SITE OFFICIEL DU JOURNAL "PER L'INDIPENDENZA DI A NAZIONE"

1999

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Liste pour les municipales de 1999 Aiacciu
Projet de constitution pour une corse indépendante
Marcel Lorenzoni
DRAFTING A CONSTITUTION FOR AN INDEPENDANT CORSICA
comité de rédaction
 
Sommaire A Nazione
NUMARU UNU MARZU 1999 / Numéro UN Mars 1999
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A NAZIONE NUMARU UNU 01.jpgLe mémoire de Me Felli, avocat de Marcel Lorenzoni

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EDITORIAL : Cap'Articulu, le sens des mots d'Anghjulinu

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 La Resistance à long terme ?

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 Quandu u populu rispondi a a chjama di u statu

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 Riflessione : E AVA ?

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 LIBERTA !

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 Libre Propos : Etat de droit et droit des nations de Petru Rossi

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 ETAT DE DROIT ET DROIT DE GREVE

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 ACTUALITE

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 L'esprit des temps privés d'esprit

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 A STRADA DI L'AVVENE

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 Lettre aux militants du comitée du fiumorbu par Marcel Lorenzoni, toujours incarcéré à fresnes

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 Lettre de Marcel Lorenzoni adressée au P.P.I

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 LE PLACEBO.

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 NATIONAL REPUBLICANISME OU NATIONAL SOCIALISME ? TELLE EST LA QUESTION.

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 A CHACUN SON TERRORISME

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Le mémoire de Me Felli, avocat de Marcel Lorenzoni

L'affaire MARCEL LORENZONI : un cas flagrant de détention arbitraire. Voici le mémoire émanant de son défenseur Me  LUCIEN FELLI, et remis par les proches de MARCEL LORENZONI au président de l'Assemblée de Corse : JOSE ROSSI. Celui-ci a lu le mémoire devant les conseillers territoriaux en les engageant à exprimer leur opinion ( 20/07/99 ).Aucune question n'a été posée, et le mémoire n'a donné lieu a aucun débat.

Monsieur MARCEL LORENZONI est arrêté le 09/02/1998 dans le cadre de l'Affaire ERIGNAC.

Il est contraint d'engager une grève de la faim très dure au terme de laquelle il perd 28 Kg ( MARCEL LORENZONI est âgé de 55 ans ); il est alors entendu pour la première fois par le Juge BRUGUIERES trois mois après son incarcération soit fin Mai 1998.

Il est mis en examen pour " infraction à la législation sur les armes et détention d'explosifs " et " association de malfaiteurs " notion vague et imprécise dont la XIVéme Section fait un usage important et extensif.

Pendant 17 mois de détention MARCEL LORENZONI a eu à subir de nombreuses auditions n'ayant qu'un lointain rapport avec les faits visés ( armes et explosifs ) et rattachées artificiellement à des faits plus grave c'est à dire avec l' " Association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste " tout ceci sans le moindre commencement de preuve.

MARCEL LORENZONI a été entendu sur les différents aspects de la vie socio-économique de l'île telles que notamment les filières agricoles, porcines, etc...

S'agissant de la procédure pour détention d'armes et d'explosifs, les expertises n'ont aucunement apporté la preuve que ces explosifs ont pu être touchés par MARCEL LORENZONI.

Le problème de leur présence dans une maison non occupée à BASTELICA reste entier et la suite des événements tendant à essayer de compromettre MARCEL LORENZONI est une explication très claire.

Toujours dans le cadre de la XIVème Section, MARCEL LORENZONI a été mis en examen par le Juge RICARD; procédure sanctionnée par la Chambre d'Accusation de PARIS ( La Chambre d'Accusation a rendu un arrêt de mise en liberté sur ce chef d'inculpation ).

Le Juge BRUGUIERES prolonge sa détention tous les quatre mois.

La dernière en date du 13 Juin dernier devrait porter sa détention provisoire à 21 mois au 13/10/1999.

Il est fait régulièrement reproche à MARCEL LORENZONI d'avoir détenu des documents relatifs à un programme de formation militaire ( arrêts de la Chambre d'Accusation ).

Cette erreur répétitive est d'autant plus grave qu'elle ne concerne pas le dossier de MARCEL LORENZONI.!!!!

En réalité MARCEL LORENZONI a été mis en examen pour " détention d'armes et d'explosifs " et de façon détournée pour une enquête globale et générale en Corse dans le cadre de l'affaire ERIGNAC.

On lui reproche une affaire grave... non pas au regard de faits qui le concerne mais au regard d'une liaison artificielle avec les faits graves relatifs à l'affaire ERIGNAC. La poursuite de l'information et la multiplication des investigations n'ont pas de rapport direct tel que visé par la mise en examen avec le dossier de MARCEL LORENZONI.

Il est reproché par ailleurs à MARCEL LORENZONI des activités terroristes.

Rien dans le dossier n'accrédite cette mise en cause sauf que les explosifs étrangement retrouvés à BASTELICA, auraient servi dans le Sud de la Corse à PIANTARELLA et à BONIFACIO...Attentats sur lesquels il ne semble pas que l'on ait beaucoup de renseignements...

Le dossier MARCEL LORENZONI représente actuellement 70 volumes qui représentent l'intégralité de toutes les enquêtes, auditions, rapports, etc...mis en mouvement depuis le 06/02/1998.

Le traitement d' un tel dossier-  est-il besoin de le souligner- devient impossible et achève de rendre très difficile le travail de la défense.

Inutile d'évoquer la fameuse notion de présomption d'innocence qui se traduit en l'occurrence par une présomption de culpabilité non étayée à ce jour par aucune qualification de faits précis.

La détention provisoire de MARCEL LORENZONI a excédé aujourd'hui un délai raisonnable et ne paraît plus justifiée au regard de l'article 144 du C.P.P.

Il y a manifestement dépassement des limites de la compétence matérielle du Juge d'Instruction dans le cadre de la saisie incidente suite à l'enquête de flagrant délit ouverte en raison de la mort de Monsieur le Préfet ERIGNAC.

MARCEL LORENZONI a fait évoquer devant le Parlement Européen lors d'une Conférence de Presse le 13 avril 1999 l'article 5 et l'article 6 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme qui introduisent les notions de " délai raisonnables, de procès équitable, etc...".

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen d'août 1789., préambule de la Constitution du 03/09/1791 précise dans son article 9 :

" Tout homme est présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable".

L'article 11 de l'Assemblée Générale des Nations Unies précise :

"Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées"

P.S. 1 : MARCEL LORENZONI depuis le  mois de Février 1999 dépose tous les jours une demande de mise en liberté et sur les rejets opposés par le Magistrat Instructeur fait appel devant la Chambre d'Accusation qui confirme régulièrement son maintien en détention.

P.S. 2 : La Cour de Cassation ayant statué sur un pourvoi contre un Arrêt de la Chambre d'Accusation, la Cour Européenne des Droits de l'Homme est saisie.

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EDITORIAL : Cap'Articulu, le sens des mots d'Anghjulinu

Le sens des mots 

" Si l’Etat interdit et sanctionne la violence et l’injustice des particuliers, ce n’est pas parce qu’il veut en protéger la population, mais bien parce qu’il veut en garder le monopole exclusif tout comme il possède déjà celui du sel et du tabac ". Freud .

Noyer la vérité dans un océan de mots de pacotille ; multiplier les formules et les nuances tout en détruisant leur sens réel, compliquer les démarches administratives jusqu’à les bureaucratiser par des voies administratives réservées à des invités tenus au secret professionnel, est devenu la méthode la plus moderne de gouverner. Faire en sorte que le grand public n’y comprenne rien ! C’est ainsi que l’on comprend à dessein des notions antinomiques comme peuple et nation, Etat. La France, soucieuse de rassembler de force son idéologie politique, sa même banalisé la fameuse locution :  " La France est notre patrie ". Faux : la France n’est qu’un Etat et rien d’autre, c’est à dire une machine. Puissance et société militaires, la France n’est pas une nation. Elle veut ignorer la réalité des nations, qui par définition constituent les seules vérités politiques émanant des " peuples ". Les peuples seuls, s’inscrivent dans une réalité créative de culture, d’histoire, d’esthétique, d’éthique, de droits, de cadres et des mœurs qui participent des vraies souverainetés. Le peuple n’a pas besoin de l’Etat pour vivre, se perpétuer et prospérer. IL a seulement besoin d’être organisé en communautés protectrices et coopératives pour établir ses relations avec le monde extérieur. IL est et demeure une substance vivante et créatrice. On l’appelle alors Nation.

Les exigences du droit qui habite et définit les peuples rendent inutiles la force extérieur de la loi.

La Nation se dote elle-même d’une force, d’une défense sociale rassemblée autour d’une morale représentée par la justice, pilier primordial de la solidarité.

L’Etat n’apparaît dans tout son arbitraire que sous la pression des interventions internationales lorsque ces dernières acquièrent une telle puissance qu’elles exercent une menace destructrice sur la Nation.

Les risques de destruction exigent dès lors la présence d’un organisme de relations extérieures appelé Etat, en quelque sorte corps étranger à la Nation mais à son service.

Ce n’est donc pas l’Etat qui détient la souveraineté réelle mais la Nation - c’est à dire, enfin de compte, le peuple et lui seul – Les états, les régimes, les constitutions, les administrations et les armées passent ; les peuples demeurent. Ils sont la mémoire et l’avenir de l’histoire humaine. Que pèse cet Etat que des manipulateurs intéressés ont qualifié " d’ordre démocratique " au regard des temps longs de l’histoire des peuples ?

Seul le constitue la conjonction d’intérêts sordides s’appuyant bien souvent sur le crime, l’injustice ou l’imposture…

Il est paradoxal mais combien évident, que le République, alors même qu’elle appelle à se détourner de Dieu exalte dans le même temps l’Etat jusqu’à le diviser . C’est ainsi qu’elle a décrété la mort des peuples de France au profit de l’Etat. Du moins le croit-elle ! car les peuples demeurent en sentinelles de l’histoire. C’est cette permanence que craignait Georges Pompidou dans ses mises en garde contre toute atteinte à la souveraineté de l’Etat (discours du 1er Janvier 1972 ), parce qu’il y voyait une menace contre l’existence même de la France. Cela en dit long. En effet, durant des siècles les peuples rassemblés sous la majesté du Roi – sur le territoire appelé aujourd’hui " France " - ont maintenu l’Etat dans son rôle " présidentiel ",consacré surtout à la politique extérieure sans intervenir dans les coutumes, la culture et les mœurs.

Il aura fallu la Révolution de 1789 pour que l’utopie d’une " France de toujours ", franchissant les siècles pour se réclamer d’une initiative divine incluant Vercingétorix, s’affirme d’essence littéralement métaphysique. " l’histoire nous montre que notre peuple n’a pu, au cours des siècles, se constituer en nation que par l’aide de l’Etat " déclare G. Pompidou. Ainsi, la France serait non pas la création vivante du cours de l’histoire humaine, mais celle de la fantaisie d’un décret du gouvernement révolutionnaire auquel ses peuples ont du obéir par la force de la guillotine. Pourtant, ils ne parlaient guère le français ; ils ne voyaient jusqu’alors dans le roi qu’une sorte de grand évêque perdu dans le ciel du pouvoir qu’il fût italien, espagnol, anglais ou corse leur importait peu. Ce sont les politiciens français du XVIIIème siècle qui ont imposé une république dont ils ont fait, entre autres, de Jeanne d’Arc l’héroïne d’une mythologie qui les servait et cela dans l’indifférence générale. Les peuples de France regardaient passer cette image comme ils regardaient passer les saisons. " Ainsi soit-il disaient-ils sans s’interroger sur le spectacle insolite de Jeanne la Lorraine paradant sous les plis d’un drapeau tricolore qui aura comme Robespierre, Bonaparte , Clémenceau et De Gaulle ! Pourquoi pas Jean-Paul de Rocca Serra ?

Français parmi les Français, il partagerait lui aussi la souche de Vercingétorix et de la Pucelle d’Orléans.

ANGHJULINU


 

Source photo : Unità Naziunale, Archives du site, Express (Marcel Lorenzoni).
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La Resistance à long terme ?

A RESISTENZA !

La Résistance face au colonialisme Français, doit être appliquée à long terme. En moins d'un an, trois préfets ont appliqué les règles essentielles d'un Etat Jacobin qui ne cache plus ses objectifs sur la corse :Eliminer la Corse de ses habitants. Tous les moyens sont bons, et l'opinion publique française ne cache plus son racisme anti-corse.

Depuis l'Affaire de la paillote de "Chez Francis", et le rebondissement miraculeux dans l'Affaire Erignac, Des voix s'élèvent pour demander la libération du préfet Bonnet. Et bien soit, dans une démocratie comme la France se vante de l'être, la présomption d'innocence doit s'appliquer à tous y compris au Préfet bonnet. De plus si elle doit s'appliquer au Préfet, elle doit aussi s'appliquer à Marcel Lorenzoni, Carlu Pieri et bien d'autre encore. Mais là, ces mêmes voix ne se font pas l'écho de l'injustice que subissent nos prisonniers politiques. De plus, depuis que les soit-disants assassins ont été interpellés et jetés en prison, des voix aussi fortes que stupides légitiment la mise à feu de la Paillote, par des propos aussi anti-démocratique que raciste, ainsi l'ancien ministre Pandrau donnerait raison au préfet s'il avait demander aux gendarmes de mettre le feu. Il ne voit pas de différence entre la destruction légale par le Génie et la destruction illégale par le commando canal Etatique. Il affirme que si faute il y a eu, c'est seulement de n'avoir pas demander l'assistance des Pompiers comme il se fait quand on pratique l'écobuage... Il rejoint dans son discours anti-corse, les Raymond barre, les Daniel Gelin et autres chevènementistes qui nous traites de sauvageons depuis quelques temps!

Ce racisme latent anti-corse n'offusque personne, même en corse, tant le choc des événements est important, la réaction est quasi-nulle. Face à cette colonisation qui se cache derrière un retour à l'Etat de droit, la résistance ne doit pas être rapide et violente, au contraire, elle se doit d'être faite sur le long terme et en totale légalité, au grand jour. Une mobilisation populaire large, au delà des nationalistes et des partis traditionnels. Une réaction spontanée à chaque article anti-corse, à chaque phrase raciste envers notre peuple ou à chaque rafles visant à criminaliser nos citoyens.

Pourquoi ne pas créer une licra ou une micra Corse, chargée de vérifier, de lire, d'analyser, d'écouter et de prendre notre défense face au racisme quotidien. Cette Résistance là, légitime, peut saboter la colonisation pernicieuse en marche en Corse depuis quelques temps. Le retour des arrestations massives avec déportations en France de nos militants, frères, mères et amis continuent de remplir les geôles françaises, sans que plus personnes ne les dénoncent fermement.

U troppu stroppia

 

PAOLI@99


 

Source photo : Unità Naziunale, Archives du site.
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Quandu u populu rispondi a a chjama di u statu

LA DECOLONISATION EN MARCHE

Le couple Etat-Gouvernement a obtenu les 7 et 14 mars des éléments de réponse à la question posée:

"approuvez vous la politique de la France en Corse ? Le vote des territoriales revêtait sans conteste une signification référendaire. Résultats : 49,98% seulement pour les partis étatiques."

Cette inversion d'une tendance séculaire induit de facto l'émergence historique de forces centrifuges dont le total dépasse la moitié des suffrages exprimés. Le clivage politique en Corse ne se situe plus entre nationalistes et non nationalistes mais bien entre thuriféraires de l’État, et partisans décidés d'une décentralisation réelle et non plus virtuelle.

On aurait cependant tort de considérer le nouveau paysage politique corse selon une formulation aussi simpliste. En fait, les choses sont loin d'être aussi claires, même si les élections du président et de l'exécutif mettent en évidence un durcissement des positions.

L'effritement sensible des partis de l’État, le tassement des formations "corsistes", la progression spectaculaire au sein de la mouvance révolutionnaire de sa tendance la plus patriotique témoignent assurément d'une évolution de l'opinion qui peut s'avérer décisive dans un avenir très proche. Mais l'analyse de ces résultats et les tractations du " 3è " tour laissent apparaître combien nous, Corses, ne sommes pas maîtres de notre destin , tant il semble dépendre de la conjoncture internationale et des stratégies de la France.

C'est pourquoi, il importe que le seul mouvement nationaliste représenté tienne compte du fait que sa position est moins stable qu'il n'y paraît. Il lui faut donc regagner les cœurs et aussi les voix perdues qui s'en sont allées renforcer la socialiste "dissidente".

Simon Renucci apparaît comme le grand gagnant de ces élections. Néanmoins, il ne peut échapper à personne que sa position est surtout très forte sur Aiacciu, ce qui démontre les limites de son implantation géographique sur l'ensemble du pays, mais qui est susceptible d'offrir la première ville de Corse à L.Jospin.

Cependant, on ne saurait oublier que la déperdition du vote nationaliste et même "corsiste " au second tour lui a été profitable. Si au 3è tour cette liste n'a pu répondre aux appels cacophoniques de la "gauche plurielle ", les manœuvres élaborées mettent un terme à l'existence de la 3è voie. Il est clair en tout état de cause, que l'élection des élus de Corsica Nazione comme représentants du Mouvement National a tenu en échec la stratégie de L.Jospin.

Elle consistait d'une part, à établir un clivage artificiel entre Corsica Nazione, solidaire de la lutte armée, et représentants nationalistes dits "démocratiques " susceptibles par leur caution de permettre à la liste S. Renucci de renforcer la position passablement érodée de la Gauche "Nationale-Républicaine " en Corse; d'autre part à travers la personnalité neuve et rassurante du docteur Renucci, elle permettrait de donner à la politique brutale du Gouvernement un visage plus humain. Par delà les objectifs confus et les propos post-électoraux, aussi triomphalistes que vides de sens, la Corse se trouve une nouvelle fois confrontée à une situation bloquée.

La solution ne peut en aucun cas venir d'une Assemblée Territoriale déconsidérée et fonctionnant sous influence.

Le Mouvement National quant à lui, ne sera représentatif de la Corse qu'en restant ferme sur ses positions politiques dans le même temps qu'il s'ouvrira à l'ensemble de la Nation.

C'est bien aux partis politiques de prendre en compte les vœux de la Nation et non le contraire. Les élus de Corsica Nazione pourraient concrétiser rapidement la démarche d'union entamée à l'initiative du Cumitatu di u Fiumorbu autour de préoccupations immédiates ou d'actualité, par exemple:

- les transports maritimes ( proposition d'une démarche commune pour le transfert du siège et du capital de la SNCM),

- l'arrêté Miot (conduite à tenir, Isula Morta, manifestation unitaire),

- la position de principe à adopter face à la venue de L.Jospin en juin prochain

Mais il faudra aussi et surtout entreprendre la réalisation d'objectifs à plus long terme tel que la mise en place d’un corps électoral et d'une Cunsulta Naziunale ; elle et elle seule pourra parachever la marche vers l'indépendance.

JACQUES FAGGIANELLI


 

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Riflessione : E AVA ?

A L'OCCASION DES ELECTIONS TERRITORIALES, BILAN ET PERSPECTIVES DU MOUVEMENT NATIONAL 

Dans la période où est survenu le meurtre du Préfet Erignac, le Mouvement National amorçait sa quatrième recomposition depuis 1981.

Comme les autres, cette recomposition a été déterminée par l'échec des " négociations", en fait les manipulations exercées sur les " directions" du mouvement national par les officines de la présidence de la république française, ou celle du ministère de l'intérieur.

En effet, un certain recul permet de dire aujourd'hui qu'après son échec des années 75-80, le pouvoir français, changeant de stratégie mais non d'objectif, décida d'appliquer à la situation corse les règles de la guerre psychologique. Face à cette science, le mouvement national corse n'avait que l'âge et le niveau de formation moyens de ses militants, et ne pouvait que subir, malgré quelques rares capacités d'analyse et de résistance trop dispersées.

Chaque fois en guise de négociation, fut appliqué le mécanisme suivant:

l- Par un savant mélange répression-médiatisation, choix et promotion d'interlocuteurs potentiels,

2- Approche individuelle de ces interlocuteurs sous le sceau du secret exigé,

3- Satisfaction d'aspirations individuelles ou de petits groupes, éventuellement, ouverture de crédits bancaires,

4- Insertion dans le jeu électoral, accompagné de l'abandon du militantisme actif, et de l'action au niveau international,

5- Élections à l'assemblée territoriale, intégration au jeu politicien d'une assemblée aux ordres du Préfet par l'intermédiaire de son exécutif.

Ces différentes phases se sont toujours accompagnées d'une gestion au plus près des rapports de force internes, visant à marginaliser ceux qui demeuraient capables de critique et d'action, et à noyauter les structures nées des scissions successives, dues chaque fois à une perte de confiance de militants vis à vis des appareils.

Ces périodes, orchestrées par les techniciens des services spécialisés, et relayées sur le terrain par leurs complices conscients ou inconscients, ont connu leur apogée en 1995, au moment où éclata un conflit sanglant entre divers groupes armés, où se sont mêlées les raisons personnelles, politiques ou de pur droit commun.

Ce conflit aurait du être beaucoup plus meurtrier si, à l'extérieur aussi bien qu'à l'intérieur de ces groupes, la conscience de I'intérêt national n'avait prévalu.

C'est précisément au moment où, après les années les plus noires que le mouvement ait connues, la remise en question générale allait permettre une recomposition et le début d'une nouvelle phase de lutte que survient, comme par hasard, le suprême désordre que fut l'assassinat du préfet Erignac.

Cet acte, précédé de la " fuite " de documents administratifs confidentiels, et de rumeurs diffusées par les directions du S.R.P.J Corse autant que par celle de la 6ème D.C.P.J (antiterroriste) devenue depuis D.N.A.T, désignant des coupables potentiels, servit de prétexte à une des plus importantes opération de police depuis que la Corse est occupée par la France. Elle dépasse en durée et en volume la campagne contre le " banditisme" des années 30.

Au delà de la volonté gouvernementale affichée de normaliser la vie publique corse, au delà de quelques gesticulations judiciaires égratignant quelques notables et la principale banque de l'île - le corrupteur montrant ainsi du doigt ceux qu'il a corrompus - ,la cible réelle de cette opération est bien le mouvement national, et particulièrement ses membres que l'on n'a jamais pu compter au nombre des crédules ou des arrivistes.

Paradoxalement, au lieu de fléchir les consciences, la répression les a réveillées. Ces consciences sont les seules armes que la Corse puisse valablement opposer au pouvoir central français.

Elles ne peuvent que faire admettre l'écrasante responsabilité de l’État français dans la situation de l'île, et son incapacité rédhibitoire à apporter d'autres solutions que la répression aux aspirations du peuple corse, et ce depuis toujours, en dépit des discours de circonstance. La France n'a jamais, en fait, cessé de faire la guerre à la Nation Corse, trouvant sur place, comme tous les occupants, bien des alliés. Les promotions individuelles des corses qui ont accepté, de gré ou de force, de servir la France, ne peuvent pas faire oublier l'étendue de la ruine collective, tant au plan économique que démographique et tout simplement humain.

Cette ruine n'est pas une fatalité. Entre deux tutelles, la génoise et la française, les Corses ont su construire, plus de trente ans avant la France, une société démocratique. Ils en sont encore capables, pour peu que le voisin le plus puissant du moment les laissent faire.

Entre centralisme français finissant et fédéralisme européen à venir, la Corse doit retrouver le fil de son histoire, coupé deux fois par les armes françaises.

Il faut pour cela, avant tout, que les militants de la Nation Corse aient enfin conscience du fait qu'ils sont : " l 'expression de la conscience collective des aspirations et des idéaux du peuple " En cela, ils sont indestructibles, mais leurs devoirs dépassent leurs droits.

Un peuple en lutte pour ses droits peut recourir à tous les moyens, encore faut il que ces moyens ne deviennent pas une fin, qui plus est au service d’intérêts particuliers.

Il vaudrait mieux poser le problème en ces termes là, plutôt que de continuer à opposer les nationalistes dans un débat sur l'opportunité ou non de la violence politique, et tirer à perte de vue des raisons de situations et de luttes qui ont peu de choses à voir avec la nôtre.

Quels que soient les résultats des territoriales de mars, il faudra rassembler les nationalistes, ce qui ne veut pas dire que tout est possible.

Le passé est trop présent pour que la confiance règne. Les propositions centralistes n'ont aucune chance d'aboutir. Les structures locales, de type " collectif" sont celles qui peuvent le mieux répondre aux préoccupations des militants. Elles permettront de rassembler le corps électoral du mouvement, en vue d'installer la première Cunsulta réellement représentative de ce siècle, et un exécutif dont le rôle sera celui d'un gouvernement.

Si les quatorze premiers points de la charte de Corsica Nazione peuvent être la base de rassemblement général, la proposition de constitution pour la Corse du Partitu Per l'Indipindenza, peut, après modifications consensuelles, servir à définir l'organisation de la représentation nationale et des pouvoirs.

Seraient alors enfin réunies les conditions d'une issue favorable, impossible en l'état actuel des choses.

Michele MURONI
 

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LIBERTÀ !!

A NAZIONE PROCLAME SA SOLIDARITE AVEC TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES CORSES

Le n0 zéro de A Nazione avait abordé le problème de la répression en demandant à Maître Lucien Felli et à André Pacou leur opinion sur le respect des droits de l'homme dans les procédures menées contre les patriotes corses par la 14ème section. Ce problème étant par essence politique nous avions choisi, alors que le rapport de la F.I.D.H, de le traiter sur la base

d'une réflexion politique.

Dans ce n0 "UNU" nous traitons le problème des prisonniers politiques de façon plus concrète.

A Nazione proclame sa solidarité inconditionnelle avec tous les patriotes emprisonnés. Quelle que soit leur appartenance, quelle que soit la nature des charges retenues contre eux, nous les considérons comme nos sœurs et nos frères.

Nous tenons en effet que celles ou ceux des enfants de notre peuple incarcérés avant ou après l'opération Erignac, l'ont été soit pour des actes de résistance, soit pour leurs opinions politiques.

Si la France considère normal le long emprisonnement d'une femme ou d'un homme pour militantisme, cela signifie assurément qu'elle s'exclut de fait de l'état de droit et de la pratique internationale.

Par sa propre violence elle légitime dès lors la violence de ceux qui sont accusés de l'avoir commise. Dans un cas comme dans l'autre il s'agit bien là d'un affrontement politique.

Aussi malgré l'habileté et l'expérience de leurs défenseurs, nous sommes forcés de constater que seul une décision d'ordre politique et non pas judiciaire, permettra la libération des patriotes.

Plus que jamais soyons persuadés que leur sort est étroitement lié au sort de la Corse, c'est à dire au notre. Plus que jamais soyons persuadés que notre pays ne connaîtra d'autre épanouissement que celui ardemment désiré par ses propres enfants.

C.R

Source photo : Unità Naziunale, Archives du site, Jean Jacques Carcassi, dessinateur et caricaturiste.
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Libre Propos : Etat de droit et droit des nations de Petru Rossi

ETAT DE DROIT ET DROIT DES NATIONS

Il ne faut jamais perdre de vue que le statut politique de la Corse est celui d'une Nation vaincue par les armes d'un État qui lui a imposé sa loi sans qu'aucun traité dûment négocié en ait confirmé juridiquement la valeur.

État de droit dit-on. Nous répliquons État de fait. La durée d'une occupation administrative, militaire, économique et culturelle ne saurait suffire à en légitimer la pérennité. Nous avons donc le devoir de nous en débarrasser pour rétablir les us et coutumes internationaux sous garantie des nouvelles dispositions européennes.

Par quelle méthode y parvenir? Il n'est pas d'autre question que celle là. Nulle idéologie ne nous y aidera? Nulle formation politicienne non plus. Notre salut réside dans l'affirmation permanente de notre personnalité. Seule l'analyse exacte de notre situation, des voies et des moyens de recouvrer nos droits et nos libertés fondamentales permettra, au nom des droits et des devoirs des communautés humaines, de reprendre place dans la société des nations spoliées.

D’où la nécessité de disposer au plus tôt d'un Bureau d'Information et d'Enquêtes afin de parvenir à une juste évaluation de nos forces, fondée sur des expertises nationales et internationales. Il n'existe pas de fatal désastre. Toute défaite est en nous. Il n'y a pas en politique de martingale infaillible fondée sur l'usage des sentiments, seule l'Histoire fait Loi.

Tout comme la guerre ouverte, l'action politique sérieuse n'est rien d'autre qu'un art d'exécution et non une collection de projets d'opportunité finissant généralement en velléités.

A cette heure-ci face à de trop nombreuses démarches contradictoires, aucune certitude ne se dégage vraiment. Néanmoins se fait sentir le frémissement d'une ébauche de rapprochement des forces patriotiques. Seule une volonté forte de rassemblement nous permettra de transcender le fatalisme qui demeure dans notre nature, y compris dans l'acceptation du malheur, et nous conduira à l'indispensable unité.

Mais par delà toute revendication strictement politique, l'appel obstiné à la Justice et au Droit devrait être la pierre angulaire de notre action mettant en avant notre sens reconnu d'une solidarité internationale à laquelle nous n'avons jamais failli, parce que précisément à aucun moment de notre modeste Histoire nous n'avons jamais ni humilié ni méprisé ni asservi personne.

Ce droit de vivre libre que nous reconnaissons respectueusement à autrui au nom de notre hospitalité nous voudrions simplement qu'on nous le reconnaisse à nous mêmes sur notre propre terre.

PETRU ROSSI
 


 

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ETAT DE DROIT ET DROIT DE GREVE

Le 16 mars 1999 un bâtiment des Corsica Ferries a été empêché d’accoster par un Lobby marseillais. 50 personnes –usagers comme dirait Milou Saucisson d’âne- ont été retenues et baladées de port en port au gré des fantaisies du Cancer Généralisé des Travailleurs, et de la très suspecte passivité Chevènementière. Au delà de la péripétie on ne peut s’empêcher à une toute autre manière, une manière militaire, qu’utilisa la face ricanante du Janus républicain lors de la grève générale du S.T.C quand son secrétaire général était embastillé.

Y a t il de bons et de mauvais grévistes, des travailleurs honorables et des travailleurs méprisables, des syndicats bon chic bon genre et des syndicats de métèques ? Est-ce à Monseigneur Gayssot de donner l’imprimatur ?

C’est donc cela leur état de droit ! D’un côté le droit de tout faire, de l’autre le droit de se taire. Qu’en pense Suçon Renucy, la face angélique du Janus ?

Liste " officielle ", liste " officieuse " ; comme le bon et le méchant flic, Jospétin nous joue le coup des 2 visages du même système ; l’un casse du Corse sans retenue, l’autre lui passe la vaseline ; d’une main on rameute le colon et le fasciste, de l’autre le naïf et l’opportuniste ; dans les 2 cas un seul objectif : " extirper " le Nationalisme Corse.

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Actualité

A QUEL TITRE ? DE QUEL ORDRE ? DE QUEL DROIT?

Ils étaient deux jeunes gens à Evisa, l'un s'appelait Mimoun Marzok, l'autre Manu, profession orphelin. Deux copains, gagnant leur vie comme ils pouvaient, plutôt mal que bien. Mimoun tenait un petit commerce de famille. Ils étaient les chouchous du village, serviables, paisibles, affectionnés. Et puis il y a eu le 25 février la descente de police. Elle a déporté toute la flirnille Marzok, certains menottés, revolver sur la tempe du père de famille, portes brisées, interrogatoires poussés etc. Manu a eu droit à un traitement similaire. On se demandait dans le village de quel crime ils pouvaient bien être coupable. La réponse n'est jamais venue. Il faut donc continuer à poser la question inlassablement: à quel titre ? De quel ordre ? De quel droit ? On parle trop souvent d'état de droit, pour qu'aucune réponse quelle qu'elle soit, ne soit pas apporté de la part des autorités responsables ; Quelle qu'elle soit ! Merci.
 

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L'esprit des temps privés d'esprit

chev.gif (59994 octets)HEUREUX QUI COMME ULYSSE

 On aurait pu penser que le premier ministre de rechange serait revenu plein d'usage et raison de sa demie traversée du Styx.

Mais son rendez vous manqué avec le Bon Dieu semble l'avoir mis de mauvaise humeur. Il n'a pas tardé à passer son ire sur les journalistes de F3 enfin coupables de révéler le mécanisme de la propagande officielle à-propos de la Corse.

On n'ose imaginer ce qui se serait passé si les mêmes journalistes avaient parlé de Kultur.


LE MILLENARISME BASTIAIS

A l'occasion de son retour de l'au-delà, le Ministre de l’intérieur nouveau modèle se rendit en Corse. Devant l'aréopage bastiais il se livra aux déclarations historiques d'usage et bien entendu assura le respectable auditoire qu'il croyait fermement au bâton plus qu'à la carotte pour faire des miracles en Corse.

Ne voulant pas être en reste avec le thaumaturge belfortain, un héroïque édile, bouleversé par l'émotion lui déclara qu’ "ils avaient tenu 20 ans..." et qu'avec son aide tous les espoirs étaient permis.

Vingt ans c'est quand même moins que mille. En attendant nous suggérons à cet élu touché par la grâce de n 'attendre ni vingt ni mille ans qu'un autre messie se présente pour prolonger les 45 m d'autoroute Bastia sud pour passer commande d'urnes plus démocratiques, de mettre de l'ordre dans l'attribution des logements et le paiement des loyers de l'office d'H.L.M etc.

Les écuries d'Augias enfin nettoyées cet Hercule de la Démocratie pourrait à loisir rejoindre le stade de F... Flambant neuf pour y assister au match de foot opposant pour la vingtième année consécutive les C.R. S à la réserve du RAID Football Club.


LE POIDS DE L'R

Nous constatons avec satisfaction que le Premier Ministre, après un an d'effort vertueux à la recherche de la sainte vérité, a supprimé la lettre superflue qui nous empêchait à nous pauvres béotiens Corses de comprendre le concept hautement républicain de " l’Établissement de l’État de Droit". (Corse Matin 14.02.1999)

Aux dernières nouvelles, les sauvageons du Fiumorbu qui s'y connaissent s'en sont montrés soulagés. Quant à ceux qui figurent dans le Bottin mondain de la 14ème avec un numéro à plusieurs chiffres, ils retiennent leur souffle cherchant l'R qui rétablirait leurs droits en bon état, et les réintégrerait dans le monde des vivants en les renvoyant dans leurs pénates.


GHJUSTIZIA, GHJUSTIZIA IN CASI INDE L'ALTRI

Le régional de l'étape du gouvernement Jospin-Chevènement a déclaré à propos de l'affaire BASTIA SECURITA: "Comment tolérer en effet qu'une entreprise de collecte et de transport de fonds... soit dirigée par 7 associés dont 4 sont mis en examen... C'est une situation unique en France". (Corse Matin 7.02.1999) Rappelons à ce fils de son père que cette tolérance refusée à des convoyeurs de fonds a été quand même et fort opportunément accordée à d'éminents responsables des plus grandes maisons de France, tel le Conseil Constitutionnel, la Chambre des députés, et plus haut encore la MAIRIE DE BATIA.

La Cinquième d'aujourd'hui c'est vraiment la maison de tolérance, Marthe Richard doit vraiment se retourner dans sa tombe.


Jurassic Park

Longue interview de Nicolas Alfonsi dans la presse insulaire. Un vrai bonheur. Cet homme là est providentiel, il nous a été envoyé par Dieu pour nous conduire à l'indépendance. Avec Nicolas nous sommes au cœur du problème corse. Inutile d'en rajouter. Il nous a fait don de sa personne et comme ses Calanques, il fait partie du patrimoine de l'humanité. Ce magnifique spécimen, fossilisé, de la gauche insulaire, qui se présente sans rire comme un défenseur du camp du progrès, de l'intérêt général et de la modernité, doit impérativement être préservé. Cabotin et imbu de lui même, il délire depuis toujours devant une salle que ses inepties ont fini par vider. Que lui importe ce que l'on pense de lui, Nicolas s'aime. De toutes ses forces. Comme il aime les valeurs de la France éternelle et républicaine. Nicolas aime aussi s'écouter parler. A l'Assemblée il ronchonne de bonheur en endormant les autres, persuadé qu'il est l'incarnation même du verbe et de l'esprit républicain descendu sur terre pour nous évangéliser. Il a toujours tout su, tout dit le premier. Clémenceau lui-même aurait du l'écouter, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Tout petit déjà, quand il répétait devant sa glace les mêmes propos insanes et réactionnaires qu'il nous sert encore réchauffés, il se voyait en sauveur de la Corse française et républicaine, installé à vie dans une fonction élective avec voiture et chauffeur de fonction. Il jouit à présent en solitaire de l'état de droit comme d'un bonheur rare qu'il lui a été trop longtemps refusé, avec la seule crainte qu'il ne lui soit retiré avant l'acmé. Pauvre Nicolas, le bonheur est une chose si fragile et si fugace! C'est promis, après l'indépendance, pour le récompenser de tant de sollicitude, au lieu de le renvoyer à Paris dans les fourgons de l'armée française nous le garderons ici bien au chaud avec nous. Il témoignera de ce qui a pu exister un jour sur notre terre devant les nouvelles générations incrédules. Nous l'enfermerons l'hiver parmi les collections du Musée de la Corse et nous le promènerons l'été, en représentation de village en village pour animer les soirées. Ça fera rire les anciens. Ça amusera les gosses. Pauvre Corse française, il est grand temps que cela finisse!

 


Produit informatif identitaire

Il serait faux de réduire la production d'" informations " à un simple phénomène parisien. Nous avons nos propres producteurs locaux qui exportent avec succès. Nous pouvons être fiers de ce journaliste corse qui fait démentir à lui seul tous les lieux communs de sa profession et du tempérament insulaire.

Avouant cyniquement " écrire ce que veulent entendre ou lire ceux qui le paient ", il travaille sous divers pseudonymes pour au moins une dizaine de grands médias nationaux et locaux, sans compter deux agences de presse. Confondant allègrement publi-reportage et information, presse et publicité, faisant là où on lui dit de faire, tout en servant divers intérêts politiques et commerciaux sans oublier et avant tout ses intérêts personnels, ce stakhanoviste de la plume et du son " informe " régulièrement sur la Corse l'opinion française et insulaire à sa manière. Encore bravo pour ce magnifique exemple de déontologie!

Nous comprenons très bien qu'avec un tel exemple, en matière de rétablissement de l'état de droit, les journalistes puissent nous donner des leçons.

Mais que fait le préfet Bonnet pour le respect de l'" éthique du service public " si chère à son ministre de tutelle ?


 

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A STRADA DI L'AVVENE

Le nationalisme demeure un contre-colonialisme, un antidote contre la domination étrangère. F Braudel. 

Lors du rassemblement du 20.2.1999 le Cumitatu di u Fiumorbu avait invité les différentes composantes du Mouvement National à se réunir après les élections territoriales. Nous rappelons que le meeting du 20 février avait rassemblé -hors appareils politiques- les militants nationalistes de toutes tendances.

On avait senti ce jour là un grand souffle d'émotion et l'expression d'une conscience nationale forte tendant vers l'union. Par la voix de Ghjaseppu Colombani, u Cumitatu di u Fiumorbu nous avait fait part d'un projet d'une réunion après les élections.

Le 14 mars, les exécutifs des différents partis nationalistes se sont donc retrouvés à Ghisonaccia. Cette concertation à laquelle assistaient 300 militants s'est déroulée dans un climat fraternel et constructif

Du communiqué paru dans la presse dès le lendemain, il ressort que l'appel du Cumitatu a été largement entendu et que son initiative a entraîné l'adhésion de l'ensemble du Mouvement National. Ce besoin de se retrouver s'est traduit par la proposition d'un projet commun de réflexion au sein d'un séminaire représentatif de toutes les tendances.

Nous remercions u Cumitatu, non seulement cette initiative remarquable nous a permis de nous réunir mais elle a de plus ouvert la voie à une méthode cohérente qui permettra au Mouvement National d'entamer l'indispensable aggiornamento et sa marche vers l'Unité.

Le comité de rédaction


 

Source photo : Unità Naziunale, DVD Génération FLNC accord de migliacciaru 1999, Archives du site.
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Lettre aux militants du comitée du fiumorbu par Marcel Lorenzoni, toujours incarcéré à fresnes

Fresnes le 18 mai 1999,

 

Lettre aux militants du comite du fiumorbu

Ce que je perçois de votre démarche, concrétisée par la manifestation d’Aiacciu m’inspire les réflexions suivantes :

Historiquement : Nos " succès " électoraux et les grandes manifs ont été suivies de périodes de stagnation, ou de graves provocations avec effusion de sang. Ne prenons pas l’affaire des paillotes pour autre chose que ce qu’elle est, un accident dans un programme de provocations.

Afin de prévenir ces risques, il est urgent d’ajuster les analyses, de remporter l’adhésion populaire suffisante, par un choix de communication et d’actions adaptées, s’inspirant notamment du type d’action qui a prévalu dans les pays de l’Est avant l’effondrement de l’U.R.S.S que J.Colombani a bien fait de mentionner, en remettant en question nos références habituelles en la matière, qu’elles soient Basques, Irlandaises ou Kanaks, qui pour le moment n’ont pas abouti, quoi qu’on en dise, ou qu’on essaie de nous faire croire.

La désinformation est depuis toujours l’arme n°1 des dominants contre tous les dominés. Il faut en prendre conscience, et établir les moyens d’une riposte adaptée.

Ils ne peuvent être que ceux d’un retour aux sources, à la base, tenant compte des 20 dernières années de la lutte, permettant d’organiser les différences qui sont une réalité, avec pour références réaffirmées, ce que notre peuple a été capable de réaliser dans le passé, chaque fois que l’Histoire lui a permis d’échapper à l’occupant du moment, en particulier pendant la période Paoliste, et pendant la dernière Guerre Mondiale.

Le lien privilégié de ce " retour aux sources " est la Pieve, ou le canton en milieu urbain. Par le contact quotidien entre militants et avec la population, il permet la permanence du débat, le règlement des contentieux, la définition de l’action la plus adaptée et son exécution. C’est pourquoi il faut créer partout des Comités inspirés du vôtre.

Il est nécessaire de réaffirmer que le progrès ne peut venir que d’une adaptation institutionnelle immédiate, de nature à faire évoluer la situation de la Corse vers de plus grands équilibres, dans le respect de sa culture, ce qu’aucun " changement " jusqu’ici n’a pu permettre. Cela doit être notre but pour le moment.

Il faut faire partager ce but par le plus grand nombre possible de gens, et le choix des moyens est primordial.

Au stade où nous en sommes, il est nécessaire de s’alléger de tout ce qui peut oblitérer cette démarche.

 

Il faut en particulier, cesser d’être le fonds de commerce des policiers et des juges. La médiatisation du problème corse, puissamment servie par l’action clandestine, est portée aujourd’hui au niveau d’une affaire d’état. Les échecs de tous les gouvernements depuis aléria sont aujourd’hui notoires.

Dans ce contexte, qui devrait nous être définitivement favorable, la clandestinité sert d’alibi aux tenants les plus acharnés du statu quo colonial, et d’appui à la seule capacité exprimée par l’Etat Français, la Répression par tous les moyens.

 

Sans oublier que toutes les trêves de l’action clandestine n’ont entraîné en retour et jusqu’à ce jour, que double discours, pourrissement et promesses non-tenues de la part de l’Etat français. Les clandestins prenant la mesure de la situation nouvelle, doivent suspendre sine die leur action, afin d’enlever leur principal argument aux détracteurs du mouvement national, et de permettre l’Unité de ceux qui demandent au-delà du Mouvement National, un mieux être pour le Peuple corse.

Lorsque, et je ne le souhaite pas, il s’avérera que les aspirations populaires seront de nouveau sans suite, la " violence politique ", que l’on appelle Guerre lorsque les forces sont plus équilibrées, redeviendra comme depuis longtemps et dans le monde entier, de " l’action politique poursuivie par d’autres moyens ".

Pour porter cette nouvelle démarche, et pour donner tout son sens à la volonté exprimée dans le Fiumorbu, une structuration efficace, respectant les différences et collant au terrain est seul gage d’efficacité.

Il est nécessaire, tant au plan local, qu’au plan National, d’installer une structure légère pour un temps limité avec obligation de résultat.

 

Les tâches essentielles seront :

  • la définition et l’organisation de la réflexion des moyens humains et matériels,

  • la collecte et l’utilisation des moyens financiers,

  • l’organisation de la communication,

  • L’organisation et la maîtrise de l’action en veillant particulièrement aux problèmes de sécurité, des comportements militants, de rétablissement de la confiance entre militants et avec la population, et en matière de contrôle de la désinformation et des provocations éventuelles.

Malgré un très professionnel brouillage médiatique, l’Etat Français donne le spectacle d’une décomposition inexorable de sa version " Vème République ".

Par l’adaptation de nos pratiques, il faut convaincre qu’un changement radical est non seulement souhaitable, mais possible. Il faut faire renaître le rêve et l’enthousiasme des débuts, se débarrasser de tous les aspects négatifs accumulés en presque trente ans, et qui touchent toutes les composantes pour une raison ou pour une autre ; les plus chargées étant celles qui ont payé le prix le plus cher à la lutte, et ce n’est pas un hasard.

Un effort général d’honnêteté intellectuelle, de cohérence (co-érrance ?) mieux, de cohésion, d’abnégation, mais aussi d’efficacité en matière de communication et d’action est nécessaire, en illustration des principes et des idéaux réaffirmés.

Il n’y a rien à inventer, il faut seulement mettre en harmonie les propos et les actes, et sortir des sentiers battus.

Je continue de croire que les 14 premier points de l’organisation politique de Corsica Nazione peuvent être la base du projet que l’ensemble de la classe politique semble souhaiter.

Ils couvrent toutes les nécessités de la vie de notre collectivité, et doivent dans les principes et les objectifs, rallier une grande majorité.

Le débat général devrait concerner tous les partis, syndicats, associations et permettre de déboucher rapidement par l’intervention de spécialistes, sur un projet chiffré, en Recettes et en Dépenses, à soumettre à l’Etat Français et à l’Union Européenne, sous peine encore une fois, d’être pris en remorque par les jacobins finissants, mais présents.

 

*****

ORGANIGRAMME (exemple)

* COMITE DE PIEVE OU DE CANTON URBAIN

Les militants de toutes les organisations installent à leur convenance une structure coordonnée chargée au niveau local d’organiser :

  • Le débat

  • Les actions

  • Les moyens humains, matériels et financiers

  • La communication

  • L’information, la formation, la sécurité

  • La représentation au niveau National.

 

* Les representants des cantons ou des pieve forment A CUNSULTA qui élisent pour un an, sur candidature individuelle, des responsables, et leurs adjoints chargés :

 

des débats en séminaires, de l’organisation, de la définition des actions ;

 

des moyens financiers ;

 

de la communication, de l’information, de la formation, de la sécurité ;

 

de la représentation au niveau International, incluant les élus éventuels.

L’ensemble forme l’Exécutif.

 

* Les chargés de mission organiseront leurs groupes de travail à la convenance, en recherchant la compétence.

A défaut d’unanimité, la règle majoritaire simple s’applique à tous les niveaux avec le bénéfice de l’âge en cas d’équilibre des voix.

Il faudra apprendre les choix les moins coûteux, avec obligation de résultats, et l’adaptation tactique rapide ne cas d’échec, en ayant soin d’aller toujours du moins au plus, et jamais l’inverse, avec la nécessité de durer.

Vi pregu Bona Strada, un passu, per avà, fà altru !


 

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Lettre de Marcel Lorenzoni adressée au P.P.I

LETTRE DE MARCEL LORENZONI AU P.P.I

 

Le PPI doit reprendre son autonomie afin de mieux participer à la structuration de l’ensemble en faisant un pont entre Corsica Nazione et les autres groupes. Il est le mieux placé pour le faire à condition de réaffirmer son identité.

 

Le gouvernement français se sait maintenant forcé de négocier, au delà de ses affirmations publiques. Il choisit la répression (verdict Leca, Santoni, Confaix) pour installer le rapport de force ; Ce n’est pas la première fois.

En conséquence logique, les attentats reprennent, une nouvelle phase s’ouvre, chargée d’espoirs et de dangers. Les problèmes graves ont toujours suivi les succès électoraux. Signe de progrès : le Collectif de Ghisonaccia.

 

Il ne doit pas être un super comité anti-répression, il ne doit pas être non plus une addition périodique de sigles.

Il doit être le modèle de concertation, puis d’organisation au niveau du canton, tant en milieu rural, qu’en milieu urbain, sur l’ensemble du territoire, et la vitrine de la réalité future de la Corse.

 

 

PROPOSION DU P. P. I

. Installation d’un collectif dans chaque canton ; Structuration au niveau du canton :

  • élection de 2 délégués

  • installation d’une trésorerie

  • installation d’une commission sécurité et action.

 

 

. Au niveau national :

Les délégués des pieve et cantons forment A Cunsulta provisoire, préfiguration du futur. Ils élisent parmi eux un exécutif de 12 ou 15 membres, choisis parmi ceux qui sont à même de mieux remplir leurs missions. Tous ses membres ont le même titre.

 

1. Commission des structures : assure le fonctionnement, propose les modifications

 

2. Commission des finances : collecte et gère les fonds, (cotisations des comités, dons directs)

 

3. Commission de la sécurité :

- organise la sécurité permanente,

- rediffuse la formation,

- arbitre les conflits (avec A Cunsulta en dernier ressort),

- structure le service d’ordre.

 

4 . Commission de l’information et de l’action politique :

  • propose à A Cunsulta les actions à mener sur son initiative, ou sur proposition d’un ou plusieurs comités

  • organise l’information interne et externe

  • comprend la fonction de porte parole.

 

Afin de retrouver l’image des débuts, le mouvement national devra privilégier l’action populaire, l’expression culturelle, la joie.

 

Cette action visera non plus à reformer le système dominant, mais à installer sur la bases des principes et des objectifs des 14 points de Corsica Nazione, un pouvoir national, seul garant de l’épanouissement des potentialités de la Corse.

FRESNES le 20.03.1999


 

Source photo : Unità Naziunale, L'Express 2001, Archives du site.
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LE PLACEBO

C’est un remède miracle. Il n’est pas la pour guérir le malade mais pour lui faire plaisir ; Et ça marche.

Le malade à sa seule vue se croit guéri. La politique étant un des placebos les plus connus et les plus rentables. Elle convainc des communautés entières en les appelant à ses urnes, les rassemblant par millions dans une course en sac officielle et dotée de l’affection générale. Il y a là une clientèle de la Libre Parole sans concurrence. Tout un arsenal publicitaire pousse à la roue démocratique, doté des instruments techniques du progrès le plus avancé. Bref un idéal pour les publicistes de tous bords ; un fond de commerce librement ouvert à tous les candidats ; ils y ont tous leur part de marché. Même si tous ne peuvent bénéficier du même succès, tous coude à coude y deviennent enfant du même espoir. Les gouvernements de leur côté s’en amusent.

Nous savons et nous voyons que la communauté corse est très avide du placebo démocratique. Elle ne croit qu’en lui. C’est pourquoi elle s’abandonne aux flatteries publicitaires sans réticence. Une vraie foire d’empoigne "  à qui gagne perd ! ". On y vend les existences humaines à l’encan. Des " médecins " de la Parole Verbale ou des " mages " habiles portant bannière offrent aux peuples des avantages illusoires mais bien présentés. Tout est-la. Tout pour la galerie, car c’est la que se tient la clientèle qui déambule inépuisable et permanente au point que si on votait chaque jour, on la trouverait chaque jour disponible. Le perdant n’y perd que le temps de se préparer au vote suivant. Telle est la parade du bal masqué. Très masqué. Une noria de masques pour pas grand chose…

Il faut savoir en effet que c’est par delà la " fête votive " que s’exerce le pouvoir en France. Ce n’est pas l’Etat qui en détient la clé mais l’Administration, sournoise en sa perpétuité et en ses méandres plus ou moins mythologiques alimentés par les secrets d’état ; Même si elle n’est pas l’état, elle contrôle et guide l’état comme un chien d’aveugle conduit un aveugle. On l’a vue à l’œuvre lors du départ précipité du général De Gaulle bien qu’il fût roi des rois ; l’Administration l’a renvoyé à ses chères études parce qu’elle ne voulait pas souscrire à son projet constitutionnel de décentralisation. Cette Administration est toujours là, en place et en bonne place. Les diverses révolutions n’y ont pas changé grand chose. Elle tient la place d’Hugues Capet, de Robespierre et de Napoléon. Rien n’a changé, surtout pas sur intervention électorale. A tout moment l’Administration peut tirer " de derrière les fagots " un décret, une recommandation, un avis, un amendement, une réglementation, un article organique inspirés de la " France éternelle " pour modifier tel ou tel statut, dans les services, les organismes, offices ou bureaux indépendants en principe du corps électoral. Le sort réservé arbitrairement à l’arrêté Miot touchant la vie profonde et historique de la Corse, est à ce titre hautement significatif. La détention illimitée de citoyens français (mais de mœurs corses) prisonniers politiques affublés tout exprès de la casaque " droit commun " par la seule volonté du pouvoir administratif en dit long sur l’arbitraire d’une justice française dont Anatole France disait dans Crainquebille " qu’elle n’a pas besoin d’être juste puisqu’elle est la justice ". De même que la loi n’a pas besoin en France d’être légale puisqu’elle est la Loi. On s’en aperçoit tous les jours. La rengaine sur l’état de droit serinée nuit et jour par les fonctionnaires d’état en Corse, est devenue une tarte à la crème qui fait rire aux larmes, tant nous vivons tous, ici, sous le signe d’un éternel Amen.


 

Source photo : Jean Jacques Carcassi, Dessinateur et caricaturiste, Unità Naziunale, Archives du site.
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NATIONAL REPUBLICANISME OU NATIONAL SOCIALISME ? TELLE EST LA QUESTION.

Dans El Païs, José Vidal-Boneyto observe avec scepticisme l’émergence en France d’un courant Bolcho-Bonapartiste, en opposition à un regroupement Libéraux Libertaires, incarné dans le monde par Blair, Clinton, D’alema ou Schröder, et en France par Strauss Kahn, Voynet ou Giscard comme précurseur.

Ce néo Bolchevisme encore qualifié de " National Républicain " rassemble une vaste mouvance faites d’intellectuel socialitaires gloseurs des " valeurs républicaines " à la façon de Régis Debray ou Max Gallo, des organes de presse tel que notamment Marianne, des " clubs " de réflexion, et un conglomérat politique apparemment hétéroclite : Parti Communiste, droite Gaulliste (Pasqua) ou vieille France (Devilliers), l’aile gauche du PS (Aubry, Glavany), et le Mouvement De Chevènement.

Les points communs sont :

*La revendication de la Nation, au sens jacobin du terme, en tant que cadre exclusif de la citoyenneté et du " jeu " démocratique, pas de liberté d’expression admissible en dehors de ce cadre imposé ;

*La contestation radicale de l’option mondialiste libérale, car le monde c’est la France, le reste est dans l’erreur puisqu’il ne veut pas être français ;

*L’hostilité à la construction politique européenne telle qu’elle s’effectuerait aujourd’hui, mais en fait l’hostilité tout court, l’alibi d’Amsterdam remplaçant celui de Maastricht ;

*La primauté de la République sur la Démocratie.

Précisons le, l’auteur tout comme nous, renvoi ces deux courants dos à dos. Il estime en effet ce National Républicanisme, tout droit sorti du XIXéme siècle, incapable de nous sortir de l’ornière dans laquelle nous ont enfoncés les apôtres de la pensée unique.

Ce débat qui pourrait n’être qu’académique nous concerne pourtant directement car la Corse sert aujourd’hui de terrain d’expérience à l’idéologie du renouveau national Jospetiniste.

Le zombi de l’intérieur à travers Bonnet et Bruguière, l’Aubry et le Zuccarelli à travers leur chasse au S.T.C dans le secteur public, le Gayssot par l’intermédiaire des ses " camarades " corso marseillais dans le secteur des transports ont entrepris la mise au pas républicain à titre expérimental de cette région par trop libertaire à leur goût, et si ça marche, ceux qui aujourd’hui se taisent, en Corse et en France, se mordront les doigts car ce sera leur tour, selon la bonne vieille technique d’abord le juif, puis le noir, puis….

Brecht prédisait : " Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde " ; Pour tous elle aurait le visage de Le Pen, erreur ! Comme il fallait s’y attendre la bête a bien ressurgi mais d’où on ne l’attendait pas, de la gauche française, seuls les ignorants de l’Histoire seront surpris.

Car en fait, qu’est ce que ce discours sur les valeurs républicaines, valent t elles une seule violation des droits de l’homme, valent t elles " l’extirpation " d’un peuple de sa terre ; Qu’est ce que cette citoyenneté où le seul droit est celui de penser la révélation assenée ? Qu’est encore que cet humanisme qui nie l’existence de ceux qui refusent l’assimilation forcée, mais qui critique cependant ce même procédé quand il le subit lui-même par le biais de la mondialisation ; Qu’est ce enfin que cette République qui pour séduire une plèbe qu’elle méprise se sert des vieux démons nationo-populistes, et utilise la désinformation, l’amalgame, la calomnie, la terreur à l’égard de ceux qui lui résistent.

Cette république qui s’est fait une spécialité de l’inversion des valeurs et de la signification de toute chose ; trahit la démocratie en faisant mine de la confondre avec la république ; trahit la Nation en la confondant avec un territoire et une population arbitrairement délimitée ; Trahit la laïcité et la liberté de conscience en lui substituant une religion de l’Etat ; Trahit la Légitimité en la remplaçant par le Légalisme et la Souveraineté par le monopole de la Violence ; Trahit enfin l’antiracisme en en pervertissant l’idée au point de faire passer la négation de l’autre comme un honneur fait à celui qu’on intègre en l’obligeant à se renier.

L’exception française, c’est l’art d’emprunter les idées des autres pour en faire - dit-elle - la synthèse pour n’en retenir que le meilleur au nom d’une sainte modération cartésienne, mais qui en réalité subvertie tout ce qu’elle touche pour in fine n’en retenir que le pire.

A. Istria

DEMOCRATIE. TYRANNIE. TOTALITARISME

Une République peut indifféremment recouvrir un système démocratique, tyrannique ou totalitaire ; Il peut exister dans ces trois régimes des élections, des organes de presses, des partis, syndicats et associations ; Qu’est donc alors qui les différencient ?

*La Démocratie implique un statut et des garanties pour l’opposition, des droits intangibles d’expression, une presse indépendante et critique (d’investigation et non pas seulement factuelle).

*La Tyrannie repose sur la répression de l’opposition, le bâillonnement de la presse (censure), et le cantonnement des modes d’expression (corporatisme).

*Le Totalitarisme empêche l’opposition d’émerger en l’anéantissant avant même qu’elle ne se constitue (par corruption, désinformation calomnieuse ou, in fine élimination physique). Cela implique nécessairement un contrôle absolu de l’information et des corps intermédiaires transformés en courroies de transmission de la propagande d’Etat.

Auquel de ces trois systèmes ressemble le plus la Corse Française et Républicaine, alias Etat de Droit ?

ETAT DE CHIEN

 Quelles points communs existent-ils entre un chien et un corse national républicain français:

Ils font tous les deux le beau devant leur maître et montrent les dents quand on touche à lui.

 Quelle différence y a t il entre les deux :

Quand on frappe un chien, il montre les dents ; Quand on frappe un corse national républicain français, il montre son cul.
 

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A CHACUN SON TERRORISME

provoc.gif (42715 octets)Titre hautement significatif choisi par Michel Jobert pour sa dernière Lettre du 27 février. Décidément le terrorisme fait recette. En Corse nous en connaissons un brin de cette recette. Michel Jobert a désigné trois terrains au moins où le terrorisme s’applique, avec une vertueuse vigueur sous la poigne d’Etats membres de la bonne société internationale :

-Le Timor Occidental, où l’armée indonésienne exerce une traque sanglante " au bénéfice de la loi ",

-la Turquie, où les services étatiques servis par les états unis et Israël, ont donné leur coup de main à l’enlèvement d’Apo Abdullah Ocalan incarnant depuis 1984 la résistance du peuple Kurde (dont 12 millions sur 25 vivent en Turquie) traité en séparatiste criminel. C’est là une affaire qui troublera pour longtemps la paix en Asie Mineure.

-La troisième puissance antiterroriste étant les Etats Unis. Dans le dernier discours sur l’état de l’Union, le Président Clinton, le 22 janvier 1999, déclare la guerre au terrorisme comme ennemi public n°1. Désormais ce n’est plus à la Russie, à la Chine ou à l’Islam que cette accusation s’adresse. Le président américain envisage la création d’un commandement militaire intérieur, à l’image de celui qui existe déjà dans le domaine extérieur sous le nom de pacte atlantique. Il s’agirait de mobiliser les tripes du citoyen américain dans une union sacrée contre le terrorisme promu ennemi à l’échelle planétaire pouvant intervenir " at home ". Ainsi pourrait faire son apparition, un O.T.A.N new look autorisant les Etats Unis à s’en prendre partout sur la planète aux sujets mécontents du despotisme de l’état qui les gouvernerait. Les causes du terrorisme sont pourtant bien connues des spécialistes américains eux mêmes ; Il suffirait de lire " Les veines ouvertes de l’Amérique Latine " écrit par un professeur d’économie politique enseignant dans une université américaine pour s’en convaincre.

La première parade au terrorisme ne serait elle pas de s’attaquer aux dénis de justice qui perdurent parmi les crucifiés de la misère partout où éclatent des luttes populaires désespérées et désespérantes, dont les états se disant progressistes refusent d’entendre la voix.

Le processus est archi-connu. Les théologiens du Moyen âge savaient bien, et ils l’enseignaient que c’est d’abord en nous même que loge l’enfer, que c’est en nous que nous le portons et l’alimentons ; Et que logiquement c’est en nous, à l’intérieur de nos sociétés dites civilisées, qu’il nous appartient d’abord de le combattre.

Petru ROSSI
 

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