Le mémoire de Me Felli, avocat de Marcel Lorenzoni
L'affaire MARCEL LORENZONI : un cas flagrant de détention arbitraire. Voici le
mémoire émanant de son défenseur Me LUCIEN FELLI, et remis par les proches de
MARCEL LORENZONI au président de l'Assemblée de Corse : JOSE ROSSI. Celui-ci a lu le
mémoire devant les conseillers territoriaux en les engageant à exprimer leur opinion (
20/07/99 ).Aucune question n'a été posée, et le mémoire n'a donné lieu a aucun
débat.
Monsieur MARCEL LORENZONI est arrêté le 09/02/1998 dans le cadre de l'Affaire
ERIGNAC.
Il est contraint d'engager une grève de la faim très dure au terme de laquelle
il perd 28 Kg ( MARCEL LORENZONI est âgé de 55 ans ); il est alors entendu pour la
première fois par le Juge BRUGUIERES trois mois après son incarcération soit fin Mai
1998.
Il est mis en examen pour " infraction à la législation sur les armes et
détention d'explosifs " et " association de malfaiteurs " notion vague et
imprécise dont la XIVéme Section fait un usage important et extensif.
Pendant 17 mois de détention MARCEL LORENZONI a eu à subir de nombreuses
auditions n'ayant qu'un lointain rapport avec les faits visés ( armes et explosifs ) et
rattachées artificiellement à des faits plus grave c'est à dire avec l' "
Association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste " tout ceci sans
le moindre commencement de preuve.
MARCEL LORENZONI a été entendu sur les différents aspects de la vie
socio-économique de l'île telles que notamment les filières agricoles, porcines, etc...
S'agissant de la procédure pour détention d'armes et d'explosifs, les expertises
n'ont aucunement apporté la preuve que ces explosifs ont pu être touchés par MARCEL
LORENZONI.
Le problème de leur présence dans une maison non occupée à BASTELICA reste
entier et la suite des événements tendant à essayer de compromettre MARCEL LORENZONI
est une explication très claire.
Toujours dans le cadre de la XIVème Section, MARCEL LORENZONI a été mis en
examen par le Juge RICARD; procédure sanctionnée par la Chambre d'Accusation de PARIS (
La Chambre d'Accusation a rendu un arrêt de mise en liberté sur ce chef d'inculpation ).
Le Juge BRUGUIERES prolonge sa détention tous les quatre mois.
La dernière en date du 13 Juin dernier devrait porter sa détention
provisoire à 21 mois au 13/10/1999.
Il est fait régulièrement reproche à MARCEL LORENZONI d'avoir détenu des
documents relatifs à un programme de formation militaire ( arrêts de la Chambre
d'Accusation ).
Cette erreur répétitive est d'autant plus grave qu'elle ne concerne pas le
dossier de MARCEL LORENZONI.!!!!
En réalité MARCEL LORENZONI a été mis en examen pour " détention d'armes
et d'explosifs " et de façon détournée pour une enquête globale et générale
en Corse dans le cadre de l'affaire ERIGNAC.
On lui reproche une affaire grave... non pas au regard de faits qui le concerne
mais au regard d'une liaison artificielle avec les faits graves relatifs à l'affaire
ERIGNAC. La poursuite de l'information et la multiplication des investigations n'ont pas
de rapport direct tel que visé par la mise en examen avec le dossier de MARCEL LORENZONI.
Il est reproché par ailleurs à MARCEL LORENZONI des activités terroristes.
Rien dans le dossier n'accrédite cette mise en cause sauf que les explosifs
étrangement retrouvés à BASTELICA, auraient servi dans le Sud de la Corse à
PIANTARELLA et à BONIFACIO...Attentats sur lesquels il ne semble pas que l'on ait
beaucoup de renseignements...
Le dossier MARCEL LORENZONI représente actuellement 70 volumes qui
représentent l'intégralité de toutes les enquêtes, auditions, rapports, etc...mis
en mouvement depuis le 06/02/1998.
Le traitement d' un tel dossier- est-il besoin de le souligner- devient
impossible et achève de rendre très difficile le travail de la défense.
Inutile d'évoquer la fameuse notion de présomption d'innocence qui se traduit en
l'occurrence par une présomption de culpabilité non étayée à ce jour par aucune
qualification de faits précis.
La détention provisoire de MARCEL LORENZONI a excédé aujourd'hui un délai
raisonnable et ne paraît plus justifiée au regard de l'article 144 du C.P.P.
Il y a manifestement dépassement des limites de la compétence matérielle du
Juge d'Instruction dans le cadre de la saisie incidente suite à l'enquête de flagrant
délit ouverte en raison de la mort de Monsieur le Préfet ERIGNAC.
MARCEL LORENZONI a fait évoquer devant le Parlement Européen lors d'une
Conférence de Presse le 13 avril 1999 l'article 5 et l'article 6 de la Convention
Européenne des Droits de l'Homme qui introduisent les notions de " délai
raisonnables, de procès équitable, etc...".
La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen d'août 1789., préambule de
la Constitution du 03/09/1791 précise dans son article 9 :
" Tout homme est présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été
déclaré coupable".
L'article 11 de l'Assemblée Générale des Nations Unies précise :
"Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée
innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un
procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été
assurées"
P.S. 1 : MARCEL LORENZONI depuis le mois de Février 1999 dépose
tous les jours une demande de mise en liberté et sur les rejets opposés par le Magistrat
Instructeur fait appel devant la Chambre d'Accusation qui confirme régulièrement son
maintien en détention.
P.S. 2 : La Cour de Cassation ayant statué sur un pourvoi contre un Arrêt de
la Chambre d'Accusation, la Cour Européenne des Droits de l'Homme est saisie.
EDITORIAL : Cap'Articulu, le sens des mots d'Anghjulinu
Le sens des mots
" Si lEtat interdit et
sanctionne la violence et linjustice des particuliers, ce nest pas parce
quil veut en protéger la
population, mais bien parce quil veut en garder le monopole exclusif tout comme il
possède déjà celui du sel et du tabac ". Freud .
Noyer la vérité dans un océan de mots de pacotille ;
multiplier les formules et les nuances tout en détruisant leur sens réel, compliquer les
démarches administratives jusquà les bureaucratiser par des voies administratives
réservées à des invités tenus au secret professionnel, est devenu la méthode la plus
moderne de gouverner. Faire en sorte que le grand public ny comprenne rien !
Cest ainsi que lon comprend à dessein des notions antinomiques comme peuple
et nation, Etat. La France, soucieuse de rassembler de force son idéologie
politique, sa même banalisé la fameuse locution : " La France est
notre patrie ". Faux : la France nest quun Etat et rien
dautre, cest à dire une machine. Puissance et société militaires, la France
nest pas une nation. Elle veut ignorer la réalité des nations, qui par définition
constituent les seules vérités politiques émanant des " peuples ".
Les peuples seuls, sinscrivent dans une réalité créative de culture,
dhistoire, desthétique, déthique, de droits, de cadres et des
murs qui participent des vraies souverainetés. Le peuple na pas besoin de
lEtat pour vivre, se perpétuer et prospérer. IL a seulement besoin dêtre
organisé en communautés protectrices et coopératives pour établir ses relations avec
le monde extérieur. IL est et demeure une substance vivante et créatrice. On
lappelle alors Nation.
Les exigences du droit qui habite et définit les peuples
rendent inutiles la force extérieur de la loi.
La Nation se dote elle-même dune force, dune
défense sociale rassemblée autour dune morale représentée par la justice, pilier
primordial de la solidarité.
LEtat napparaît dans tout son arbitraire que sous
la pression des interventions internationales lorsque ces dernières acquièrent une telle
puissance quelles exercent une menace destructrice sur la Nation.
Les risques de destruction exigent dès lors la présence
dun organisme de relations extérieures appelé Etat, en quelque sorte corps
étranger à la Nation mais à son service.
Ce nest donc pas lEtat qui détient la
souveraineté réelle mais la Nation - cest à dire, enfin de compte, le peuple et
lui seul Les états, les régimes, les constitutions, les administrations et les
armées passent ; les peuples demeurent. Ils sont la mémoire et lavenir de
lhistoire humaine. Que pèse cet Etat que des manipulateurs intéressés ont
qualifié " dordre démocratique " au regard des temps longs de
lhistoire des peuples ?
Seul le constitue la conjonction dintérêts sordides
sappuyant bien souvent sur le crime, linjustice ou limposture
Il est paradoxal mais combien évident, que le République,
alors même quelle appelle à se détourner de Dieu exalte dans le même temps
lEtat jusquà le diviser . Cest ainsi
quelle a décrété la mort des peuples de France au profit de lEtat. Du moins
le croit-elle ! car les peuples demeurent en sentinelles de
lhistoire. Cest cette permanence que craignait Georges Pompidou dans ses mises
en garde contre toute atteinte à la souveraineté de lEtat (discours du 1er
Janvier 1972 ), parce quil y voyait une menace contre lexistence même de la
France. Cela en dit long. En effet, durant des siècles les peuples rassemblés sous la
majesté du Roi sur le territoire appelé aujourdhui
" France " - ont maintenu lEtat dans son rôle
" présidentiel ",consacré surtout à la politique extérieure sans
intervenir dans les coutumes, la culture et les murs.
Il aura fallu la Révolution de 1789 pour que lutopie
dune " France de toujours ", franchissant les siècles pour se
réclamer dune initiative divine incluant Vercingétorix, saffirme
dessence littéralement métaphysique. " lhistoire nous montre que
notre peuple na pu, au cours des siècles, se constituer en nation que par
laide de lEtat " déclare G. Pompidou. Ainsi, la France serait
non pas la création vivante du cours de lhistoire humaine, mais celle de la
fantaisie dun décret du gouvernement révolutionnaire auquel ses peuples ont du
obéir par la force de la guillotine. Pourtant, ils ne parlaient guère le
français ; ils ne voyaient jusqualors dans le roi quune sorte de grand
évêque perdu dans le ciel du pouvoir quil fût italien, espagnol, anglais ou corse
leur importait peu. Ce sont les politiciens français du XVIIIème siècle qui ont imposé
une république dont ils ont fait, entre autres, de Jeanne dArc lhéroïne
dune mythologie qui les servait et cela dans lindifférence générale. Les
peuples de France regardaient passer cette image comme ils regardaient passer les saisons.
" Ainsi soit-il disaient-ils sans sinterroger sur le spectacle insolite de
Jeanne la Lorraine paradant sous les plis dun drapeau tricolore qui aura comme
Robespierre, Bonaparte , Clémenceau et De Gaulle ! Pourquoi pas Jean-Paul de
Rocca Serra ?
Français parmi les Français, il partagerait lui aussi la
souche de Vercingétorix et de la Pucelle dOrléans.
La Résistance face au colonialisme Français, doit être
appliquée à long terme. En moins d'un an, trois préfets ont appliqué les règles
essentielles d'un Etat Jacobin qui ne cache plus ses objectifs sur la corse :Eliminer la
Corse de ses habitants. Tous les moyens sont bons, et l'opinion publique française ne
cache plus son racisme anti-corse.
Depuis l'Affaire de la paillote de "Chez Francis",
et le rebondissement miraculeux dans l'Affaire Erignac, Des voix s'élèvent pour demander
la libération du préfet Bonnet. Et bien soit, dans une démocratie comme la France se
vante de l'être, la présomption d'innocence doit s'appliquer à tous y compris au
Préfet bonnet. De plus si elle doit s'appliquer au Préfet, elle doit aussi s'appliquer
à Marcel Lorenzoni, Carlu Pieri et bien d'autre encore. Mais là, ces mêmes voix ne se
font pas l'écho de l'injustice que subissent nos prisonniers politiques. De plus, depuis
que les soit-disants assassins ont été interpellés et jetés en prison, des voix aussi
fortes que stupides légitiment la mise à feu de la Paillote, par des propos aussi
anti-démocratique que raciste, ainsi l'ancien ministre Pandrau donnerait raison au
préfet s'il avait demander aux gendarmes de mettre le feu. Il ne voit pas de différence
entre la destruction légale par le Génie et la destruction illégale par le commando
canal Etatique. Il affirme que si faute il y a eu, c'est seulement de n'avoir pas demander
l'assistance des Pompiers comme il se fait quand on pratique l'écobuage... Il rejoint
dans son discours anti-corse, les Raymond barre, les Daniel Gelin et autres
chevènementistes qui nous traites de sauvageons depuis quelques temps!
Ce racisme latent anti-corse n'offusque personne, même en
corse, tant le choc des événements est important, la réaction est quasi-nulle. Face à
cette colonisation qui se cache derrière un retour à l'Etat de droit, la résistance ne
doit pas être rapide et violente, au contraire, elle se doit d'être faite sur le long
terme et en totale légalité, au grand jour. Une mobilisation populaire large, au delà
des nationalistes et des partis traditionnels. Une réaction spontanée à chaque article
anti-corse, à chaque phrase raciste envers notre peuple ou à chaque rafles visant à
criminaliser nos citoyens.
Pourquoi ne pas créer une licra ou une micra Corse, chargée
de vérifier, de lire, d'analyser, d'écouter et de prendre notre défense face au racisme
quotidien. Cette Résistance là, légitime, peut saboter la colonisation pernicieuse en
marche en Corse depuis quelques temps. Le retour des arrestations massives avec
déportations en France de nos militants, frères, mères et amis continuent de remplir
les geôles françaises, sans que plus personnes ne les dénoncent fermement.
Le couple
Etat-Gouvernement a obtenu les 7 et 14 mars des éléments de réponse à la question
posée:
"approuvez vous la politique de la France en Corse
? Le vote des territoriales revêtait sans conteste une signification référendaire.
Résultats : 49,98% seulement pour les partis étatiques."
Cette inversion d'une tendance séculaire induit de facto
l'émergence historique de forces centrifuges dont le total dépasse la moitié des
suffrages exprimés. Le clivage politique en Corse ne se situe plus entre nationalistes et
non nationalistes mais bien entre thuriféraires de lÉtat, et partisans décidés
d'une décentralisation réelle et non plus virtuelle.
On aurait cependant tort de considérer le nouveau paysage
politique corse selon une formulation aussi simpliste. En fait, les choses sont loin
d'être aussi claires, même si les élections du président et de l'exécutif mettent en
évidence un durcissement des positions.
L'effritement sensible des partis de lÉtat, le
tassement des formations "corsistes", la progression spectaculaire au sein de la
mouvance révolutionnaire de sa tendance la plus patriotique témoignent assurément d'une
évolution de l'opinion qui peut s'avérer décisive dans un avenir très proche. Mais
l'analyse de ces résultats et les tractations du " 3è " tour laissent
apparaître combien nous, Corses, ne sommes pas maîtres de notre destin , tant il semble
dépendre de la conjoncture internationale et des stratégies de la France.
C'est pourquoi, il importe que le seul mouvement nationaliste
représenté tienne compte du fait que sa position est moins stable qu'il n'y paraît. Il
lui faut donc regagner les curs et aussi les voix perdues qui s'en sont allées
renforcer la socialiste "dissidente".
Simon Renucci apparaît comme le grand gagnant de ces
élections. Néanmoins, il ne peut échapper à personne que sa position est surtout très
forte sur Aiacciu, ce qui démontre les limites de son implantation géographique sur
l'ensemble du pays, mais qui est susceptible d'offrir la première ville de Corse à
L.Jospin.
Cependant, on ne saurait oublier que la déperdition du vote
nationaliste et même "corsiste " au second tour lui a été profitable. Si au
3è tour cette liste n'a pu répondre aux appels cacophoniques de la "gauche
plurielle ", les manuvres élaborées mettent un terme à l'existence de la 3è
voie. Il est clair en tout état de cause, que l'élection des élus de Corsica Nazione
comme représentants du Mouvement National a tenu en échec la stratégie de L.Jospin.
Elle consistait d'une part, à établir un clivage artificiel
entre Corsica Nazione, solidaire de la lutte armée, et représentants nationalistes dits
"démocratiques " susceptibles par leur caution de permettre à la liste S.
Renucci de renforcer la position passablement érodée de la Gauche
"Nationale-Républicaine " en Corse; d'autre part à travers la personnalité
neuve et rassurante du docteur Renucci, elle permettrait de donner à la politique brutale
du Gouvernement un visage plus humain. Par delà les objectifs confus et les propos
post-électoraux, aussi triomphalistes que vides de sens, la Corse se trouve une nouvelle
fois confrontée à une situation bloquée.
La solution ne peut en aucun cas venir d'une Assemblée
Territoriale déconsidérée et fonctionnant sous influence.
Le Mouvement National quant à lui, ne sera représentatif de
la Corse qu'en restant ferme sur ses positions politiques dans le même temps qu'il
s'ouvrira à l'ensemble de la Nation.
C'est bien aux partis politiques de prendre en compte les
vux de la Nation et non le contraire. Les élus de Corsica Nazione pourraient
concrétiser rapidement la démarche d'union entamée à l'initiative du Cumitatu di u
Fiumorbu autour de préoccupations immédiates ou d'actualité, par exemple:
- les transports maritimes ( proposition d'une démarche
commune pour le transfert du siège et du capital de la SNCM),
- l'arrêté Miot (conduite à tenir, Isula Morta,
manifestation unitaire),
- la position de principe à adopter face à la venue de
L.Jospin en juin prochain
Mais il faudra aussi et surtout entreprendre la réalisation
d'objectifs à plus long terme tel que la mise en place dun corps électoral et
d'une Cunsulta Naziunale ; elle et elle seule pourra parachever la marche vers
l'indépendance.
A L'OCCASION DES ELECTIONS TERRITORIALES, BILAN
ET PERSPECTIVES DU MOUVEMENT NATIONAL
Dans la période où est survenu le meurtre du Préfet
Erignac, le Mouvement National amorçait sa quatrième recomposition depuis 1981.
Comme les autres, cette recomposition a été
déterminée par l'échec des " négociations", en fait les manipulations
exercées sur les " directions" du mouvement national par les officines de la
présidence de la république française, ou celle du ministère de l'intérieur.
En effet, un certain recul permet de dire aujourd'hui
qu'après son échec des années 75-80, le
pouvoir français, changeant de stratégie mais non d'objectif, décida d'appliquer à la
situation corse les règles de la guerre psychologique. Face à cette science, le
mouvement national corse n'avait que l'âge et le niveau de formation moyens de ses
militants, et ne pouvait que subir, malgré quelques rares capacités d'analyse et de
résistance trop dispersées.
Chaque fois en guise de négociation, fut appliqué le
mécanisme suivant:
l- Par un savant mélange répression-médiatisation,
choix et promotion d'interlocuteurs potentiels,
2- Approche individuelle de ces interlocuteurs sous le
sceau du secret exigé,
3- Satisfaction d'aspirations individuelles ou de
petits groupes, éventuellement, ouverture de crédits bancaires,
4- Insertion
dans le jeu électoral, accompagné de l'abandon du militantisme actif, et de l'action au
niveau international,
5- Élections à l'assemblée territoriale,
intégration au jeu politicien d'une assemblée aux ordres du Préfet par l'intermédiaire
de son exécutif.
Ces différentes phases se sont toujours accompagnées
d'une gestion au plus près des rapports de force internes, visant à marginaliser ceux
qui demeuraient capables de critique et d'action, et à noyauter les structures nées des
scissions successives, dues chaque fois à une perte de confiance de militants vis à vis
des appareils.
Ces périodes, orchestrées par les techniciens des
services spécialisés, et relayées sur le terrain par leurs complices conscients ou
inconscients, ont connu leur apogée en 1995, au moment où éclata un conflit sanglant
entre divers groupes armés, où se sont mêlées les raisons personnelles, politiques ou
de pur droit commun.
Ce conflit aurait du être beaucoup plus meurtrier si,
à l'extérieur aussi bien qu'à l'intérieur de ces groupes, la conscience de I'intérêt
national n'avait prévalu.
C'est précisément au moment où, après les années
les plus noires que le mouvement ait connues, la remise en question générale allait
permettre une recomposition et le début d'une nouvelle phase de lutte que survient, comme
par hasard, le suprême désordre que fut l'assassinat du préfet Erignac.
Cet acte, précédé de la " fuite " de
documents administratifs confidentiels, et de rumeurs diffusées par les directions du
S.R.P.J Corse autant que par celle de la 6ème D.C.P.J (antiterroriste)
devenue depuis D.N.A.T, désignant des coupables potentiels, servit de prétexte à une
des plus importantes opération de police depuis que la Corse est occupée par la France.
Elle dépasse en durée et en volume la campagne contre le " banditisme" des
années 30.
Au delà de la volonté gouvernementale affichée de
normaliser la vie publique corse, au delà de quelques gesticulations judiciaires
égratignant quelques notables et la principale banque de l'île - le corrupteur montrant
ainsi du doigt ceux qu'il a corrompus - ,la cible réelle de cette opération est bien le
mouvement national, et particulièrement ses membres que l'on n'a jamais pu compter au
nombre des crédules ou des arrivistes.
Paradoxalement, au lieu de fléchir les consciences, la
répression les a réveillées. Ces consciences sont les seules armes que la Corse puisse
valablement opposer au pouvoir central français.
Elles ne peuvent que faire admettre l'écrasante
responsabilité de lÉtat français dans la situation de l'île, et son incapacité
rédhibitoire à apporter d'autres solutions que la répression aux aspirations du peuple
corse, et ce depuis toujours, en dépit des discours de circonstance. La France n'a
jamais, en fait, cessé de faire la guerre à la Nation Corse, trouvant sur place, comme
tous les occupants, bien des alliés. Les promotions individuelles des corses qui ont
accepté, de gré ou de force, de servir la France, ne peuvent pas faire oublier
l'étendue de la ruine collective, tant au plan économique que démographique et tout
simplement humain.
Cette ruine n'est pas une fatalité. Entre deux
tutelles, la génoise et la française, les Corses ont su construire, plus de trente ans
avant la France, une société démocratique. Ils en sont encore capables, pour peu que le
voisin le plus puissant du moment les laissent faire.
Entre centralisme français finissant et fédéralisme
européen à venir, la Corse doit retrouver le fil de son histoire, coupé deux fois par
les armes françaises.
Il faut pour cela, avant tout, que les militants de la
Nation Corse aient enfin conscience du fait qu'ils sont : " l 'expression
de la conscience collective des aspirations et des idéaux du peuple "
En cela, ils sont indestructibles, mais leurs devoirs dépassent leurs droits.
Un peuple en lutte pour ses droits peut recourir à
tous les moyens, encore faut il que ces moyens ne deviennent pas une fin, qui plus est au
service dintérêts particuliers.
Il vaudrait mieux poser le problème en ces termes là,
plutôt que de continuer à opposer les nationalistes dans un débat sur l'opportunité ou
non de la violence politique, et tirer à perte de vue des raisons de situations et de
luttes qui ont peu de choses à voir avec la nôtre.
Quels que soient les résultats des territoriales de
mars, il faudra rassembler les nationalistes, ce qui ne veut pas dire que tout est
possible.
Le passé est trop présent pour que la confiance
règne. Les propositions centralistes n'ont aucune chance d'aboutir. Les structures
locales, de type " collectif" sont
celles qui peuvent le mieux répondre aux préoccupations des militants. Elles permettront
de rassembler le corps électoral du mouvement, en vue d'installer la première Cunsulta
réellement représentative de ce siècle, et un exécutif dont le rôle sera celui d'un
gouvernement.
Si les quatorze premiers points de la charte de Corsica
Nazione peuvent être la base de rassemblement général, la proposition de constitution
pour la Corse du Partitu Per l'Indipindenza, peut, après modifications consensuelles,
servir à définir l'organisation de la représentation nationale et des pouvoirs.
Seraient alors enfin réunies les conditions d'une
issue favorable, impossible en l'état actuel des choses.
A NAZIONE PROCLAME SA SOLIDARITE
AVEC TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES CORSES
Le n0 zéro de A Nazione avait
abordé le problème de la répression en demandant à Maître Lucien Felli et à André
Pacou leur opinion sur le respect des droits de l'homme dans les procédures menées
contre les patriotes corses par la 14ème
section.
Ce problème étant par essence politique nous avions choisi, alors que le rapport de la
F.I.D.H, de le traiter sur la base
d'une réflexion politique.
Dans ce n0 "UNU"
nous traitons le problème des prisonniers politiques de façon plus concrète.
A Nazione proclame sa solidarité
inconditionnelle avec tous les patriotes emprisonnés. Quelle que soit leur appartenance,
quelle que soit la nature des charges retenues contre eux, nous les considérons comme nos
surs et nos frères.
Nous tenons en effet que celles ou ceux
des enfants de notre peuple incarcérés avant ou après l'opération Erignac, l'ont été
soit pour des actes de résistance, soit pour leurs opinions politiques.
Si la France considère normal le long
emprisonnement d'une femme ou d'un homme pour militantisme, cela signifie assurément
qu'elle s'exclut de fait de l'état de droit et de la pratique internationale.
Par sa propre violence elle légitime
dès lors la violence de ceux qui sont accusés de l'avoir commise. Dans un cas comme dans
l'autre il s'agit bien là d'un affrontement politique.
Aussi malgré l'habileté et
l'expérience de leurs défenseurs, nous sommes forcés de constater que seul une
décision d'ordre politique et non pas judiciaire, permettra la libération des patriotes.
Plus que jamais soyons persuadés que
leur sort est étroitement lié au sort de la Corse, c'est à dire au notre. Plus que
jamais soyons persuadés que notre pays ne connaîtra d'autre épanouissement que celui
ardemment désiré par ses propres enfants.
Libre
Propos : Etat de droit et droit des nations de Petru Rossi
ETAT DE DROIT ET DROIT
DES NATIONS
Il ne faut jamais perdre de vue que le statut politique de la
Corse est celui d'une Nation vaincue par les armes d'un État qui lui a imposé sa loi
sans qu'aucun traité dûment négocié en ait confirmé juridiquement la valeur.
État de droit dit-on. Nous répliquons État de fait. La
durée d'une occupation administrative, militaire, économique et culturelle ne saurait
suffire à en légitimer la pérennité. Nous avons donc le devoir de nous en débarrasser
pour rétablir les us et coutumes internationaux sous garantie des nouvelles dispositions
européennes.
Par quelle méthode y parvenir? Il n'est pas d'autre question
que celle là. Nulle idéologie ne nous y aidera? Nulle formation politicienne non plus.
Notre salut réside dans l'affirmation permanente de notre personnalité. Seule l'analyse
exacte de notre situation, des voies et des moyens de recouvrer nos droits et nos
libertés fondamentales permettra, au nom des droits et des devoirs des communautés
humaines, de reprendre place dans la société des nations spoliées.
Doù la nécessité de disposer au plus tôt d'un Bureau
d'Information et d'Enquêtes afin de parvenir à une juste évaluation de nos forces,
fondée sur des expertises nationales et internationales. Il n'existe pas de fatal
désastre. Toute défaite est en nous. Il n'y a pas en politique de martingale infaillible
fondée sur l'usage des sentiments, seule l'Histoire fait Loi.
Tout comme la guerre ouverte, l'action politique sérieuse
n'est rien d'autre qu'un art d'exécution et non une collection de projets d'opportunité
finissant généralement en velléités.
A cette heure-ci face
à de trop
nombreuses démarches contradictoires, aucune certitude ne se dégage vraiment. Néanmoins
se fait sentir le frémissement d'une ébauche de rapprochement des forces patriotiques.
Seule une volonté forte de rassemblement nous permettra de transcender le fatalisme qui
demeure dans notre nature, y compris dans l'acceptation du malheur, et nous conduira à
l'indispensable unité.
Mais par delà toute revendication strictement politique,
l'appel obstiné à la Justice et au Droit devrait être la pierre angulaire de notre
action mettant en avant notre sens reconnu d'une solidarité internationale à laquelle
nous n'avons jamais failli, parce que précisément à aucun moment de notre modeste
Histoire nous n'avons jamais ni humilié ni méprisé ni asservi personne.
Ce droit de vivre libre que nous reconnaissons
respectueusement à autrui au nom de notre hospitalité nous voudrions simplement qu'on
nous le reconnaisse à nous mêmes sur notre propre terre.
Le 16 mars 1999 un bâtiment des Corsica Ferries a été
empêché daccoster par un Lobby marseillais. 50 personnes usagers comme
dirait Milou Saucisson dâne- ont été retenues et baladées de port en port au
gré des fantaisies du Cancer Généralisé des Travailleurs, et de la très suspecte
passivité Chevènementière. Au delà de la péripétie on ne peut sempêcher à
une toute autre manière, une manière militaire, quutilisa la face ricanante du
Janus républicain lors de la grève générale du S.T.C quand son secrétaire général
était embastillé.
Y a t il de bons et de mauvais grévistes, des travailleurs
honorables et des travailleurs méprisables, des syndicats bon chic bon genre et des
syndicats de métèques ? Est-ce à Monseigneur Gayssot de donner limprimatur ?
Cest donc cela leur état de droit ! Dun
côté le droit de tout faire, de lautre le droit de se taire. Quen pense
Suçon Renucy, la face angélique du Janus ?
Liste " officielle ", liste
" officieuse " ; comme le bon et le méchant flic, Jospétin nous
joue le coup des 2 visages du même système ; lun casse du Corse sans retenue,
lautre lui passe la vaseline ; dune main on rameute le colon et le
fasciste, de lautre le naïf et lopportuniste ; dans les 2 cas un seul
objectif : " extirper " le Nationalisme Corse.
A QUEL TITRE ? DE QUEL
ORDRE ? DE QUEL DROIT?
Ils étaient deux jeunes gens à Evisa, l'un
s'appelait Mimoun Marzok, l'autre Manu, profession orphelin. Deux copains, gagnant leur
vie comme ils pouvaient, plutôt mal que bien. Mimoun tenait un petit commerce de famille.
Ils étaient les chouchous du village, serviables, paisibles, affectionnés. Et puis il y
a eu le 25février la descente de police. Elle a déporté toute la flirnille
Marzok, certains menottés, revolver sur la tempe du père de famille, portes brisées,
interrogatoires poussés etc. Manu a eu droit à un traitement similaire. On se demandait
dans le village de quel crime ils pouvaient bien être coupable. La réponse n'est jamais
venue. Il faut donc continuer à poser la question inlassablement: à quel titre ? De quel
ordre ? De quel droit ? On parle trop souvent d'état de droit, pour qu'aucune réponse
quelle qu'elle soit, ne soit pas apporté de la part des autorités responsables ; Quelle
qu'elle soit ! Merci.
On aurait pu penser que le premier ministre de
rechange serait revenu plein d'usage et raison de sa demie traversée du Styx.
Mais son rendez vous manqué avec le Bon Dieu semble
l'avoir mis de mauvaise humeur. Il n'a pas tardé à passer son ire sur les journalistes
de F3 enfin coupables de révéler le mécanisme de la propagande officielle à-propos de
la Corse.
On n'ose imaginer ce qui se serait passé si les
mêmes journalistes avaient parlé de Kultur.
LE MILLENARISME BASTIAIS
A l'occasion de son retour de l'au-delà, le Ministre
de lintérieur nouveau modèle se rendit en Corse. Devant l'aréopage bastiais il se
livra aux déclarations historiques d'usage et bien entendu assura le respectable
auditoire qu'il croyait fermement au bâton plus qu'à la carotte pour faire des miracles
en Corse.
Ne voulant pas être en reste avec le thaumaturge
belfortain, un héroïque édile, bouleversé par l'émotion lui déclara qu
"ils avaient tenu 20 ans..." et qu'avec son aide tous les espoirs étaient
permis.
Vingt ans c'est quand même moins que mille. En
attendant nous suggérons à cet élu touché par la grâce de n 'attendre ni vingt ni
mille ans qu'un autre messie se présente pour prolonger les 45 m d'autoroute Bastia sud
pour passer commande d'urnes plus démocratiques, de mettre de l'ordre dans l'attribution
des logements et le paiement des loyers de l'office d'H.L.M etc.
Les écuries d'Augias enfin nettoyées cet Hercule de
la Démocratie pourrait à loisir rejoindre le stade de F... Flambant neuf pour y assister
au match de foot opposant pour la vingtième année consécutive les C.R. S à la réserve
du RAID Football Club.
LE POIDS DE L'R
Nous constatons avec satisfaction que le Premier
Ministre, après un an d'effort vertueux à la recherche de la sainte vérité, a
supprimé la lettre superflue qui nous empêchait à nous pauvres béotiens Corses de
comprendre le concept hautement républicain de " lÉtablissement de
lÉtat de Droit". (Corse Matin 14.02.1999)
Aux dernières nouvelles, les sauvageons du Fiumorbu
qui s'y connaissent s'en sont montrés soulagés. Quant à ceux qui figurent dans le
Bottin mondain de la 14ème avec un numéro à plusieurs chiffres, ils retiennent leur
souffle cherchant l'R qui rétablirait leurs droits en bon état, et les réintégrerait
dans le monde des vivants en les renvoyant dans leurs pénates.
GHJUSTIZIA, GHJUSTIZIA IN CASI
INDE L'ALTRI
Le régional de l'étape du gouvernement
Jospin-Chevènement a déclaré à propos de l'affaire BASTIA SECURITA: "Comment
tolérer en effet qu'une entreprise de collecte et de transport de fonds... soit dirigée
par 7 associés dont 4 sont mis en examen... C'est une situation unique en France".
(Corse Matin 7.02.1999) Rappelons à ce fils de son père que cette tolérance refusée à
des convoyeurs de fonds a été quand même et fort opportunément accordée à
d'éminents responsables des plus grandes maisons de France, tel le Conseil
Constitutionnel, la Chambre des députés, et plus haut encore la MAIRIE DE BATIA.
La Cinquième d'aujourd'hui c'est vraiment la maison
de tolérance, Marthe Richard doit vraiment se retourner dans sa tombe.
Jurassic Park
Longue interview de Nicolas Alfonsi dans la presse
insulaire. Un vrai bonheur. Cet homme là est providentiel, il nous a été envoyé par
Dieu pour nous conduire à l'indépendance. Avec Nicolas nous sommes au cur du
problème corse. Inutile d'en rajouter. Il nous a fait don de sa personne et comme ses
Calanques, il fait partie du patrimoine de l'humanité. Ce magnifique spécimen,
fossilisé, de la gauche insulaire, qui se présente sans rire comme un défenseur du camp
du progrès, de l'intérêt général et de la modernité, doit impérativement être
préservé. Cabotin et imbu de lui même, il délire depuis toujours devant une salle que
ses inepties ont fini par vider. Que lui importe ce que l'on pense de lui, Nicolas s'aime.
De toutes ses forces. Comme il aime les valeurs de la France éternelle et républicaine.
Nicolas aime aussi s'écouter parler. A l'Assemblée il ronchonne de bonheur en endormant
les autres, persuadé qu'il est l'incarnation même du verbe et de l'esprit républicain
descendu sur terre pour nous évangéliser. Il a toujours tout su, tout dit le premier.
Clémenceau lui-même aurait du l'écouter, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Tout
petit déjà, quand il répétait devant sa glace les mêmes propos insanes et
réactionnaires qu'il nous sert encore réchauffés, il se voyait en sauveur de la Corse
française et républicaine, installé à vie dans une fonction élective avec voiture et
chauffeur de fonction. Il jouit à présent en solitaire de l'état de droit comme d'un
bonheur rare qu'il lui a été trop longtemps refusé, avec la seule crainte qu'il ne lui
soit retiré avant l'acmé. Pauvre Nicolas, le bonheur est une chose si fragile et si
fugace! C'est promis, après l'indépendance, pour le récompenser de tant de sollicitude,
au lieu de le renvoyer à Paris dans les fourgons de l'armée française nous le garderons
ici bien au chaud avec nous. Il témoignera de ce qui a pu exister un jour sur notre terre
devant les nouvelles générations incrédules. Nous l'enfermerons l'hiver parmi les
collections du Musée de la Corse et nous le promènerons l'été, en représentation de
village en village pour animer les soirées. Ça fera rire les anciens. Ça amusera les
gosses. Pauvre Corse française, il est grand temps que cela finisse!
Produit informatif identitaire
Il serait faux de réduire la
production d'" informations " à un simple phénomène parisien. Nous avons nos
propres producteurs locaux qui exportent avec succès. Nous pouvons être fiers de ce
journaliste corse qui fait démentir à lui seul tous les lieux communs de sa profession
et du tempérament insulaire.
Avouant cyniquement " écrire ce
que veulent entendre ou lire ceux qui le paient ", il travaille sous divers
pseudonymes pour au moins une dizaine de grands médias nationaux et locaux, sans compter
deux agences de presse. Confondant allègrement publi-reportage et information, presse et
publicité, faisant là où on lui dit de faire, tout en servant divers intérêts
politiques et commerciaux sans oublier et avant tout ses intérêts personnels, ce
stakhanoviste de la plume et du son " informe " régulièrement sur la Corse
l'opinion française et insulaire à sa manière. Encore bravo pour ce magnifique exemple
de déontologie!
Nous comprenons très bien qu'avec un
tel exemple, en matière de rétablissement de l'état de droit, les journalistes puissent
nous donner des leçons.
Mais que fait le préfet Bonnet pour
le respect de l'" éthique du service public " si chère à son ministre de
tutelle ?
Le nationalisme demeure un contre-colonialisme, un
antidote contre la domination étrangère. F Braudel.
Lors du rassemblement du 20.2.1999 le Cumitatu di u Fiumorbu
avait invité les différentes composantes du Mouvement National à se réunir après les
élections territoriales. Nous rappelons que le meeting du 20 février avait rassemblé
-hors appareils politiques- les militants nationalistes de toutes tendances.
On avait senti ce jour là un grand souffle d'émotion et
l'expression d'une conscience nationale forte tendant vers l'union. Par la voix de
Ghjaseppu Colombani, u Cumitatu di u Fiumorbu nous avait fait part d'un projet d'une
réunion après les élections.
Le 14 mars, les exécutifs des différents partis
nationalistes se sont donc retrouvés à Ghisonaccia. Cette concertation à laquelle
assistaient 300 militants s'est déroulée dans un climat fraternel et constructif
Du communiqué paru dans la presse dès le lendemain, il
ressort que l'appel du Cumitatu a été largement entendu et que son initiative a
entraîné l'adhésion de l'ensemble du Mouvement National. Ce besoin de se retrouver
s'est traduit par la proposition d'un projet commun de réflexion au sein d'un séminaire
représentatif de toutes les tendances.
Nous remercions u Cumitatu, non seulement cette initiative
remarquable nous a permis de nous réunir mais elle a de plus ouvert la voie à une
méthode cohérente qui permettra au Mouvement National d'entamer l'indispensable
aggiornamento et sa marche vers l'Unité.
Lettre
aux militants du comitée du fiumorbu par Marcel Lorenzoni, toujours incarcéré à
fresnes
Fresnes le 18 mai 1999,
Lettre aux militants du comite du fiumorbu
Ce que je perçois de votre démarche, concrétisée par la
manifestation dAiacciu minspire les réflexions suivantes :
Historiquement : Nos " succès "
électoraux et les grandes manifs ont été suivies de périodes de stagnation, ou de
graves provocations avec effusion de sang. Ne prenons pas laffaire des paillotes
pour autre chose que ce quelle est, un accident dans un programme de provocations.
Afin de prévenir ces risques, il est urgent dajuster
les analyses, de remporter ladhésion populaire suffisante, par un choix de
communication et dactions adaptées, sinspirant notamment du type
daction qui a prévalu dans les pays de lEst avant leffondrement de
lU.R.S.S que J.Colombani a bien fait de mentionner, en remettant en question nos
références habituelles en la matière, quelles soient Basques, Irlandaises ou
Kanaks, qui pour le moment nont pas abouti, quoi quon en dise, ou quon
essaie de nous faire croire.
La désinformation est depuis toujours larme n°1 des
dominants contre tous les dominés. Il faut en prendre conscience, et établir les moyens
dune riposte adaptée.
Ils ne peuvent être que ceux dun retour aux sources, à
la base, tenant compte des 20 dernières années de la lutte, permettant dorganiser
les différences qui sont une réalité, avec pour références réaffirmées, ce que
notre peuple a été capable de réaliser dans le passé, chaque fois que lHistoire
lui a permis déchapper à loccupant du moment, en particulier pendant la
période Paoliste, et pendant la dernière Guerre Mondiale.
Le lien privilégié de ce " retour aux
sources " est la Pieve, ou le canton en milieu urbain. Par le contact quotidien
entre militants et avec la population, il permet la permanence du débat, le règlement
des contentieux, la définition de laction la plus adaptée et son exécution. Cest
pourquoi il faut créer partout des Comités inspirés du vôtre.
Il est nécessaire de réaffirmer que le progrès ne peut
venir que dune adaptation institutionnelle immédiate, de nature à faire
évoluer la situation de la Corse vers de plus grands équilibres, dans le respect de sa
culture, ce quaucun " changement " jusquici na pu
permettre. Cela doit être notre but pour le moment.
Il faut faire partager ce but par le plus grand nombre
possible de gens, et le choix des moyens est primordial.
Au stade où nous en sommes, il est nécessaire de
salléger de tout ce qui peut oblitérer cette démarche.
Il faut en particulier, cesser dêtre le fonds de
commerce des policiers et des juges. La médiatisation du problème corse, puissamment
servie par laction clandestine, est portée aujourdhui au niveau dune
affaire détat. Les échecs de tous les gouvernements depuis aléria sont
aujourdhui notoires.
Dans ce contexte, qui devrait nous être définitivement
favorable, la clandestinité sert dalibi aux tenants les plus acharnés du statu quo
colonial, et dappui à la seule capacité exprimée par lEtat Français, la
Répression par tous les moyens.
Sans oublier que toutes les trêves de laction
clandestine nont entraîné en retour et jusquà ce jour, que double discours,
pourrissement et promesses non-tenues de la part de lEtat français. Les clandestins
prenant la mesure de la situation nouvelle, doivent suspendre sine die leur action, afin
denlever leur principal argument aux détracteurs du mouvement national, et de
permettre lUnité de ceux qui demandent au-delà du Mouvement National, un mieux
être pour le Peuple corse.
Lorsque, et je ne le souhaite pas, il savérera que les
aspirations populaires seront de nouveau sans suite, la " violence
politique ", que lon appelle Guerre lorsque les forces sont plus
équilibrées, redeviendra comme depuis longtemps et dans le monde entier, de
" laction politique poursuivie par dautres moyens ".
Pour porter cette nouvelle démarche, et pour donner tout son
sens à la volonté exprimée dans le Fiumorbu, une structuration efficace, respectant les
différences et collant au terrain est seul gage defficacité.
Il est nécessaire, tant au plan local, quau plan
National, dinstaller une structure légère pour un temps limité avec obligation de
résultat.
Les tâches essentielles seront :
la définition et lorganisation de la réflexion des
moyens humains et matériels,
la collecte et lutilisation des moyens financiers,
lorganisation de la communication,
Lorganisation et la maîtrise de laction en
veillant particulièrement aux problèmes de sécurité, des comportements militants, de
rétablissement de la confiance entre militants et avec la population, et en matière de
contrôle de la désinformation et des provocations éventuelles.
Malgré un très professionnel brouillage médiatique,
lEtat Français donne le spectacle dune décomposition inexorable de sa
version " Vème République ".
Par ladaptation de nos pratiques, il faut convaincre
quun changement radical est non seulement souhaitable, mais possible. Il faut faire
renaître le rêve et lenthousiasme des débuts, se débarrasser de tous les aspects
négatifs accumulés en presque trente ans, et qui touchent toutes les composantes pour
une raison ou pour une autre ; les plus chargées étant celles qui ont payé le prix
le plus cher à la lutte, et ce nest pas un hasard.
Un effort général dhonnêteté intellectuelle, de
cohérence (co-érrance ?) mieux, de cohésion, dabnégation, mais aussi
defficacité en matière de communication et daction est nécessaire, en
illustration des principes et des idéaux réaffirmés.
Il ny a rien à inventer, il faut seulement mettre en
harmonie les propos et les actes, et sortir des sentiers battus.
Je continue de croire que les 14 premier points de
lorganisation politique de Corsica Nazione peuvent être la base du projet que
lensemble de la classe politique semble souhaiter.
Ils couvrent toutes les nécessités de la vie de notre
collectivité, et doivent dans les principes et les objectifs, rallier une grande
majorité.
Le débat général devrait concerner tous les partis,
syndicats, associations et permettre de déboucher rapidement par lintervention de
spécialistes, sur un projet chiffré, en Recettes et en Dépenses, à soumettre à
lEtat Français et à lUnion Européenne, sous peine encore une fois,
dêtre pris en remorque par les jacobins finissants, mais présents.
*****
ORGANIGRAMME (exemple)
* COMITE DE PIEVE OU DE CANTON URBAIN
Les militants de toutes les organisations installent à leur
convenance une structure coordonnée chargée au niveau local dorganiser :
Le débat
Les actions
Les moyens humains, matériels et financiers
La communication
Linformation, la formation, la sécurité
La représentation au niveau National.
*
Les representants des cantons ou des pieve forment A
CUNSULTA qui élisent pour un an, sur candidature individuelle, des responsables, et
leurs adjoints chargés :
1° des débats en séminaires, de lorganisation, de
la définition des actions ;
2° des moyens financiers ;
3° de la communication, de linformation, de la
formation, de la sécurité ;
4° de la représentation au niveau International,
incluant les élus éventuels.
Lensemble forme lExécutif.
* Les chargés de mission organiseront leurs groupes de
travail à la convenance, en recherchant la compétence.
A défaut dunanimité, la règle majoritaire simple
sapplique à tous les niveaux avec le bénéfice de lâge en cas
déquilibre des voix.
Il faudra apprendre les choix les moins coûteux, avec
obligation de résultats, et ladaptation tactique rapide ne cas déchec, en
ayant soin daller toujours du moins au plus, et jamais linverse, avec la
nécessité de durer.
Vi pregu Bona Strada, un passu, per avà, fà altru !
Le PPI doit reprendre son autonomie afin de
mieux participer à la structuration de lensemble en faisant un pont entre Corsica
Nazione et les autres groupes. Il est le mieux placé pour le faire à condition de
réaffirmer son identité.
Le gouvernement français se sait maintenant
forcé de négocier, au delà de ses affirmations publiques. Il choisit la répression
(verdict Leca, Santoni, Confaix) pour installer le rapport de force ; Ce nest
pas la première fois.
En conséquence logique, les attentats
reprennent, une nouvelle phase souvre, chargée despoirs et de dangers. Les
problèmes graves ont toujours suivi les succès électoraux. Signe de progrès : le
Collectif de Ghisonaccia.
Il ne doit pas être un super comité
anti-répression, il ne doit pas être non plus une addition périodique de sigles.
Il doit être le modèle de concertation, puis
dorganisation au niveau du canton, tant en milieu rural, quen milieu urbain,
sur lensemble du territoire, et la vitrine de la réalité future de la Corse.
PROPOSION DU P. P. I
. Installation dun collectif dans chaque
canton ; Structuration au niveau du canton :
élection de 2 délégués
installation dune trésorerie
installation dune commission sécurité et action.
. Au niveau national :
Les délégués des pieve et cantons forment A
Cunsulta provisoire, préfiguration du futur. Ils élisent parmi eux un exécutif de 12 ou
15 membres, choisis parmi ceux qui sont à même de mieux remplir leurs missions. Tous ses
membres ont le même titre.
1. Commission des structures : assure
le fonctionnement, propose les modifications
2. Commission des finances : collecte
et gère les fonds, (cotisations des comités, dons directs)
3. Commission de la sécurité :
- organise la sécurité permanente,
- rediffuse la formation,
- arbitre les conflits (avec A Cunsulta en
dernier ressort),
- structure le service dordre.
4 . Commission de linformation et
de laction politique :
propose à A Cunsulta les actions à mener sur son initiative,
ou sur proposition dun ou plusieurs comités
organise linformation interne et externe
comprend la fonction de porte parole.
Afin de retrouver limage des débuts, le
mouvement national devra privilégier laction populaire, lexpression
culturelle, la joie.
Cette action visera non plus à reformer le
système dominant, mais à installer sur la bases des principes et des objectifs des 14
points de Corsica Nazione, un pouvoir national, seul garant de lépanouissement des
potentialités de la Corse.
Cest un remède miracle. Il nest pas la
pour guérir le malade mais pour lui faire plaisir ; Et ça marche.
Le malade à sa seule vue se croit guéri. La
politique étant un des placebos les plus connus et les plus rentables. Elle convainc des
communautés entières en les appelant à ses urnes, les rassemblant par millions dans une
course en sac officielle et dotée de laffection générale. Il y a là une
clientèle de la Libre Parole sans concurrence. Tout un arsenal publicitaire pousse à la
roue démocratique, doté des instruments techniques du progrès le plus avancé. Bref un
idéal pour les publicistes de tous bords ; un fond de commerce librement ouvert à
tous les candidats ; ils y ont tous leur part de marché. Même si tous ne peuvent
bénéficier du même succès, tous coude à coude y deviennent enfant du même espoir.
Les gouvernements de leur côté sen amusent.
Nous savons et nous voyons que la communauté corse
est très avide du placebo démocratique. Elle ne croit quen lui. Cest
pourquoi elle sabandonne aux flatteries publicitaires sans réticence. Une vraie
foire dempoigne " à qui gagne perd ! ". On y vend les
existences humaines à lencan. Des " médecins " de la Parole
Verbale ou des " mages " habiles portant bannière offrent aux peuples
des avantages illusoires mais bien présentés. Tout est-la. Tout pour la galerie, car cest
la que se tient la clientèle qui déambule inépuisable et permanente au point que si on
votait chaque jour, on la trouverait chaque jour disponible. Le perdant ny perd que
le temps de se préparer au vote suivant. Telle est la parade du bal masqué. Très
masqué. Une noria de masques pour pas grand chose
Il faut savoir en effet que cest par delà la
" fête votive " que sexerce le pouvoir en France. Ce nest
pas lEtat qui en détient la clé mais lAdministration, sournoise en sa
perpétuité et en ses méandres plus ou moins mythologiques alimentés par les secrets détat ;
Même si elle nest pas létat, elle contrôle et guide létat comme un
chien daveugle conduit un aveugle. On la vue à luvre lors du départ
précipité du général De Gaulle bien quil fût roi des rois ; lAdministration
la renvoyé à ses chères études parce quelle ne voulait pas souscrire à
son projet constitutionnel de décentralisation. Cette Administration est toujours là, en
place et en bonne place. Les diverses révolutions ny ont pas changé grand chose.
Elle tient la place dHugues Capet, de Robespierre et de Napoléon. Rien na
changé, surtout pas sur intervention électorale. A tout moment lAdministration
peut tirer " de derrière les fagots " un décret, une recommandation,
un avis, un amendement, une réglementation, un article organique inspirés de la
" France éternelle " pour modifier tel ou tel statut, dans les
services, les organismes, offices ou bureaux indépendants en principe du corps
électoral. Le sort réservé arbitrairement à larrêté Miot touchant la vie
profonde et historique de la Corse, est à ce titre hautement significatif. La détention
illimitée de citoyens français (mais de murs corses) prisonniers politiques affublés
tout exprès de la casaque " droit commun " par la seule volonté du
pouvoir administratif en dit long sur larbitraire dune justice française dont
Anatole France disait dans Crainquebille " quelle na pas besoin dêtre
juste puisquelle est la justice ". De même que la loi na pas besoin
en France dêtre légale puisquelle est la Loi. On sen aperçoit tous
les jours. La rengaine sur létat de droit serinée nuit et jour par les
fonctionnaires détat en Corse, est devenue une tarte à la crème qui fait rire aux
larmes, tant nous vivons tous, ici, sous le signe dun éternel Amen.
NATIONAL
REPUBLICANISME OU NATIONAL SOCIALISME ? TELLE EST LA QUESTION.
Dans El Païs, José Vidal-Boneyto observe avec scepticisme lémergence
en France dun courant Bolcho-Bonapartiste, en opposition à un regroupement
Libéraux Libertaires, incarné dans le monde par Blair, Clinton, Dalema ou
Schröder, et en France par Strauss Kahn, Voynet ou Giscard comme précurseur.
Ce néo Bolchevisme encore qualifié de " National
Républicain " rassemble une vaste mouvance faites dintellectuel
socialitaires gloseurs des " valeurs républicaines " à la façon de
Régis Debray ou Max Gallo, des organes de presse tel que notamment Marianne, des
" clubs " de réflexion, et un conglomérat politique apparemment
hétéroclite : Parti Communiste, droite Gaulliste (Pasqua) ou vieille France
(Devilliers), laile gauche du PS (Aubry, Glavany), et le Mouvement De Chevènement.
Les points communs sont :
*La revendication de la Nation, au sens jacobin du terme, en
tant que cadre exclusif de la citoyenneté et du " jeu "
démocratique, pas de liberté dexpression admissible en dehors de ce cadre
imposé ;
*La contestation radicale de loption mondialiste
libérale, car le monde cest la France, le reste est dans lerreur puisquil
ne veut pas être français ;
*Lhostilité à la construction politique européenne
telle quelle seffectuerait aujourdhui, mais en fait lhostilité
tout court, lalibi dAmsterdam remplaçant celui de Maastricht ;
*La primauté de la République sur la Démocratie.
Précisons le, lauteur tout comme nous, renvoi ces deux
courants dos à dos. Il estime en effet ce National Républicanisme, tout droit sorti du
XIXéme siècle, incapable de nous sortir de lornière dans laquelle nous ont
enfoncés les apôtres de la pensée unique.
Ce débat qui pourrait nêtre quacadémique nous
concerne pourtant directement car la Corse sert aujourdhui de terrain dexpérience
à lidéologie du renouveau national Jospetiniste.
Le zombi de lintérieur à travers Bonnet et Bruguière,
lAubry et le Zuccarelli à travers leur chasse au S.T.C dans le secteur public, le
Gayssot par lintermédiaire des ses " camarades " corso
marseillais dans le secteur des transports ont entrepris la mise au pas républicain à
titre expérimental de cette région par trop libertaire à leur goût, et si ça marche,
ceux qui aujourdhui se taisent, en Corse et en France, se mordront les doigts car ce
sera leur tour, selon la bonne vieille technique dabord le juif, puis le noir, puis .
Brecht prédisait : " Le ventre est encore
fécond doù a surgi la bête immonde " ; Pour tous elle aurait le
visage de Le Pen, erreur ! Comme il fallait sy attendre la bête a bien
ressurgi mais doù on ne lattendait pas, de la gauche française, seuls les
ignorants de lHistoire seront surpris.
Car en fait, quest ce que ce discours sur les valeurs
républicaines, valent t elles une seule violation des droits de lhomme, valent t
elles " lextirpation " dun peuple de sa terre ; Quest
ce que cette citoyenneté où le seul droit est celui de penser la révélation assenée ?
Quest encore que cet humanisme qui nie lexistence de ceux qui refusent lassimilation
forcée, mais qui critique cependant ce même procédé quand il le subit lui-même par le
biais de la mondialisation ; Quest ce enfin que cette République qui pour
séduire une plèbe quelle méprise se sert des vieux démons nationo-populistes, et
utilise la désinformation, lamalgame, la calomnie, la terreur à légard de
ceux qui lui résistent.
Cette république qui sest fait une spécialité de linversion
des valeurs et de la signification de toute chose ; trahit la démocratie en faisant
mine de la confondre avec la république ; trahit la Nation en la confondant avec un
territoire et une population arbitrairement délimitée ; Trahit la laïcité et la
liberté de conscience en lui substituant une religion de lEtat ; Trahit la
Légitimité en la remplaçant par le Légalisme et la Souveraineté par le monopole de la
Violence ; Trahit enfin lantiracisme en en pervertissant lidée au point
de faire passer la négation de lautre comme un honneur fait à celui quon
intègre en lobligeant à se renier.
Lexception française, cest lart demprunter
les idées des autres pour en faire - dit-elle - la synthèse pour nen retenir que
le meilleur au nom dune sainte modération cartésienne, mais qui en réalité
subvertie tout ce quelle touche pour in fine nen retenir que le pire.
A. Istria
DEMOCRATIE. TYRANNIE. TOTALITARISME
Une République peut indifféremment recouvrir
un système démocratique, tyrannique ou totalitaire ; Il peut exister dans ces trois
régimes des élections, des organes de presses, des partis, syndicats et
associations ; Quest donc alors qui les différencient ?
*La Démocratie implique un statut et des
garanties pour lopposition, des droits intangibles dexpression, une presse
indépendante et critique (dinvestigation et non pas seulement factuelle).
*La Tyrannie repose sur la répression de lopposition,
le bâillonnement de la presse (censure), et le cantonnement des modes dexpression
(corporatisme).
*Le Totalitarisme empêche lopposition démerger
en lanéantissant avant même quelle ne se constitue (par corruption,
désinformation calomnieuse ou, in fine élimination physique). Cela implique
nécessairement un contrôle absolu de linformation et des corps intermédiaires
transformés en courroies de transmission de la propagande dEtat.
Auquel de ces trois systèmes ressemble le
plus la Corse Française et Républicaine, alias Etat de Droit ?
ETAT DE CHIEN
Quelles points communs existent-ils entre un
chien et un corse national républicain français:
Ils font tous les deux le beau devant leur
maître et montrent les dents quand on touche à lui.
Quelle différence y a t il entre les
deux :
Quand on frappe un chien, il montre les
dents ; Quand on frappe un corse national républicain français, il montre son cul.
Titre hautement significatif choisi par Michel Jobert
pour sa dernière Lettre du 27 février. Décidément le terrorisme fait recette. En Corse
nous en connaissons un brin de cette recette. Michel Jobert a désigné trois terrains au
moins où le terrorisme sapplique, avec une vertueuse vigueur sous la poigne
dEtats membres de la bonne société internationale :
-Le Timor Occidental, où larmée indonésienne
exerce une traque sanglante " au bénéfice de la loi ",
-la Turquie, où les services étatiques servis par
les états unis et Israël, ont donné leur coup de main à lenlèvement dApo
Abdullah Ocalan incarnant depuis 1984 la résistance du peuple Kurde (dont 12 millions sur
25 vivent en Turquie) traité en séparatiste criminel. Cest là une affaire qui
troublera pour longtemps la paix en Asie Mineure.
-La troisième puissance antiterroriste étant les
Etats Unis. Dans le dernier discours sur létat de lUnion, le Président
Clinton, le 22 janvier 1999, déclare la guerre au terrorisme comme ennemi public n°1.
Désormais ce nest plus à la Russie, à la Chine ou à lIslam que cette
accusation sadresse. Le président américain envisage la création dun
commandement militaire intérieur, à limage de celui qui existe déjà dans le
domaine extérieur sous le nom de pacte atlantique. Il sagirait de mobiliser les
tripes du citoyen américain dans une union sacrée contre le terrorisme promu ennemi à
léchelle planétaire pouvant intervenir " at home ". Ainsi
pourrait faire son apparition, un O.T.A.N new look autorisant les Etats Unis à sen
prendre partout sur la planète aux sujets mécontents du despotisme de létat qui
les gouvernerait. Les causes du terrorisme sont pourtant bien connues des spécialistes
américains eux mêmes ; Il suffirait de lire " Les veines ouvertes de
lAmérique Latine " écrit par un professeur déconomie politique
enseignant dans une université américaine pour sen convaincre.
La première parade au terrorisme ne serait elle pas
de sattaquer aux dénis de justice qui perdurent parmi les crucifiés de la misère
partout où éclatent des luttes populaires désespérées et désespérantes, dont les
états se disant progressistes refusent dentendre la voix.
Le processus est archi-connu. Les théologiens du
Moyen âge savaient bien, et ils lenseignaient que cest dabord en nous
même que loge lenfer, que cest en nous que nous le portons et
lalimentons ; Et que logiquement cest en nous, à lintérieur de
nos sociétés dites civilisées, quil nous appartient dabord de le combattre.