amélioration de son environnement.
Art 17. Tout peuple a droit à
l’utilisation du patrimoine commun de l’humanité tel que la haute
mer, les fonds des mers, l’espace extra atmosphérique.
Art 18. Dans l’exercice des droits qui
précédent, tout peuple doit tenir compte de la nécessité de
coordonner les exigences de son développement économique et celles
de la solidarité antre tous les peuples du monde.
SECTION VI. DROIT DES MINORITES
Art 19.Lorsqu’un peuple constitue une minorité au
sein d’un Etat, il a droit au respect de son identité, de ses
traditions, de sa langue et de son patrimoine culturel.
Art 20. Les membres de la minorité doivent
jouir sans discrimination, des même droits que les autres
ressortissants de l’Etat, et participer avec eux à la vie publique,
à égalité.
Art 21. L’exercice de ces droits doit se
faire dans le respect des intérêts légitimes de la communauté prise
dans son ensemble et ne saurait autoriser une atteinte à l’intégrité
territoriale et à l’unité politique de l’Etat, dès lors que celui-ci
se conduit conformément à tous les principes énoncés dans la
présente déclaration.
SECTION VII. GARANTIES ET SANCTIONS
Art 22.
Tout manquement aux dispositions de la présente déclaration
constitue une transgression d’obligation envers la communauté
internationale tout entière.
Art 23. Tout préjudice résultant d’un
manquement à la présente déclaration doit être intégralement réparé
par celui qui l’a causé.
Art 24.Tout enrichissement au
détriment d’un peuple en violation des dispositions de la présente
déclaration doit donner lieu à restitution des profits ainsi
obtenus. Il en est de même de tous les profits excessifs
réalisés par des investissements d’origine étrangère.
Art 25.Tous traités, accords ou
contrats inégaux, passés au mépris des droits fondamentaux des
peuples, ne sauraient produire aucun effet.
Art 26. Les charges financières
extérieures devenues excessives et insupportables pour les peuples
cessent d’êtres exigibles.
Art 27. Les atteintes les plus graves aux
droits fondamentaux des peuples, notamment à leur droit à
l’existence, constituent des crimes internationaux, entraînant la
responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs.
Art 28.Tout
peuple dont les droits fondamentaux sont gravement méconnus, a le
droit de les faire valoir, notamment par la lutte politique ou
syndicale, et même, en dernière instance, par le recours à la force.
Art 29. Les mouvements de libération
doivent avoir accès aux organisations internationales, et leurs
combattants ont droit à la protection du droit humanitaire de la
guerre.
Art 30.Le rétablissement des droits
fondamentaux d’un peuple, lorsqu’ils sont gravement méconnus, est un
devoir qui s’impose à tous les membres de la communauté
internationale
Au fil des
années, nous avons largement montré que notre combat est d’abord
celui de nos compatriotes qui luttent pour préserver notre langue et
notre culture, qui militent au quotidien pour le droit de vivre
décemment chez eux, en Corse.
Nous avons
toujours désigné et agit contre notre adversaire : l’état français,
parisien et négateur des peuples, et son système ; nous n’avons pas
été de ceux qui prétendaient qu’il suffit de changer de drapeau pour
que les homes et les femmes corses soient enfin libres au plan
individuel et collectif et, s’il est vrai que nous nous rangions
dans le camp indépendantiste, nous n’avons jamais situé le débat
nécessaire sur ce seul terrain.
L’INDEPENDANCE
EST NECESSAIRE :
Si on admet que
la Corse existe comme peuple et nation distincte, il est alors
parfaitement légitime que l’on lutte pour sa souveraineté à l’instar
de nombreux autres peuples du monde qui ont su préserver ou obtenir
leur indépendance grâce aux luttes de libération nationale. Le fait
d’être Corses et reconnus comme tels ne peut nous priver des droits
de rébellion dans la mesure ou, comme le prétend Paris, nous ne
sommes pas seulement des « français » vivants dans un espace
géographique « français » appelé Corse.
Est-il
nécessaire de rappeler que nous avons déjà connu l’indépendance et
qu’elle nous fut confisquée par défaite militaire ; quoi qu’on fasse
et qu’on dise, deux siècles d’élucubrations relatives à ce sujet ne
changeront rien à cette vérité historique.
L’INDEPENDANCE EST
REALISTE :
Sur le plan
économique, il n’est contestable par personne que la Corse possède
les atouts d’un pays capable de se gérer en toute indépendance.
Sa taille à
échelle humaine, sa situation géographique aux limites du Nord et du
Sud, son climat, ses façades maritimes, son potentiel agricole, son
peuple … sont autant d’éléments d’un ensemble qui est le fruit d’un
enracinement séculaire aujourd’hui anémiés. Tous ces secteurs
peuvent s’allier par une action coordonnée et produire fruits et
dynamisme.
Le réalisme ne
consiste pas à dire « La Corse ne peut pas s’en sortir sans la
France » sans jamais préciser pourquoi ; allons nous persévérer dans
la justification de la situation de dépendance actuelle qui fait de
nous des « périphériques », excentrés d’un état centralisé qui
depuis deux siècles se fiche de notre développement, de nos
problèmes, de nous ?
En réalité, le
fameux « problème Corse », si les mots et les actes s’étaient
depuis deux siècles accordés, n’aurait jamais du exister ; ce sont
les décisions ou plutôt les indécisions d’une politique constante,
qui expliquent l’existence de ce véritable « problème français » en
Corse.
L’INDEPENDANCE EST POSSIBLE
Alors que
d’aucuns considérant encore que l’accès à l’indépendance est une
chimère propre à occuper les fins de banquets, jamais l’histoire ne
nous a mis ce plat si près, à portée de la main.
Depuis la
décolonisation et jusqu’aux récents événements en Europe, tout
montre que rien n’est jamais définitif et que les chapes de plomb
des empires les plus totalitaires finissent toujours par céder ?
Ce mouvement
historique, qui rappelle curieusement une autre fin de siècle, le
19è, touche de nos jours des peuples encore plus proches de nous ;
ce sont les Basques qui réclament ouvertement une autodétermination,
les Ecossais qui arrachent un parlement doté de réels pouvoirs, les
Catalans qui s’affirment ouvertement souverains, les Irlandais du
Nord en passe d’éliminer l’obstacle britannique…
Les Corses, et
c’est la seule question qui résulte ce de qui précède, ont-ils
intérêt à ne pas saisir cette opportunité historique qui s’offre à
eux ?
L’INDEPENDANCE
EST NECESSAIRE :
Changer de
cadre institutionnel en passant du statut de collectivité
territoriale à deux départements et trois préfets, à celui de pays
indépendant doté de son propre gouvernement désigné par le peuple,
ne suffit pas en soi à modifier la réalité sous-économique et le
quotidien des Corses.
L’abrogation du
chômage, la fin des injustices sociales ne se décrètent pas plus
qu’un réveil culturel …
Reste qu’il est
toujours plus efficace de décider chez soi des mesures à prendre
dans tous les domaines au lieu d’attendre que Paris veuille
condescendre à y prêter de temps en temps une oreille régulièrement
inattentive.
La raison
principale tient dans le fait que nous n’avons pas, quoi qu’en dise
la kyrielle des prophètes de mauvais augures dont regorge cette île,
les mêmes intérêts et qu’ils sont même souvent contradictoires.
L’émigration
des jeunes, les bas salaires, la disparition de nos agriculteurs et
bientôt de nos pêcheurs, l’option du tout tourisme … sont autant de
« désastres » actuels ou à venir qui peuvent ou auraient pu être
évités, n’étant pas inéluctables, ils ne sont que la conséquence de
choix politiques servant les intérêts de l’état, de ses relais
locaux, qui ne sont pas forcément identiques à ceux du peuple corse.
C’est
l’indépendance, et elle seule, qui nous permettrait de défendre
nous-mêmes les intérêts de la Corse dans les instances européennes
ou internationales au lieu de les confier à des ministres qui, en
toutes circonstances, ne servent que « l’intérêt supérieur » de la
France.
Chacun sait
comment notre potentiel économique est bradé sur l’autel de «
l’intérêt commun « à Bruxelles et ailleurs alors que les peuples
qui disposent de représentants pour les défendre obtiennent
régulièrement des régimes spéciaux et des dérogations à la place des
trop fameuses « normes européennes » que nous subissons de plein
fouet.
Ce qui est vrai
au plan économique c’est tout autant dans le cadre du travail, la
défense du littoral, du patrimoine naturel, l’aménagement du
territoire, les politiques culturelle et linguistique…
Allons nous
longtemps pleurnicher pour un statut officialisant notre langue ou
pour la ratification d’une charte européenne ?
CE
QUE N’EST PAS L’INDEPENDANCE :
L’indépendance
n’est pas l’autonomie car cette notion, en politique, a perdu son
sens originel et demeure liée à une situation de dépendance qui
maintient un peuple sous la domination quasi exclusive d’un état qui
le prive de l’essentiel : la liberté.
Ainsi, la Corse
autonome dotée de quelques droits internes, est un leurre car la
France n’est pas historiquement une communauté de peuples qui ont
librement consentis à se regrouper dans une fédération… C’est même
tout le contraire car l’hexagone n’est que le fruit de conquêtes et
d’intrigues issu d’un système monarchique fondamentalement négateur
des peuples soumis.
L’autonomie ne
peut, et ne doit et ne peut être qu’une étape transitoire qui
accompagne un peuple dans sa marche vers l’indépendance ; si elle
peut être bonne à prendre, elle ne peut en rien constituer un
objectif à terme.
L’indépendance
n’est pas l’autarcie ; la Corse, pays méditerranéen, à toujours été
suffisamment ouverte sur le monde pour refuser de se replier sur
elle-même … On peut même dire que les seules parcelles de prospérité
qu’elle a connu sont dues aux échanges humains qu’elle a toujours eu
avec « l’extérieur ».
C’est
l’indépendance qui nous permettrait d’accroître des relations
culturelles et économiques, politiques, dans les quatre orientations
cardinales alors que la dépendance nous enferme dans des relations
presque exclusivement tournées vers la France et toujours
supervisées par Paris.
L’INDEPENDANCE
DANS L’EUROPE DES PEUPLES :
L’indépendance
et elle seule, peut conférer à la Corse et à son peuple un cadre
juridique et politique reconnu au plan international. L’Europe que
nous voulons n’est pas celle qui se construit car son projet ne nous
a pas été soumis en tant que peuple ; l’Europe ne pourra nous être
bénéfique que dans la mesure où notre existence aura été reconnue
comme peuple décidant librement de s’associer, de coopérer et
d’échanger ou non avec d’autres au plan international.
L’INDEPENDANCE
AVEC LE PEUPLE CORSE :
L’indépendance
ne saurait être déclarée par une poignée d’individus qui se seraient
autoproclamés dirigeants de leur peuple sans le consentement de ce
dernier.
Elle doit être,
au contraire, le fruit d’une prise de conscience profonde car elle
n’est pas une fin en soi, mais un objectif politique dans un projet
de libération individuelle et collective.
Elle ne peut
être définie au préalable dans son contenu réel dans la mesure où ce
n’est pas à un groupe de décider à la place d’un peuple.
Cependant,
c’est bien la vocation d’un mouvement tel que le nôtre de faire des
propositions qui lui semblent justes et d’appeler tous ceux qui les
partagent à se rassembler, à le rejoindre afin que chacune et chacun
puisse se déterminer en toute liberté, afin que notre projet
devienne celui de tout notre peuple.
DOMINIQUE CARLOTTI, victime de la répression Administrative de Bonnet et
consœur
LES SANCTIONS A L’ENCONTRE DES SALARIES STC DRASS/DDASS SUITE AUX
INCIDENTS PROVOQUES DU 19 NOVEMBRE 1998 DANS LE CONTEXTE DE
STRATEGIE DE LA TENTATION ET DE RACISME ANTICORSE MENE PAR LA FRANCE
Le
STC a participé aux précédentes élections des Commissions Techniques
Paritaires de 1995, et à ce titre la section STC jouissait de
chèques syndicaux et d’un 1/5em de temps. Quelques semaines
auparavant dans ce même type de consultation, le STC avait pu se
présenter, et avec de très bons résultats, aux élections de
l’Equipement. Quelques mois plus tard, il en fut de même à l’ONF.
La candidature du
STC aux élections départementales et régionales a été déposée dans
les temps.
Le 3 septembre
1998, jour de clôture des inscriptions, la DAGPB informait par
télécopie, l’union STC de son refus de le laisser prendre part à ce
scrutin. L’argumentation était, d’une part « qu’un syndicat
représentatif de tous les travailleurs n’est pas un syndicat
représentant les fonctionnaires », d’autre part se fondant sur
un arrêt du Tribunal Administratif de Paris concernant l’annulation
d’une élection à la Commission Administrative Paritaire Nationale
des Agents Sanitaires en 1997, où le STC associé à un syndicat
guadeloupéen s’était présenté.
Cette annulation
d’élection concernait donc un scrutin national et non local ; En
outre le syndicat guadeloupéen en question a lui été admis à
participer au scrutin du 19 novembre.
Il convient
également de rappeler qu’à quelques jours d’intervalle le STC a été
admis à se présenter aux élections similaires de la DDE, élections
qu’il a remportées, sans que ces arguties lui aient été objectées.
Point de détail
intriguant, la lettre était signée d’un simple chef de bureau d’un
service administratif, s’agissant d’une décision sensible
susceptible de générer un trouble à l’ordre public. Quiconque
connaît le mode de fonctionnement interne de la haute administration
sait qu’une telle décision ne se prend qu’en Cabinet ! Renvoyez la
signature à un obscure sans grade était-il un moyen de se protéger
par avance, au cas ou
A compter de ce
refus, et pendant que l’union STC effectuait les démarches
politiques en vu du retrait de cette décision politique,
auprès de la direction de la DSS et du Préfet Bonnet (à noter que
ces 2 hauts fonctionnaires ont déclaré qu’il s’agissait d’une erreur
qui serait vite réglée), la section STC DRASS/DDASS a demandé aux
sections des autres syndicats avec qui elle avait mené les
précédents conflits, de refuser de participer à un scrutin d’où une
organisation représentative était exclue. Certains syndicats prirent
la lourde responsabilité de refuser d’être solidaires.
Cet appel à la
solidarité syndicale a été réitéré, notamment à l’occasion d’une
réunion d’où le STC se trouvait exclue, rappelant que la solidarité
ne se divisait pas et qu’on ne pouvait demander au STC de participer
aux intersyndicales et le laisser seul ensuite quand il était
attaqué.
Cet appel à l’unité
syndicale a été qualifié de « pression » sur les personnels
et les syndicats, par la direction et la section F.O (en désaccord
avec son U.D).
Concernant les
votes par correspondance, M Cecchi n’étant pas à un travestissement
près, présenta la polémique sur la prolifération des votes par
correspondance comme résultant de l’action du STC, alors qu’il
s’agissait d’une mesure « contre-feu » direction – section FO pour
contourner l’appel à l’abstention des employés lancé par le STC (A
noter la protestation de la CGT contre ces mêmes pratiques).
Point important,
depuis quelques mois et bien qu’il n’y ait eu jamais la moindre
menace, toutes les inspections diligentées par le tandem
Bonnet-Cecchi étaient accompagnées d’hommes en arme (le trop fameux
GPS), le DRASS lui-même se faisant constamment accompagner de 3
gardes du corps. Ce cinéma s’ajoutait à une bunkerisation des locaux
datant déjà de plusieurs mois (portes fermées à clés, ordres de
garder fermés les volets des bureaux donnant sur la rue). Ce
comportement d’assiégé faisait sourire à l’époque, et était mis sur
le compte de la paranoïa de Cecchi qui n’avait rien à envier à celle
de Bonnet. Mais n’était-ce pas plutôt une mise en scène pour
justifier à posteriori les évènements qui survinrent ?
Le jour du
scrutin l’U.D STC est venu dans les locaux pour s’emparer des urnes,
tout comme elle l’a fait à la DDASS de Haute Corse où tout s’est
passé sans violence.
Mais à Ajaccio
M.Cecchi avait décidé de demeurer en permanence dans le bureau
électoral (chose des plus inhabituelle) avec ses gardes du corps et
la police dans la rue à quelques dizaines de mètres (chose encore
plus surprenante), multipliant les appels au calme pour un scrutin
sans autre problème que sa propre excitation. La section s’est
mobilisée pacifiquement comme elle l’avait annoncé par tract.
Quand la délégation
de l’U.D STC est entrée et a fait le geste de s’emparer des urnes,
c’est M Cecchi qui s’est jeté sur le secrétaire général et a fait
mine d’être bousculé, et c’est les gardes du corps qui les ont jetés
tous les deux au sol, les blessants tous les deux, les autres
membres de l’union STC s’étant ensuite jetés dans la mêlée pour
libérer leur secrétaire général. Ce que l’on apprit que beaucoup
plus tard, c’est qu’au moment de l’altercation un des gendarmes du
GPS a jeté un paquet au sol.
Après évacuation
des locaux (car l’altercation a duré moins d’une minute) on
s’empressa d’appeler le service de déminage pour identifier ledit
paquet (paquet qui s’avéra contenir des revues et un pistolet
Beretta avec 2 chargeurs), il est évident que cette arme ne
pouvait avoir été perdue que par les syndicalistes, il s’agissait
donc d’une agression avec arme etc. Mais problème !
un témoin totalement étranger au STC avait vu le pandore jeter
le paquet et l’identifiât comme tel. Le super gendarme donna alors
l’explication qu’il s’était débarrassé de son arme avant de
plonger ! Etrange, que ne l’a t il pas dit dès la découverte du
paquet ? L’affaire fit l’objet d’un P.V de police, et très
consciencieusement oublié.
Faute d’une attaque
à mains armées, l’administration se rabattit sur les coups et
blessures. A la suite de cet incident il fut donc colporter par les
journalistes, sans vérification de leur part, (la source étant
préfectorale elle vaut parole d’évangile) que le DRASS avait été
blessé et qu’il avait fait l’objet d’une IPP de 10 jours de M.
Cecchi. Pourquoi cet empressement ? Parce qu’avec une IPP égale ou
supérieure à 10 jours, la justice préfectorale pouvait déposer
plainte pour coups et blessures.
Mais le médecin
expert, malgré les pressions du Préfet présent à l’examen médical
(autre comportement surprenant), avait refusé un tel arrêt, à juste
titre puisque le « blessé » avait continué à vaquer à ses
occupations, consistants à faire le porte à porte, le sourire aux
lèvres, pour amener les agents à revenir voter.
Suite à ces
incidents le secrétaire général fut arrêté et condamné à 2 mois de
prison ferme, 6 avec sursis et un an de privation des droits
civiques.
La section STC au
grand complet fut suspendue de ses fonctions (6 agents de catégorie
C et un cadre A).
A aucun moment la
section n’est entrée dans le bureau de vote, ni n’a entravé le
scrutin, pas même en empêchant qui que ce soit de passer, ni
participer aux incidents. Le procès pénal l’a démontré, et la
procédure disciplinaire est tenue de ces faits, ce qui n’a pas
empêché la DAGPB de maintenir la suspension pour enfin donner un
avertissement aux membres de la section STC de catégorie C sur la
base de la participation à ces incidents.
Le cadre A,
inspecteur des affaires sanitaires et sociales demeura suspendu et
reçu une lettre l’informant qu’une procédure de révocation était
entamée à son encontre sur ce même motif.
La procédure devant
le conseil de discipline du Ministère de l’Emploi et la Solidarité
fut menée avec une rapidité suspecte, au point que la convocation
parvenait à l’intéressé plusieurs jours après la tenue de la séance.
Faute de Quorum (les syndicats refusèrent de siéger) le premier
conseil fut reporté. Le délai le plus court fut évidement choisi par
le Ministère pour la session suivante.
Le 8 décembre, la
DNAT vint embarquer, à l’heure du laitier, le cadre suspect, pour 30
heures d’interrogatoires. Un écrivain parisien, critique dans le
monde littéraire, militant de la ligue des droits de l’homme et de
la LCR (d’origine corse, c’est son crime) avait eu le malheur de lui
téléphoner pour lui demander « qu’est ce que je peux faire pour
toi ? », il fut également embarqué. Motif : « affaire connexeà l’assassinat du Préfet Erignac ». Comme l’a exposé la
Fédération internationale des droits de l’homme dans son rapport,
c’est par cette astuce que la 14ème section rafle de
simples citoyens par centaines, et par familles entières (en Corse
ou dans l’affaire Chalabi) les femmes en charge d’enfants en bas
–âge ou les vieillards malades servant d’otage pour faire pression
sur le « suspect »..
Dans les deux
cas, la DNAT fit preuve de modération (ce qui ne fut pas toujours le
cas), et même d’une certaine gène, (la gène d'une personne qui sait
qu’elle perd son temps mais qui ne peut faire autrement parce
qu'elle a des ordres ?) et finit par classer sans suite.
Le responsable
Interco-CFDT de Paris essaya de négocier avec la Direction du
Personnel et du Budget (DAGPB), à l’initiative « officiellement »
de la sanction ; Il lui fut répondu que l’individu était un « dangereux
terroriste », « c’est le Ministre en personne qui me l’a dit »,
dixit M. Lannelongue DAGPB.
Lors de la
deuxième séance du conseil de discipline, les représentants CFDT ne
siégèrent pas ; Ils en avaient reçu l’ordre de Nicole Nota 24 heures
auparavant. La séance dura 2h30, elle tourna au procès en hérésie.
Il n’y a pas lieu
de motivé une mesure de suspension, mais l’ayant motivé, le
Ministère aurait dû s’en tenir à sa motivation, c’est ce qui résulte
d’une Jurisprudence constante du Conseil d’Etat, mais se rendant
bien compte du vide juridique, il argumenta d’un inventaire de « fautes
professionnelles » digne de Prévert, argumentation qui fut
démontée en 30 minutes, et il fut donné acte qu’il ne s’agissait que
de broutilles.
les
deux heures restantes furent consacrées au délit d’opinion
représenté par le contenu des tracts syndicaux, dénonçant le racisme
anticorse développé par le Ministère de l’Emploi et la Solidarité,
et les comportements d’un préfet qui s’illustra de la manière que
l’on sait (mais une certaine intelligentsia voudrait faire croire
que cela s’est limité aux « paillotes »), et à la « présomption
de culpabilité » dans l’agression contre le DRASS.
Grâce à ce procès
uniquement politique, il est intéressant d’apprendre que dorénavant
on n’a plus le droit de parler de « colonialisme » s’agissant
de la politique française, ni remettre en cause le jacobinisme,
« un fonctionnaire ne peut remettre en cause les principes
jacobins et rester fonctionnaire » fin de citation ! Et
puisque, souligna l’avocat du syndicat et de la Ligue des droits de
l’homme, ce sont là les bases mêmes sur lesquelles est fondé le STC,
syndicat reconnu, la réponse fut : « il convient
d’envisager son interdiction ». Il fut également reproché à
l’agent sa rédaction d’un « projet de constitution de la Corse
indépendante », c’est sans doute là qu’il faut trouver l’origine
du qualificatif de « dangereux terroriste ».
A la suite de
cette procédure il fut prononcer par le Ministre une sanction de
mutation d’office à Lyon, reprenant les pseudo fautes (pourtant
écartées dans les débats et le délibéré comme étant des broutilles),
la culpabilité dans l’agression (en contradiction avec les faits
constatés par le juge du pénal), et le « manquement à
l’obligation de réserve » (c’est à dire le fourre tout qui
permet de condamner n’importe qui considéré comme non politiquement
correct, en l’espèce être nationaliste corse anticolonialiste et
antijacobin).
L’agent, pour des
raisons familiales et de conscience, a refusé cette mutation. Il a
obtenu le principe d’un détachement dans les services sociaux du
département de Corse du sud, chose fréquente dans ce ministère et ce
corps, solution d’ailleurs suggérée à l’origine par le DAGPB
lui-même.
Le Préfet Bonnet
fit pression pour faire échouer cette solution. En conséquence ce
fonctionnaire à l’issu de cette procédure se trouvait en situation
de chômeur en fin de droit pour avoir cru que dans la république
autoproclamée des droits de l’homme on demeurait libre de ses idées
dès lors qu’on faisait honnêtement son travail.
En juin 1998, le
Tribunal Administratif de Bastia a annulé toute la procédure pour
illégalité et condamné l’Etat à verser 5000 FF d’indemnité aux
agents. Mais cette décision ne concerne que les 6 agents de
catégorie C restés en Corse. Le dernier ayant été muté à Lyon, le TA
de Bastia a été dessaisi au profit du TA de Lyon. Le TA de Lyon
conclura t-il différemment de son homologue de Bastia sur la même
affaire, c’est en tout cas le but recherché par l’administration.
Ce cas illustre le
caractère froid et totalitaire du système bureaucratique français,
justifiant a posteriori le contenu des tracts incriminés ; Malheur à
celui qui attire l’attention de la bête.
Au-delà du cas, il
convient cependant de resituer toute l’affaire dans le contexte
général de la Corse sous le proconsulat de Bonnet. Il n’est pas
resté 17 mois avec pour seul objectif d’incendier des paillotes.
Nous savons
aujourd’hui que, loin de rétablir un hypothétique « état de droit »,
l’objectif était de provoquer des incidents, sanglants si possible,
pour justifier un accroissement de la répression et le recours à des
méthodes encore plus musclées, technique connue sous le nom de « stratégie
de la tension ».
Avant d’en venir à
« l’aria marina »
et « chez Francis » d’autres méthodes plus subtiles ont été
mises en œuvre.
On ne peut exclure
que les inutiles brutalités contre des femmes et des personnes âgées
lors d’arrestations ait fait partie de cet objectif.
Ces provocations
ayant rencontrées l’atonie générale d’une population apeurée, une
autre méthode fut de heurter de front le STC en espérant des
débordements, c’est dans cette optique qu’il convient de
reconsidérer le recours à l’armée pour briser la grève générale
après l’arrestation du secrétaire général.
Mais pour mettre en
œuvre cette provocation, il fallait un montage juridique. En clair
une administration centrale, et un directeur des services
déconcentrés qui accepterait de prendre une décision ayant pour
objectif de mettre le feu aux poudres. Les trois éléments furent
réunis avec :
-
L’équipe Bonnet-Pardini-GPS avec les intentions que
l’on sait ;
-
Le DRASS Cecchi, directeur incompétent, méprisé par
ses collègues, et en disgrâce au ministère en raison de plaintes
nombreuses qui se sont traduites par des demandes de détachement et
de mutations répétées de ses cadres, et qui ne pouvait espérer une
mutation promotion qu’en créant un incident justifiant cette
mutation. Il fallait un Directeur particulièrement extrémiste ou
désespéré pour se livrer à une telle opération. C’est ainsi que cet
individu est devenu Inspecteur Général (IGAS) alors que ce corps s’y
est opposé pendant des années ;
-
Un directeur d’administration centrale, DAGPB,
Christophe Lannelongue, ancien de la DST, fier de ses états de
services contre « action
directe », et faisant étalage sans pudeur ni
« obligation de réserve » de son rôle de commissaire politique
de son « chef », Mme Aubry. Ce n’est qu’avec un relais
ministériel que pouvait être mis en œuvre une « décision »
génératrice de tension (la lettre ministérielle du 3 septembre
1998).
Ces éléments
étant réunis, ne restait plus que la mise en scène. L’échec ne vient
pas du provocateur, qui voulait clairement que le sang coule pour
justifier le maintien de plus en plus contestée d’une politique de
répression à outrance ; mais de l’attitude des provoqués. La
désunion persistante des mouvements nationalistes alliée à
l’inconsistance de la direction provisoire du STC (en l’absence de
son Secrétaire général embastillé) a fait capoter la provocation par
sa propre incapacité d’analyse et de réaction.
L’état français et
ses relais médiatiques, à force de présenter le mouvement national
corse comme des groupes mafieux ou brigadistes, des terroristes
etc., a fini par croire à sa propre propagande. Il s’est comporté à
l’égard de la mouvance nationaliste comme si elle était ce qu’il
prétendait qu’elle fut. Ces groupes n’ont pas réagi comme l’état s’y
attendait parce que justement ils ne l’étaient pas. Au grand
déplaisir de Bonnet le sang ne coula pas, il fallut donc inventer
d’autres mises en scènes, de ce constat fut probablement envisagé,
parmi beaucoup d’autres, le scénario des « paillotes » et le
tract « Ferraudbalance des flics ».
Reste l’agent de la
DRASS écrasé au passage pour les besoins de la démonstration. Muté à
compter du 1er mars 1999, il a été mis en arrêt de
maladie ordinaire à compter du 1er avril 1999 par le
médecin psychiatre de son secteur, par ailleurs médecin spécialiste
agrée. On aurait pu croire que suite à l’affaire des paillotes, puis
au changement de stratégie de Jospin, la chasse aux sorcières
connaîtrait une pause. il
n’en est rien. Les chasseurs de corses sont toujours en place,
d’autres continuent d’arriver, et la tendance est plutôt à
l’accélération des procédures pour couper le plus de têtes possibles
avant la réception des ordres contraires.
Cependant, 2
contrôles ont été effectués, les 16.08 et 29.10.1999, par un médecin
des Alpes Maritimes désigné par la DRASS de Lyon et précédemment par
la DSS de Corse ; Au vu de ses rapports, le Comité Médical du Rhône
du 2.12.1999, a conclu à un Avis de reprise de l’agent.
Il convient de
souligner l’illégalité de la désignation de cet expert, car aux
termes de l’article 6 du Décret 86.442 du 14 mars 1986 relatif à la
désignation des médecins agrées… le comité médical doit désigner un
expert dans le département où réside le malade, et c’est seulement
« s’il ne trouve pas dans le département un ou plusieurs
spécialistes agrées dont le concours est nécessaire… » qu’il
peut choisir des experts ailleurs, mais il existe plusieurs médecins
agrées en Corse du sud.
Ainsi en diverses occasions la DSS de Corse, suivie par la DRASS
Rhône-Alpes, ont violé cette disposition réglementaire, aussi un
Recours en Excès de Pouvoir contre l’état, une plainte devant le
Conseil de l’Ordre des Médecins de Corse du sud à l’encontre de ce
médecin, et un Appel devant le Comité Médical Supérieur ont été
entamé. D’autres médecins de Corse envisagent également une plainte
à l’égard de cet « expert » exerçant illégalement ses fonctions.
Cette illégalité, après bien d’autres, ne fait en définitive que
confirmer ce qui avait été dénoncé dans les tracts syndicaux
incriminés : Quand le « droit commun » peut servir à écraser
les Corses, il faut s’y conformer à la lettre, mais quand ce même « droit
commun » peut les protéger, l’état s’assoit dessus.
En effet, suite à
cet avis, la DRASS Rhône-Alpes a pris une décision de reprise de
fonction et a sommé le 14.12.1999, l’agent de reprendre son service
à compter du 20.12.1999, faute de quoi, il serait constaté
« l’abandon de poste ». Parallèlement, par lettre en date du
24.12.1999, il a été signifié à notre adhèrent qu’il n’est plus
rémunéré à compter du 1.1.2000, et que le Ministère est saisi pour
suite à donner, c’est à dire une nouvelle procédure disciplinaire de
révocation sera de nouveau entamé sur la base de « l’abandon de
poste ».
Il ne faudrait pas
croire que cette affaire est isolée ; Un simple cas social ou
incident de parcours imputable aux trop connues incohérences
administratives. Elle s’inscrit :
-
D’une part, dans une « stratégie de la tension »
déjà explicitée plus haut, menée par Chevènement-Bonnet, ce cas en
fait partie, tout comme les paillotes, les rafles de la DNAT, le
très suspect attentat de la DDE à Ghisonaccia en pleine campagne
électorale, ou les repérages menés par un gendarme du GPS retrouvé
en perdition dans un bateau volé dans les bouches de Bonifacio.
Notons au passage la mutation en Lozère d’un gendarme qui
constamment harcelé par son chef pour qu’il exécute un acte illégal
a fini par lui donner un coup de poing. L’inventaire n’est
certainement pas exhaustif, et d’autres « coups tordus »
apparaîtront tôt ou tard.
-
D’autre part, dans une « stratégie de racisme
anticorse » dont le coup d’envoi officiel fut le rapport
Glavany, même si quelques envoyés spéciaux ou un multi
correspondant local de la presse dites « nationale », avaient déjà
ouvert la voie. Le rapport Glavany, après avoir démontré
statistiquement que la Corse était l’une des régions où la
proportion de « natifs » était parmi les plus faibles (la 18èmesur
22) n’en concluait pas moins qu’il fallait que plus aucun corse ne
soit recruté ou muté en Corse ! En outre, à cause de l’effet de
contagion sans doute, les non-natifs ne devraient rester en Corse
que 2 ans, avec des incitations pour les faire débarquer en masse.
S’il avait été question de toutes autres « ethnie », M. Glavany
aurait été traduit devant les tribunaux pénaux pour incitation à la
discrimination raciale (article 187-1 et 2 du Code Pénal).
-
Aussitôt connu le DRASS de Corse annonça en comité de
direction que plus aucun corse ne serait muté ou recruté dans ses
services. Décision qu’il mit immédiatement en œuvre en refusant
toutes les demandes de mutations, mêmes validées en CAP dès lors
qu’elles émanaient de personne à consonance en « i », puis il se
déplaça personnellement à Paris pour recruter une contractuelle
statisticienne Bac+2 sans expérience professionnelle, tout en
refusant de tenir compte des candidatures locales d’étudiants Bac+5.
Cette politique avec tout le reste contribua à la détérioration des
relations de Cecchi avec les Syndicats.
-
Le Ministère de « l’emploi et de la solidarité »
donna un cadre réglementaire à ces pratiques : Note de service
n°DAGPB/SRH1C&D/99/480 du 17 août 1999 relative à la déclaration de
la vacance de postes à pourvoir… stipule dans son 2ème
alinéa : « Des postes prioritaires sont également à pourvoir dans
les services déconcentrés en Corse et dans l’Eure et Loir. En ce
qui concerne la Corse, les affectations seront gérées dans le cadre
d’engagements individualisés de l’administration pour faciliter le
déroulement de carrière des agents intéressés ». C’est la
reprise du rapport Glavany, en clair, pas de corse, promesse
de promotion rapide, poste garanti pour le conjoint, HLM fourni etc.
D’autres circulaires ont suivi depuis.
-
Les autres ministères ne sont pas restés inactifs,
comme par exemple le refus de nommé un Directeur de la jeunesse et
des sports (DRJS) car seuls des corses sont candidats à ce poste, ou
la DDE qui ne recrute même plus un cantonnier sur place, idem pour
la Poste etc.
-
Le Préfet de Corse enfin, (aucun changement de ce
point de vue entre Bonnet et Lacroix) qui depuis 2 ans refuse tout
recrutement local aux collectivités territoriales en abusant du
contrôle de légalité. Toutes demandes de détachement ou de mutation
de corses dans une collectivité locale sont entravées, tous
recrutements de contractuels sont immédiatement déférés, le tout
couplé à des menaces de poursuites contre les élus concernés (c’est
facile quand on a été le corrupteur et le complice, de menacer celui
qu’on a toujours corrompu, surtout quand on est à la fois Juge et
Partie, la seule limite c’est qu’il faut éviter de s’éclabousser
soi-même). Ainsi dans l’affaire, dites de la COTOREP, si mal gérée
par les Corses que l’on en a changé tous les agents pour les
remplacer par des parachutés incapables, il fut demandé au service
de la DRASS de trouver un biais juridique pour dire que l’état n’y
était pour rien, alors que c’est lui qui signe les décisions
d’attribution.
C’est en raison de
cette dérive qu’on ne peut qualifier que de « raciste », que
les syndicats de corses de toutes tendances, soutenus par la Ligue
des Droits de l’Homme, dénoncent les mutations arbitraires, et les
avantages non statutaires attribués à certain, tout comme ils
demandent la réintégration du cadre de la DSS de Corse injustement
sanctionné à titre de principe.
Le Président et les
différents groupes de l’Assemblée de Corse ont été saisis de cette
demande. Elle y a reçu un accueil favorable lors de sa séance du
28.02.2000, où la situation du fonctionnaire a été évoquée. Cela a
donné lieu à une lettre au Préfet de Corse, en attendant d’en saisir
le Gouvernement. Parallèlement le représentant du groupe communiste
a entamé une démarche similaire.
Lors de cette
séance ont été évoqués 3 éléments :
-
Au niveau de M le Président de l’assemblée : La
nécessaire décrispation qui s’inscrit logiquement dans la nouvelle
démarche de dialogue entre le Gouvernement et les élus de la Corse.
-
Au niveau du groupe communiste : La nécessité de
« tourner la page » sur certains évènements.
-
Au niveau du groupe Corsica Nazione : Le caractère de
sanction pour opinion et de répression de l’activité syndicale.
Le 09.02.2000, le
ministère de l’emploi et de la solidarité a communiqué à
l’intéressé, son arrêté, en date du 08.02.2000, de radiation du
corps pour « abandon de poste », avec prise d’effet au
27.12.1999, sans tenir compte des procédures de recours entamées et
de leur effet suspensif.
Compte tenu de la
procédure des plus expéditive, on est en droit de se demander si, là
encore, les forces qui ont intérêt à faire capoter le processus
de paix, et qui sont toujours les mêmes hommes que ceux qui sont
à l’origine de la manœuvre de provocation originelle, ne se servent
pas à nouveau de cette affaire, par des mesures de « fait
accompli » pour envoyer des « signes négatifs », des « chiffons
rouges » à destination des interlocuteurs corses, en espérant mettre
Matignon dans l’embarras.
Cette mesure
est du même ordre que la tentative de faire croire à l’opinion
publique que « l’amnistie des patriotes » serait un préalable posé
par les élus de Corsica Nazione, et qui tente de faire dire à Jospin
ce qu’il n’a pas dit, à savoir l’exclusion totale de ce point pour
toujours. Or, dans les 2 cas il n’y a pas de préalable, mais le
front « clan Zuccarelli-Pasqua-Chevènement &Co » et les lobbies
qu’il représente , ont intérêt à désinformer l’opinion pour
paralyser
Depuis 1989 (la
chute du mur, pas les pitreries Goudo-Mitterandiennes) il est de bon
ton de disserter sur les failles idéologiques du communisme. Ce fut
d’abord la faute à Staline, puis ce fut au tour de Lénine d’avoir
enfanter un « système intrinsèquement criminogène », et avant
lui Marx dont on ne veut plus analyser la pensée que d’un strict
point de vue économiste. Mais de quel ventre Marx est-il né ?
Auparavant, nous
avions eu droit au procès des fascismes, nazismes et autres
caudillismes. Mais qui donc avait été le premier ? Quel fondement
idéologique, quels processus de pensée, quelle terre, quelle époque
avait enfanté la première bête ?
La France n’a
inventé ni la révolution,
ni la république, ni
la démocratie, ni les
droits
individuels, ni les droits
naturels ;
par contre elle est la
première à en avoir fait son fond de commerce. Dès le début
la Révolution française se fonde sur l’auto sacralisation, la
négation de l’autre, et la schizophrénie.
1.
Négation de sa propre histoire:
En rejetant « l’ancien
régime » dans le néant, la révolution s’attribue la paternité de
la bureaucratie et du centralisme, présentés comme des concepts
antiféodaux. Ainsi l’absolutisme royal continue-t-il inchangé alors
que sa destruction se trouve proclamée. Il ne saurait de toute façon
y avoir aucune similitude avec l’ancien, puisque avant il n’y avait
rien !
La France
inaugure là une constante que l’on retrouve dans tous les mécanismes
politico-étatiques ; on
proclame ou l’on promet une chose haut et fort, puis on fait le
contraire. Et s’il est admis parfois de changer quelque chose c’est
pour que tout reste comme avant.
La
« république » s’attribue également la sacralisation de l’état; Le
roi « oint de dieu » devient la Nation mythique et
messianique, la religion de l’état. Elle va jusqu’à
s’inventer une déesse raison, un calendrier, pour plus tard
récupérer les oripeaux de la « fille aînée de l’église »,
mais elle finira par s’ériger en république laïque, concept présenté
comme un progrès, mais qui en réalité n’est que l’aboutissement du
processus : quand l’état est devenu une religion, il ne saurait
admettre le concept de religion d’état.
Elle invente
pour la circonstance le concept de « souveraineté nationale »
comme s’il existait une « nation » supérieure idéalisée et
désincarnée, divine au sens idolâtre du terme. Notion qui s’oppose à
la « souveraineté populaire » par laquelle la souveraineté
est détenue par le peuple dont chaque individu est dépositaire d’une
parcelle, comme tout humain détient en lui une parcelle de dieu.
Ainsi la
« nation française » est-elle « sacrée » au sens païen
du terme. Ce retour au paganisme sera repris par d’autres.
2.
Négation de l’histoire de l’autre:
La nation
mythique impose que tous les peuples happés dans ce trou noir (que
par commodité on appelle jacobinisme) cessent d’exister, et
rétroactivement, sont présumés n’avoir jamais existé.
Cette négation
permet d’évacuer les droits de l’autre, sa richesse, son apport à la
pensée humaine.
Ainsi pour la
Corse, sa révolution, sa résistance, l’apport Paolin ne figurent-ils
dans aucun ouvrage majeur français traitant de philosophie, de
révolution ou de nationalisme.
Ce processus
induit un comportement systématique de révisionnisme historique. La
France inaugure la technique moderne de la réécriture de l’histoire
pour les besoins du pouvoir présent. La méthode existait déjà mais
pas de manière aussi systématisée, sauf dans un cas éloquent en soi,
la Sainte Eglise catholique
apostolique et
romaine.
La négation de
l’histoire, la sienne et celle des autres, condamne également
l’observateur de tout fait à rejeter l’analyse des causes,
nécessairement antérieures, pour n’en aborder que les conséquences
présentes, inversant le rapport de causalité.
Exemple: La
violence dans les colonies a nécessairement une cause, mais comme il
convient de ne pas parler du passé « par ce que ça ne sert à rien »,
le journaliste ou la mission d’enquête, n’observera que les effets.
Il sera ainsi proclamé que la Corse est dans l’état où elle est à
cause de la « violence », en se gardant bien d’observer que
c’est justement parce qu’elle était comme ça avant que la résistance
armée s’est développée.
3.
Négation de l’identité des autres:
Il n’y a qu’une
« NationUne et Indivisible », donc il n’y a
qu’une seule langue, qu’un seul peuple, qu’un seul mode de vie ou de
pensée admissible. D’autres traduirons: « Ein Volk, ein Reich, ein
Furher... ».
La pensée
française se dit universelle, humaniste; « Rien de ce qui est
humain ne m’est étranger. » ! Oui mais, « n’est
humain que ce qui me ressemble à moi, français! ». Le reste est
inhumain ou à la rigueur appelé à devenir humain en devenant
français. « C’est le devoir de la France que d’apporter la
civilisation aux peuplades inférieures », ainsi parle Saint
Jules Ferry, fondateur de l’ordre monastique des « enseignants de
l’éducation nationale ».
Le discours
« droitdel’hommiste » revu et corrigé par le jacobin, ne signifie
pas que tous les hommes sont égaux, mais que tout les hommes
devraient devenir semblable au modèle standard; Hier le français,
mais aujourd’hui l’américain, et c’est bien ce qui gène
l’intelligentsia parisienne et son « exception culturelle »
car ce glissement de modèle détruit sa théorie intégrative.
Cette
propagande, façon « citoyen du monde », mais qui signifie en
réalité que tout homme doit ressentir comme un privilège et un
honneur le fait de devenir français, présente au premier abord
un certain attrait ; il
se voudrait le fondement de l’antiracisme, il en est l’exact opposé,
on le qualifie « d’humanisme miroir ».
Il établit une
hiérarchie des peuples, des langues, des cultures, des droits
collectifs, des comportements et donc d’opinion.
Dès lors, en
effet, que l’on refuse à l’autre d’être ce qu’il est, puisque être
autre chose que le modèle est une erreur ou pire, une déviance ! le rejet de ce qui est différend est en germe. Le racisme
est l’expression la plus aboutie de ce raisonnement.
4.
Négation de la réalité:
En 1789 la
nation française n’existe pas (existe-t-elle aujourd’hui cela reste
à prouver), le fait ne cadre pas avec le discours révolutionnaire.
Normalement, si la théorie n’est pas conforme à l’observation
critique, le scientifique se doit de modifier son hypothèse ou de
l’abandonner.
La France
inaugure le raisonnement inverse, et elle fera école !
si la réalité n’est pas conforme à la théorie, « changeons
la réalité! ». Il n’y a pas un peuple mais une multiplicité,
qu’à cela ne tienne ! proclamons
la nation une et indivisible, et si le peuple n’est pas conforme « changeons
le peuple ». D’autres appliqueront la recette, notamment aux
mécanismes de production, avec le bilan que l’on connaît.
Ainsi la France
uniformisera-t-elle en dépit des langues, de l’histoire, de la
géographie, de l’économie, des distances, de l’évidence même. En
dehors de l’uniformité point de salut!
Et quand un
peuple demande à être reconnu, on convient hypocritement qu’il
existe mais puisque le texte sacré ne le permet pas, on supprimera
le peuple plutôt que d’amender un bout de papier, et c’est logique
car le reconnaître c’est menacer tout le château de carte
négationniste.
En créant « scientifiquement »
une réalité, la France inaugure également le discours de l’ « homme
nouveau » transfiguré par un « réalité supérieure » c’est à
dire remodelé par le pouvoir.
On est loin du
respect de l’individu, l’état intervient dans la sphère privée, ce
que jusqu’à présent seule la religion avait fait; Logique puisque
cet état tient lieu de religion. A minima le processus génère l’état
providence, mais au-delà pointe l’état totalitaire.
La
France est donc le ventre originel d’où ont surgi les bêtes immondes.
Par son ambivalence elle a donné son contenu moderne aux techniques
totalitaires et oppressives:
. Le culte du
Chef , du sauveur qui sait ce qui est bon pour le peuple, et qui le
massacrera au besoin pour lui apporter le bonheur
. Le culte du
changement pour couvrir l’immobilisme de caste, Nomenklatura ou
Enarchie
. La
modification du passé pour mieux faire miroiter un avenir qui chante
. L’utilisation
de « messages universels » pour mettre en œuvre ses ambitions
impérialistes
. La destruction
de la différence au nom d’une égalité dévoyée qui n’est qu’uni
formisme
. La prétention à la laïcité pour
mieux imposer le culte idolâtre de l’état, et autres cultes de la
personnalité
. La
proclamation de droits individuels vidés de tout contenu, dès lors
que l’individu privé de droits collectifs se retrouve seul face à
l’état Léviathan
. La liberté
d’expression ou d’opinion définie comme ne devant pas remettre en
cause le dogme jacobin, et les médias « libres » sous
contrôle absolu, un « politiquement correct » très très
étroit et orienté en dehors duquel il n’y a point de salut
. Le
formalisme et le légalisme que l’on confond hypocritement avec la
légitimité et la réalité de l’expression démocratique
. La
hiérarchisation des cultures, prélude aux autres hiérarchisations,
au nom de l’humanisme de façade
. Et pour finir
la violation des droits, l’abus de droit au nom de
« l’état de droit ».
Le
républicanisme à la française est comme la bouteille du titre. Il
est à moitié totalitaire ou à moitié démocratique selon que l’on
soit ou non du bon côté du manche, on retiendra l’un ou l’autre
aspect.
NATIONAL REPUBLICANISME OU NATIONAL SOCIALISME ? TELLEEST LA QUESTION !
Dans El Païs, José Vidal-Boneyto observe avec scepticisme l’émergence
en France d’un « courant
Bolcho-Bonapartiste », en opposition à un regroupement « Libéraux
Libertaires », incarné dans le monde par Blair, Clinton, D’alema
ou Schröder, et en France par Strauss Kahn, Voynet ou Giscard comme
précurseur.
Ce néoBolchevisme encore qualifié de « National Républicain » rassemble une vaste mouvance faites d’intellectuels
socialitaires gloseurs des « valeurs républicaines » à la façon de Régis Debray ; des
organes de presse tels que, notamment, Marianne ; des
« clubs » de
réflexion ; et un
conglomérat politique apparemment hétéroclite : Parti
Communiste, droite
Gaulliste (Pasquaou MF
Garaud) ou « vieille
France » (Devilliers), l’aile « gauche » du PS
(Aubry, Glavany), et le Mouvement De Chevènement.
Les points communs sont :
-
La revendication de la Nation, au sens jacobin du terme,en tant que cadre exclusif de la citoyenneté et du
« jeu »
démocratique ; pas
de liberté d’expression admissible en dehors de ce cadre imposé.
-
La contestation radicale de l’option mondialiste libérale, car
le monde c’est la France, le reste est dans l’erreur puisqu’il ne
veut pas être français.
-L’hostilité à la construction politique européenne telle qu’elle
s’effectuerait aujourd’hui, mais en fait l’hostilité tout court,
l’alibi d’Amsterdamou
de l’Union Monétaire,remplaçant
celui, hier, de Maastricht.
-La primauté de la « République »
sur la « Démocratie ».
Précisons le, l’auteur,
tout comme nous, renvoyons ces deux courants dos à dos. Il estime en
effet ce National Républicanisme, tout droit sorti du XIXéme
siècle, incapable de nous sortir de l’ornière dans laquelle nous ont
enfoncés les apôtres de la « pensée
unique ».
Ce débat qui pourrait n’être
qu’académique nous concerne pourtant directement car la Corse sert
aujourd’hui de terrain d’expérience à l’idéologie du
« Renouveau national », à laquelle s’est semble-t-il
abandonné Jospin.
Le zombi de l’intérieur,
à travers Bonnet et Bruguière ; l’Aubry
et le Zuccarelli à travers leur chasse au S.T.C dans le secteur
public ; le Gayssot
par l’intermédiaire des ses « camarades » corso
marseillais dans le secteur des transports, ont entrepris la mise au pas
« républicain »,
à titre expérimental, de cette région par trop libertaire à leur
goût. Si la recette marche, ceux qui aujourd’hui se taisent, en Corse
et en France, se mordront les doigts demain, quand ce sera leur tour,
selon la bonne vieille technique : « d’abord
le juif, puis le noir, puis….Etc. ».
Brecht prédisait :
« Le ventre est encore
fécond d’où a surgi la bête immonde » ; Pour tous
elle aurait le visage de Le Pen, erreur ! Comme il fallait s’y
attendre la bête a bien ressurgi, mais d’où on ne l’attendait pas,
de la gauche française, seuls les ignorants de l’Histoire seront
surpris.
Car en fait, qu’est ce que ce discours sur les
« valeurs républicaines » ?
valent-elles une seule
violation des droits de l’homme, valent-elles l’extirpation d’un
peuple de sa terre ? Qu’est ce que cette citoyenneté où le seul
droit est celui de penser la révélation assenée ? Qu’est encore que
cet humanisme qui nie l’existence de ceux qui refusent l’assimilation
forcée, mais qui critique cependant ce même procédé quand il le
subit lui-même par le biais de la mondialisation ? Qu’est ce
enfin que cette République qui, pour séduire une plèbe qu’elle
méprise, se sert des vieux démons nationo-populistes, et utilise la
désinformation, l’amalgame, la calomnie, la « terreur »
à l’égard de ceux qui lui résistent ?
Cette république qui s’est
fait une spécialité de l’inversion des valeurs et de la
signification de toute chose ; trahit
la démocratie en faisant
mine de la confondre avec la république ;
trahit laNation en la confondant avec un territoire
et une population
arbitrairement délimitée par la fantaisie des rois et les folies
guerrières ; Trahit la laïcité et la liberté de conscience en
lui substituant une religion de l’Etat ; Trahit la Légitimité
en la remplaçant par le Légalisme, et la Souveraineté par le monopole
de la Violence ; Trahit enfin l’antiracisme en en pervertissant l’idée,
au point de faire passer la négation de l’autre comme un honneur fait
à celui qu’on intègre en l’obligeant à se renier.
L’exception
française, c’est l’art d’emprunter les idées des autres pour en
faire, dit-elle, la synthèse ; pour
n’en retenir que le meilleur au nom d’une sainte modération
cartésienne, mais qui en réalité subvertie tout ce qu’elle touche
pour, in fine, n’en retenir que le pire.
NATIONAL REPUBLICANISME OU NATIONAL SOCIALISME ? TELLEEST LA QUESTION !
( Suite)
Cet
article date deplus d’un an. Il n’a pu paraître pour des questions de mises
en page.
C’était alors le temps
où sévissait le gouverneur Bonnet (Alias BonnetLejour
Cagoulelanuit). C’était l’époque où Jospetain
avait gagné son bâton de maréchal.
Le bâton pour briser le peuple corse ; Ces «régicides » qu’il fallait « mater ». « C ‘est
l’occasion d’en finir avec les nationalistes corses » dixit :
Serge July surSoir 3,
commentant l’assassinat du Préfet Erignac. Un Haut fonctionnaire élevé
au rang de monarque martyr !Qui, sinon la France, pouvait se comporter comme au temps des rois
de droit divin ? Touché un PREFET ! C’est un crime de lèse-majesté !
Tuer un roi était un sacrilège car il était « oint
du seigneur ». toucher
à un Haut fonctionnaire de la Sainte République Jacobine également, car
il est « oint de l’état
divinisé ».
Alors pour expier son
crime, l’état envoya son nouveau Savorgnan de Brazza chez les sauvages
congolais. LesCorses eurent
droit « à l’homme qu’il
faut, où il faut » dixit : JP Chevènement. sous
ce proconsulat, l’état de siège fut instauré (rebaptisé état de
droit). La chasse aux sorcières bâtit son plein : rafles
par centaines, interpellations par milliers, et internements arbitraires
sur des dossiers vides ; manipulations
et désinformation de l’opinion à grands coups médiatiques de démolitions
de quelques bouts de béton, et de révélations bidons ; provocations
des partenaires sociaux ; et
pour finir attentats !
Il fut décidé qu’aucun
corse ne serait jamais plus muté en Corse ; que
tous les Corses ayant quelques postes de responsabilité, et qui
n’aurait pas fait preuve d’une servilité totale (prestation de
serment au Maréchal ?), seraient extirpés
des administrations, d’état ou locales, par sanctions administratives,
mutations, manipulations, voire en les poussant au suicide. Parallèlement
ils furent remplacés par des missionnaires arrogants et racistes (tels
que les Kosovars les qualifièrent chez eux) recrutés sur « contrat de carrière » (Il y a des circulaires qui le démontre,
et le rapport Glavany le recommande), avec pour seul objectif : présenter
le peuple corse comme un ramassis de tricheurs, menteurs, tenus pour
responsables in solidum du crime suprême. La responsabilité collective
d’un peuple dans le meurtre du représentant de la « divinité »,
cela ne vous rappelle rien !
Quelle noble mission en vérité ! Quels
exploits ! Manipuler les statistiques pour faire croire que les
Corses sont des p… entretenues ; Emprisonner une poignée de
clanistes seconds couteaux(mais de
l’autre bord politique tout de même, et que l’on relâche très vite)
pour mieux dissimuler l’acharnement sur ceux qui ne peuvent se défendre,
et pour quoi ? Détournement de fond ! Perceptions indues
de prestations sociales ! Le tout relayé sans vérification
d’aucune sorte par une presse plus flagorneuse que jamais (les mêmes
d’ailleurs qui se repaîtront ensuite de la déchéance du Préfet
pyromane).
Quelques exemples éloquents :
-Un maire d’un petit village utilise une subvention pour une
route, pour prévenir d’urgence l’effondrement d’un clocher :
et voilà une mise en examen pour détournement de fond !
-Une femme seule, et sans ressource, a perçu 4 mois de trop de
prestations C.A.F (et à cause de la CAF), on en exige le recouvrement de
l’indu sur son RMI : et voilà une glorieuse augmentation du taux
de recouvrement !
-Un militant nationaliste est accusé, à grand renfort médiatique,
d’avoir empoché des millions sous prétexte de créer une filière d’élevage
et abattage porcin, mais étude faites, la subvention n’a jamais été débloquée.
Un autre est accusé d’avoir détourné 1 milliard (en centimes, ça
marque plus l’opinion !) ; En fait, il s’agit d’une
mauvaise gestion qui s’est terminée en faillite (du fait de
l’effondrement de la valeur des terrains composant l’essentiel du
Capital de la Société, le déficit Actif/Passif est devenu énorme et
n’a pas permis à la banque de recouvrer ses créances). Et voilà la
fameuse « piste agricole » bâtit sur du vent, et relayée par
des pisses copies courant d’air.Où sont donc les démentis de ces accusateurs sans preuves ?
Y a-t-il eu ne serait-ce qu’une excuse de leur part ?
-Le Proconsul invite tous les fonctionnaires à dénoncer toutes
infractions dont il a eu connaissance au nom de l’article 41CP ;
Mais qu’un syndicaliste dénonce l’état comme le corrupteur montrant
du doigt les corrompus et le voilà, muté, persécuté, radié.
-Les Corses sont des spécialistes de la pension, les experts nommés
en Corse tous des corrompus ; Qu’à cela ne tienne, l’état désignera
des experts parachutés (en violation de la loi) dont la première
question aux malades qu’ils expertisent sera : « êtes- vous
corse ? » No comment.
-Un Directeur de Caisse de sécurité sociale est jeté aux chiens
parce que dit-on, il n’est pas un bon « recouvreur », en
oubliant de dire qu’il n’a fait qu’obéir aux 20 préfets précédents
qui le lui avaient ordonné. Il se suicidera plus tard. Un Missionnaire
est nommé à sa place. On va voir ce que l’on va voir ! Moins de 6
mois après le casseur de corse se fait mettre en dépression devant
l’impossibilité de démontrer les dires de l’état.
Etc. etc. etc.
-Mais qu’un député maire depuis 3 générations,
et ministre par surcroît, soit le recordman des fraudes électorales de
tout l’empire jacobin, ou que le tiers de ses « employés »
soient des emplois fictifs payer par une multinationale célèbre ;
Ou qu’un président de conseil général, fils de parlementaires depuis
4 générations, et membre du cabinet du dit ministre, bénéficie d’un
emploi directorial fictif dans une filiale de cette même multinationale,
et nous attendrons en vain les zélés besogneux du gauleiter Bonnet.
Mais vous repliquera t on,
ils ne savent pas cela ! Ils n’ont pas de preuves, sinon vous
verriez ! Allons donc ! Un membre de cabinet ministériel
interrogé sur ces faits eut la réponse suivante : « Oui,
c’est vrai ! D’ailleurs tout le monde au Gouvernement le sait ».
La presse aussi ! Vous y chercheriez cependant en vain une bribe
d’information en ce sens.
Un an après, Jospin échauder
par une paillote qui n’était pas une «affaire
d’état mais une affaire de l’état » semble abandonner le
masque Jospetiniste pour un autre, celui du démocrate ouvert au dialogue,
plus à même de faire oublier son étrange « ignorance »,
et accessoirement obtenir la paix jusqu’aux élections…
Etrange tout de même que
dans ce pays si centralisé, où tout se décide par « un seul »
et où l’ouverture du parapluie
est la règle administrative essentielle, que les « responsables » n’aient jamais été au courant de rien !
Responsable mais pas coupable avait dit l’un. Ni responsable, ni
coupable lui répond l’autre.
La république Janus a
donc choisi de ressortir sa face « démocratique ». « La balle est dans le camp des corses ! » ; Mais les
missionnaires sont toujours là, continuent d’arriver, et les petits
continuent de trinquer pendant que les grosfraudeurs continuent de comploter afin que rien ne change.
Jamais !
Et les attachés de presse du pouvoir de se
demander pourquoi les jeunes deviennent violents ? Pourquoi les électeurs
se laissent séduire par les populistes ? Un peu de dignité tout de
même ! Ressortez-nous donc l’ « énigme corse ». C’est leur recette habituelle quand ils
s’aperçoivent que les conclusions risquent de ne pas être politiquement
correcte
NATIONAL REPUBLICANISME,
NATIONAL SOCIALISME ET TARTUFFERIES EN GROS
Attention ! Attention !
La bête est de retour. Un nouveau monstre estapparu, et tout ce que l’Europe compte de bien pensants se
mobilise enfin ; Tremble Vladimir ; Cache-toi Slobo ; Fuyez
Kémalistes et autres Jacobins ! L’Europe s’est éveillée ;
Vous allez voir ce que vous allez voir ! Déjà l’intelligentsia et
la race des signeurs fourbissent leurs stylos. C’est promis, cette fois
ci nous ne nous laisserons pas faire comme en 1938. L’immonde sera écrasé
dans l’œuf !
Mais Non, Poutine !
Ne t’inquiètes pas ! toi
le grand libéral, dernier rempart contre le communisme, tu peux continuer
à manipuler des « extrémistes »
et faire sauter quelques immeubles russes, tu peux massacrer, torturer
hommes, femmes et enfants à travers toute la Tchétchènie. Nous savons
tous que c’est pour leur faire l’honneur d’être russe. Tous ces réfugiés
ne connaissent pas le bonheur que tu veux leur offrir. C’est avec
plaisir que nous continuerons à t’avancer quelques milliards de $ pour
financer ton élection. Nous savons bien que tu t’en garderas un peu
pour toi, et pour Papa Boris ; que
tu ne rembourseras pas ! ça
ne fait rien, les contribuables occidentaux assumeront avec leurs impôts
toutes ces créances irrécouvrables. Rien de tel qu’un bon petit génocide
pour se faire élire. C’est le summum du populisme. Même Jospin a été
tenté par son mauvais génie de Belfort. Et puis ça donne du travail aux
agences de presses et aux O.N.G ; un
génocide en direct, rien de tel pour augmenter l’indice d’écoute, et
les cotisations des gogos. Quelques mauvais esprits voudraient te chasser
du Conseil de l’Europe, mais rassures-toi, tu n’as pas besoin de nous
menacer de la bombe ! Nous allons leur offrir l’Autriche, et le
Liechtenstein si ça ne leur suffit pas.
Mais non, messieurs les généraux
Kémalistes, ce n’est pas la peine de refaire un putsch ! Vos
simulacres d’élections et de gouvernements civils nous satisfont tout
à fait.Nous n’avons rien
dit quand vous avez inauguré le XXème siècle par la mode du
génocide et des camps de concentration,sur les Arméniens. Nous n’avons rien fait quand vous épuriez
ethniquement
l’Anatolie et la Thrace orientale de tous ces sales grecs. Nous ne vous
avons jamais reproché votre négationnisme historique sur ces faits. Nous
vous avons permis d’occuperles
40% les plus riches du territoire Chypriote depuis 26 ans, pour « protéger
18% de turcs » qui ne savent même pas quoi en faire. Nous
continuons à vous fournir en armes, et même en matériels de torture
sophistiqués, afin de rééditer vos exploits sur les Kurdes. Alors
franchement, pourquoi voudriez-vous que nous changions de politique ?
Vous resterez au Conseil de l’Europe malgré les milliers de villages détruits,
les condamnations à mort de résistants, les tortures, les massacres, et
toutes les violations des droits d’expression possibles et imaginables.
Vous serez admis dans l’Union un jour…Soyez patients. Pourquoi vous
vexeriez-vous ? Nous avons tellement d’affaires à faire ensemble.
Comprenons-nous bien, la bête
dont nous parlons a été vue entre les alpes Carniques et le beau Danube
bleu. Un monstre comme on les aime : 8 millions d’habitants et 80
000 km2, pas de bombe, pas de créances douteuses qui
mettraient en difficulté nos banquiers inconséquents, pas de maffia pour
menacer nos investisseurs.
L’Autriche voilà la cible, haro sur le baudet ! On a retrouvé
la bête immonde, et quelle chance ! Elle se trouve du bon côté où
nos intellectuels « politiquement
corrects » l’attendaient. Il est tellement plus commode de ne
pas avoir à changer ses idées préconçues. Depuis 1989, nous avions eu
tellement de révélations fâcheuses sur les crimes du communisme, c’était
gênant, surtout pour tous ceux qui savaient et n’avaient rien dit.
Enfin en voilà un de droite, du 100% pure race aryenne, c’est presque
trop beau ! Nous ne sommes pas près de le lâcher.
Il y a quand même quelque chose qui nous gêne, et
si d’autres nous faisaient la même chose, l’apprécierions-nous ?
Certains pourraient être
surpris de voir la Belgique, pas encore sortie Dutrou, lever l’étendard
de la Croisade. Sa décolonisation, comme chacun sait, fut particulièrement
exemplaire, il n’y a qu’à voir où en est le Congo (ex belge) ;
Sans parler de leur politique de division des Hutus et des Tutsis, les
fruits qui en ont résulté sont savoureux, saignants à souhait.
D’autres s’étonneraient
de voir figurer la France, dernier empire ultramarin au monde, et qui se
maintient, tant en Corse qu’en Kanaky, Polynésie, Antilles et autres en
vertu d’élections « démocratiques » basées sur le
mensonge, la fraude, la corruption, les rafles, les pressions de toutes
sortes, et les assassinats à l’occasion. Un état qui s’est auto
amnistié de ses crimes coloniaux comme de vulgaires généraux
tortionnaires argentins. Qui a monté une « opération humanitaire »
pour sauver ce qui restait des milices Hutus qu’elle avait formées,
plus que par soucis de sauver des vies. Qu’un ministre soit l’héritier
d’une dynastie qui remplit les pages de jurisprudence du code électoral,
en matière de fraudes ou qu’un député soit une célébrité de la pègre
n’a pas d’importance, du moment qu’ils ont été élus « députés »,
cela doit suffire ; Sauf en Autriche ou à Belgrade bien entendu.
Les Basques sans doute
s’étonneront que les Galeux socialistes, et les néo franquistes
« démocrates au rez-de-chaussée, et franquistes au sous-sol »
soient également de la fête.
Les Irlandais seront
surpris de voir l’Angleterre du major Kitson et de Maguy le vampire des
10 de LongKesh, qui a eu recours à tous les coups tordus possibles, même
des coups que les français n’avaient pas inventés en Algérie, c’est
dire, coiffez le chapeau de Churchill. Serait-ce pour mieux faire oublier
le parapluie de chamberlain
?
Et tous ces peuples du
« tiers monde », ces
nègres, ces ratons,ces faces
de citron, ces métèques en
tout genre, qui ont subi, et subissent encore, les agissements des réseauxd’influence et des services très spéciaux, seront surpris
d’apprendre que leurs bourreaux, leurs pilleurs de toujours sont partis
en croisade pour la défense des grandes valeurs humaines. Sans doute, eux
ne sont-ils pas humains.
Il faut croire qu’une
vie castillane vaut plus
qu’une vie basque ;
Qu’une vie Anglaise vaut plus que dix vies irlandaises
; Qu’un Parisien vaut 100 Corses ; Et qu’un européen vaut 1000 noirs,
10 000 jaunes ou 100 000 arabes.
Messieurs les
intellectuels, êtes-vous bien sûr que seule l’Allemagne ait enfanté
une hiérarchie entre races, entre peuples, entre hommes ? Méfiez-vous
un peu plus de l’antisémitisme de gauche. Est-ce vraiment un hasard si
ce sont tous les anciens nomenklaturistes, qui aussitôt écroulé le
discours communiste, ont enfourché celui du nationalisme agressif ?
Alors soit, si vous y
tenez, le monstre est autrichien ! Les électeurs ont élu Heider,
c’est dur, déplaisant, désespérant même, mais ils l’ont élu en
application de ces mêmes principes démocratiques qui vous font maintenir
des peuples sous la tutelle d’autres peuples démographiquement
majoritaires. Il faut croire que la règle majoritaire n’est pas si
pertinente que cela. Voudriez-vous par hasard nous expliquer que la Démocratie,
c’est le droit pour le peuple de n’élire que ceux qui ont reçu votre
imprimatur.
Commentce clown a-t-il pu arriver jusque là ? Voilà la
question que vous devriez plutôt vous poser. Est-ce :
-En utilisant les ficelles xénophobes et anti mondialistes ?
Certainement, mais n’est-ce pas également ce que font Pasqua,
Devilliers, Chevènement, Gallo, Seguin etc. et pas seulement Le Pen et
consorts. Leurs pourcentages réunis valent bien celui d’Heider. Les 5
premiers ont gouverné ou gouvernent en ce moment même, sans que
personne, sinon les Corses, Basques et autres « spécifiques »
trouvent beaucoup à redire.
-En invoquant l’exception culturelle peut-être ? Il ne
serait pas tout seul ! Une bonne fois pour toute, quand comprendrez
vous que ce que vous réclamez pour vous-même, il vous faut le reconnaître
aux autres. Sinon cela signifie que vous établissez une hiérarchie dans
la valeur d’une culture. C’est là que se trouve le germe de la bête :
pas dans l’affirmation de la différence, mais dans le refus de la différence
de l’autre.
-En utilisant la nostalgie des gloires et des grandeurs douteuses du
passé. Nostalgiques de l’Empire colonial, nostalgiques de Napoléon,
nostalgiques de la Révolution. Chacun argumente de son passé
contestable. La France s’est autoproclamée, « patrie
des droits de l’homme » (Comme hier l’URSS se servait du
discours communiste pour dissimuler son impérialisme). les
a-t-elle une seule fois mis en œuvre sincèrement ? difficile à dire, mais le nombre de fois où elle s’en est
servie pour couvrir ses ambitions mesquines est sensiblement plus
important. Cessez donc de reprocher aux autres leurs « mythes »
ou alors commencer par renoncer aux vôtres.
-En utilisant des fraudes massives, des financements douteux ;
Nous n’en savons rien, et rien pour le moment ne permet de l’affirmer.
Mais quand bien même, il suffit de lire la presse internationale, qui ne
se limite pas à la lecture de : « Le Monde ». La seule chose qui reste à dire, c’est :
« que celui qui n’a jamais pêché
… ». Ici aussi il convient d’être irréprochable soit même
avant de montrer l’autre du doigt, et les français plus que d’autres.
Citons, pour mémoire, les « collectes »
auprès des dictateurs africains, à façade plus ou moins démocratique,
qu’elle maintient au pouvoir selon les mêmes recettes que dans ses
colonies (mercenaires de la Légion en plus), auxquelles les différents
partis français se livrent à chaque élection (c’est sans doute la,
plus que dans la solidarité entre les peuples, qu’il faut voir
l’origine des fonds alloués à ces mêmes régimes, au titre de la
« coopération »).
-En utilisant des slogans démagogues où l’on promet ce que
l’on sait ne pas être en mesure de tenir. Rappelons-nous alors les
discours sur la « fracture sociale », ou les « 35 heures » ;
C’est sur les actes qu’il faut juger, jamais sur les discours.
Heider est peut-être, et même sans doute, le monstre que l’on dit.
Mais s’il est cette créature hideuse qu’il faut condamner, alors
condamnons aussi Poutine ; Condamnons les Kémalistes ;
Condamnons les Jacobins nationalistes-républicains ; Condamnons
la Chine (elle fait au Tibet en 50 ans, ce que la France a fait en Corse
en 230 ans), condamnons l’Indonésie (pas seulement pour Timor, mais
pour les Moluques ou l’Irian). Condamnons la « Birmanie »
etc. dans les mêmes termes. Et condamnons toutes les nations
colonisatrices, tant qu’elles n’auront pas admis la gravité de leurs
crimes passés et présent ; Tant qu’elles n’auront pas demandé
pardon à leurs victimes.
C’est trop demandé, trop idéaliste, soit !
D’ailleurs qui a envi de mourir pour Grozny ? Personne, pas plus
que pour Prague en 1938. Le Caucase est plus impressionnant que les Sudètes,
mais pour être restés muet alors que la Russie n’est pas en mesure de
maintenir son bluff, comme son modèle d’il y a 62 ans, il se pourrait
qu’encore une fois on puisse dire : « Ils ont voulu la paix
au prix du déshonneur, ils auront la guerre et le déshonneur ».
Qui sera la Pologne de Poutine, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan ou le
Kazakhstan ?
Heider est comme Le Pen, un bouffon.Vous leur faites trop d’honneur, au point que cela en devient
suspect. Avec les histrions, la meilleure réponse est le mépris
silencieux. Les réalités du pouvoir usent rapidement les bouffons ;
Les campagnes hystériques au contraire les nourrissent.
Si action il doit y avoir, elle doit consister à
surveiller que les mécanismes démocratiques demeurent, de telle manière
que le système qui les a mis au pouvoir, finisse par les enchasser.
Cette surveillance
est valable à l’égard de toutes les nations dites « démocratiques » dont les prétendues « élites »
feraient bien de s’interroger d’urgence sur le pourquoi de ce phénomène.
Au lieu de se focaliser sur les symptômes déclarés, qu’ils
recherchent plutôt l’étiologie de la maladie, il se pourrait que par
leur comportement, ils en soient eux-mêmes les vecteurs.
A
l’inverse, les Russes ou les Turcs, comme Milosevic ne sont pas des
bouffons. Ils ont tué, ils tuent, et ils tueront encore, aussi
longtemps que personne ne les sommera de cesser. Au sein des grands états
d’Europe occidentale qui se croient exemplaires aussi, des germes
malsains sont présents. Partout où l’on refuse le droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes au nom de la préservation d’un concept d’état
nation périmé qui nie les réalités humaines, la volonté des peuples
d’exister par eux-mêmes,et
qui se rient des frontières. La bête n’est pas toujours présente là
où l’on veut l’attendre.
Tous ces
peuplesaujourd’hui opprimés,
ou qui l’ont été hier, sont frères. ; Ils ont le droit de
montrer du doigt Heider & C° ; S’agissant des autres, ils ont
gagné le droit de douter de leur sincérité.
C’est
quand le crime se commet qu’il faut se mobiliser. A ma connaissance
l’attitudedes « grands
intellectuels français » ne fut pas si glorieuse, tant pour la
Shoah, que pour la guerre d’Algérie, Madagascar, la Kanaky ou la Corse.
Il est plus dans l’air du temps
de parler du Tibet pour les français, des Kosovars pour les turcs etc.Mais, comparable ou pas, le crime est le crime, la lâcheté est la
lâcheté, et les mécanismes de la complaisance et du silence coupable
sont toujours les mêmes. C’est trop facile de s’ériger en gardien du
temple, 55 ans ou 38 ans après les faits !
Le
vrai démocrate antiraciste est celui qui défend celui qui n’est pas
assez « à la mode »
pour se trouver des défenseurs, pendant qu’il en a effectivement besoin ;
Quand ils n’y a que des risques à prendre, et aucun profit à en
retirer, en le faisant.